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, etc.
52 MÉLANGES É6YPT0L0GIQUES.
c est arrivé. Ouvrez quelques-uns des greniers * sous « son autorité *. Je vous donne ce que vous y trouverez.
c Le scribe Hora de la nécropole leur dit : Il vous fl est donné la moitié des vivres ; je vais moi-même fl vous faire le partage. *
Ce paragraphe est intéressant à plus d'un titre. Il parle d'abord du départ d'un agent qui s'est embarqué pour conduire les effigies divines aux panégyries. Nous connaissons par d'autres documents les déplacements des naos et des symboles des dieux , leurs périples sur le Nil et sur les canaux. On les transportait d'un temple dans un autre et on les ramenait en grande pompe '.
Ce fait noté , notre scribe revient k la grosse affaire des ouvriers mutinés. On a vu par le paragraphe précédent que les ouvriers avaient franchi l'enceinte de la nécropole, et que les efforts tentés pour les ramener avaient échoué , circonstance que notre scribe considère comme très-grave.
Ainsi qu'on doit naturellement s'y attendre , le commandant supérieur de la milice attachée à la garde de la nécropole intervient par l'ordre du gouverneur, et parlemente avec les ouvriers par l'intermédiaire des trois sergents ou bas officiers préposés aux clôtures , que la nature de leurs fonctions mettait continuellement en rapports directs avec la population ouvrière.
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s <=> 8 \ , même valeur que'^<^ ?^'»
» Comparez : Décret de Canope ,Hexte grec, irg. 50.
EXTRAIT DU CARNET d'UN SURVEILLANT. 53
Ce général ne parle pas de recourir à la force ; il se présente tout d'abord comme absolument étranger aux abus qui ont été commis. Ce n'est pas lui qui a empêché les approvisionnements ; il n'est pas chargé non plus d'y pourvoir; il n'a rien à apporter, rien à enlever, car
ce pouvoir appartient au gouverneur seul (^f T^)) et , de plus , ce n'est pas lui qui a placé Tautenr de tout ce qui est arrivé.
Ce coupable, qu'on ne nomme pas , avait l'administration des greniers ou dépôts de vivres (|nÇ^^ ^). Le général des Madjaiou propose un excellent moyen de satisfaire les ouvriers : il les autorise à chercher dans les greniers et à y prendre ce qu'ils y trouveront.
Un scribe nommé Hora réduit l'allocation à la moitié
des vivres f ' — ^ K\^ ^ '* ^* ^® charge aussitôt d'effectuer le partage.
PI. XLV,1. 6,àpl. XLVI, I. 13:
t L'an 29 , de pashons le 2 ,
c Donné les deux mesures de blé aux ouvriers pour c la nourriture du 1^^ pashons/ par Âmonshaou et < Onsorhanakhtou.
c Le chef ouvrier Khons a dit aux manouvriers : f Voyez ! je vous ai dit : Prenez des vivres ; vous des-
. cendrez au port (^{jHf) • ^^"' '^ ^^"^^'^
f ( ^^^). Que les jeunes gens (^S^É) du
c gouverneur le lui disent, c Pois le scribe Amonnakhtou s'occupa de leur faire
« donner des vivres qui étaient déposés au port , ainsi « qu'on le leur avait dit.
i Puis, Tune des enceintes ayant été ouverte, le scribe t Âmonnakhtou alla et leur dit : Pourquoi avoir forcé
c Je vous ai donné (moi-même)* des grains sur • rheure. Donc , partez ( ou ) je vous tiendrai coupac blés pour tout objet* pour lequel il y aura eu déplac cernent, c Je les ai ramenés de nouveau au supérieur. > Il parait que les approvisionnements étaient fort peu abondants , car la distribution faite au commencement du mois est bien mesquine. Les greniers de la nécropole ont été vidés , comme nous l'avons vu. Un chef ouvrier excite de nouveau la population ouvrière au désordre. Allez , leur dit-il , prendre des grains où il y en a, c'est-àdire au port de débarquement sur le Nil , où se trouvait
un dépôt fortifié ( ^^r-,)- Le meneur ne redoute pas du reste les conséquences de cette violence ; il désire au contraire que le gouverneur en soit informé. On s'aperçoit à la hardiesse des réclamations , aux concessions de l'autorité et à l'absence de toute répression que l'administration de la nécropole est dans une situation difficile.
1 Mot effacé.
s Le groupe traduit par objet est difficile à reconnaître. Le sens porterait à y voir celai qui représente le mot OTcqA , chômage , oisiveté, au papyrus publié par M. Lieblein.
