‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 39 sur 64 · PRIÈRE CONTRE LA PARTIALITÉ DES JUGES · texte numérisé non relu

PRIÈRE CONTRE LA PARTIALITÉ DES JUGES

possible qu'an lieu de lire , comme je le propose : vêtements des corrupteurs , il faille traduire tout simplement: vêtements de tous , vêtements offerts par la généralité des plaideurs non misérables. Le groupe ^, omnis, preoddans récriture hiératique des formes très-compliquées , qu'on aurait de la peine à reconnaître dans des textes peu

clairs. Mais il existe un groupe ^^M ^==^^\ qui pourrait avoir laissé des traces dans le copte xep, dissipare, disperdere , snp, derisio, 2tciipi , opprimer e, tyrannice tractare. C'est dans cet ordre d'idées que j'ai traduit.

Contre la vénalité des juges le malheureux se borne à invoquer Ammon , considéré ici comme le type divin par excellence et représentant l'idée abstraite de dieu.

Celui pour qui Ammon remplirait le rôle de ^f?^, c'est-à-dire de gouverneur, de directeur , de magistrat suprême, sortirait de son état misérable, échapperait aux rigueurs de la justice , et en un mot de misérable deviendrait opulent et puissant.

Le surplus du texte traduit passe à d'autres considérations de la puissance divine, qui ne rentrent plus dans notre sujet.

Voici la version correcte du texte traduit :

• 0 Ammon , prèle l'oreille à celui qui est seul dans

< le tribunal , à celui qui est malheureux et dont l'ad-

< versaire est opulent ; à celui que la justice opprime , i ainsi que l'argent et l'or des scribes de la comptabilité

< et les vêtements des corrupteurs.

i DûmicbeD : AU. Temp. 1 , 34, 2.

i Lorsque ÂmmoD consent à être le directeur d'un i homme , cet homme réussit à sortir de la misère. Le • misérable trouve protection dans la justice ; le miséc rable devient véritablement puissant.

« Le chef savant (lui-même) invoque la grâce « d'Âmmon , qui est un gouvernail excellent.

« C'est toi (ô Ammon) qui donnes du pain à qui en c manque et qui fais vivre les serviteurs de ta demeure. >

Les soupçons sur la vénalité des juges sont aussi anciens que l'institution des premiers tribunaux. Voici les paroles de Moïse : Judices et magistros constitues io

omnibus portis tuis , ut judicent populum juste

judicio, nec in alteram partem déclinent. Non accipies personam nec munera ; quia munera excsecant oculos sapientum et mutant verba justorum \

Nous parlerons plus loin d'un papyrus hiératique de la collection de Bologne qui touche au même sujet.

* Deuteronome , XVI, 18 et 19.

Page 1