XII AVANT-PROPOS
à mettre en lumière, convaincu que ni la science, ni la liberté qu'elle recommande, ne sont attaquées que faute d'être connues, et ne pouvant admettre qu'il y ait de moyen préférable ni plus assuré de leur faire rendre justice, par ceux du moins pour lesquels la matière n'est pas tout, que de les ramener sans cesse à leur source sacrée. On peut» quand on regarde isolément quelques-uns des mouvements produits par la liberté, douter quelquefois, quoique à tort, de leur rectitude, et se laisser entraîner à mettre en suspicion le moteur lui-même ; mais comment la renoncer quaqd on l'a contemplée dans son essence, et quand on sait à quelle effrayante négation conduit la moindre négatioD de ses bienfaits? Ce n'est pas à l'bomme ^ulement, c'est à Dieu en lui qu'on attente en s'élevant contre la liberté : et ce n'est pas un vain rêve d'orgueil ou un impuissant effort d'illusion que l'on fait en la défendant ; c'est la revendication même de la conscience humaine, et, comme on l'a dit excellement, « un acte de foi en Dieu et en son œuvre. »
Frédéric Passy*
Octobre 1857.