Cette fois encore l'autorité cède et donne les vivres réclamés , non toutefois sans insister pour que l'incident ne se renouvelle pas.
Munis de vivres , les ouvriers sont ramenés à leur supérieur, c'est-à-dire réintégrés dans leurs ateliers habituels.
PI. XLVI, 1. 14 à 18:
< L'an 29, de Pashons le 13 ,
c Ouverture des enceintes par les manouvriers , c disant: Nous avons faim, et se tenant assis derrière le « temple de Baïenra-Meriamon (Méneptah I).
« Ils en appelèrent au commandant de la ville
• ( ^ ^, ) Q"* passait, et il leur envoya le jar- C dinier Saounefer, fils de Pimenmenament ' pour leur
• dire : Voyez ! je vous donne les 50 mesures de grains c pour (tenir) * le serment qui a été fait par le pharaon c de TOUS donner des vivres. »
La disette n'avait pas tardé à se faire de nouveau sentir dans la nécropole ; aussi les ouvriers recommencent leurs doléances. La présence accidentelle du haut fonctionnaire qui porte le titre de Ha de la ville leur fourni t l'occasion d'en appeler à sa puissante intervention ' .
Cette intervention fut en effet promptement efficace ; les ouvriers obtinrent 50 mesures de grains. La circons-
i La lecture de ce nom n'est pas certaine.
< Mot en partie détruit.
t Le papyrus Abbott nous renseigne sur les fonctions importantes remplies par le Ha de la ville dans les affaires de la nécropole. Ci-devant, 1. 1, p. 70, 96 et 164.
tance du serment fait par le pharaon de subvenir à leur nourriture prouve qu'on les avait quelquefois calmés avec des promesses.
A la suite de la ligne iS, où se termine le texte que je viens de traduire , mais un peu au-dessous du niveau de la ligne , se trouve une courte mention suivie d'une autre formant la ligne 19. On y lit des noms, dont l'un Ousorha nous est déjà connu ', et l'indication d'un objet placé dans la nécropole. Ces notes paraissent étrangères au sujet des plaintes des ouvriers.
A la ligne 20 commence l'insertion d'un nouveau paragraphe. La date a disparu ; on distingue encore qu'il s'agit d'un discours du scribe Hora, que nous avons vu se charger de faire le partage des grains concédés par le général des Madjaiou. .
Vient ensuite, sur les pages XLVII et XLVIll , la section qui contient la note comminatoire dont traite la dissertation précédente. Cette note est du 15 ou 16 de pashons. L'ordre des dates a été régulièrement observé jusqu'ici. Mais le texte qui couvre le reste de la page XLVIll , et qui comprend sept lignes écrites en sens contraire et numérotées à rebours 23 à 17 , remonte au 13 de mé(5hir. On y lit :
c L'an 29, de mécbir le 13. Au donjon de la nécro- • pôle.
• Dit [aux manouvriers par le scribe]* Montoumès : « Voyez! je vous dis ma réponse: Allez vers le supé-
C'est peut-être le même que Ousoremha.
Les mots entre crocbets manquent dans le texte.
EXTRAIT DD CARNET d'uN SURVEILLANT. 57
• riear ; vous prendrez vos outils * ; vous fermerez vos « portes ; vous emmènerez vos femmes et vos enfants. < Je vais aller avec vous au temple de Menmara (Séti I) € et je vous y installerai aujourd'hui. »»
Par sa date cette pièce devrait venir à la suite du paragraphe auquel nous avons donné la date du 1^' de tobi (ci-devant p. 45) ; mais, placée sur le papyrus en dehors de la série des pièces que nous avons traduites dans l'ordre de leur insertion , elle doit être attribuée soit à un scribe différent, soit à une affaire tout-à-fait spéciale. Chaque grand temple de la nécropole avait son administration particulière , ses employés , ses ouvriers et ses dotations.
Notre dernier document concerne des ouvriers qui avaient fait des réclamations contre leur installation ; leurs réclamations ont été accueillies; ils sont transférés au temple de Séti I , c'est-à-dire dans le Sétheum de Qournab.
Ces petits documents nous permettent de pénétrer très-intimement dans le mécanisme de Tadministration égyptienne aux temps pharaoniques. Ils nous montrent les fonctionnaires de tout ordre dans leurs rapports avec les classes laborieuses de l'époque. Lorsque l'étude de ces pièces sera complète , on se sera rendu maître d'un grand nombre de faits intéressants pour l'histoire.
emploi très -remarquable du verbe J^^ ^5^^^î^ A* ^^^^^ ^" devant, p. il, note 4.