‹ Mélanges égyptologiques (volume 2)Chapitre 60 sur 64 · C. (liiî. 6). Je fis encore des prises dans celte cam · texte numérisé non relu

C. (liiî. 6). Je fis encore des prises dans celte cam

9f U 1 ^-m' Miterai. : Je suis la gratide vérité iâu roi . Celte expression est analogue à celle de ^"^ j j p ^a : /e*iiu

la Justice vraie, la justice et la vérité {du rot). Les titres de te genre abondent dans les textes. Les favoris personniflent la pensée, les qualités morales du monarque , comme en d'autres cas ils se disent ses yeux, ses oreilles , ses pieds , etc.

^ Le meilleur exemple de If'emploi de la formulç oruOTT-eHT

se trouve dans la phrase ^«==gj[[^' f •^=flJ'CHl]ij^ ^ ^, ccsur fortifié dans la mêlée. (OeDkm. III , 166. )

l'inscriition du tombeau d'amonemheb. 283

pagne*, au pays du plateau' d'Ouan , à Pouesl de Khaleb (Alep).

Je ramenai (lig. 7) des Amou prjsooniers vivants :

Hommes 13 ;

Anes vivants 70 ;

Bassins de fer' 13 ;

Bassins ornés d'or...

D. (lig. 8). Je fis de nouveau des prises * dans cette campagne , au pays de Kairkamiasha.

Je ramenai (des Amous) (lig. 9) prisonniers ^vivants.

Je traversai Teau de Naharin, les tenant dans /na main *

^ ii y a seulement i ^s fi$d0 nouveau dfis pme^^ cette carnpagne. L'éUsioD des préposlUons locatives est fréquente en égyptien.

^ ^1 , xec, djes. La valeur eaiacte ée ce mot est^i^Q^le à

déterminer. En vertu de l'analogie , on doit y voir uo plateau élevé, car le môme mot sert à nommer les supports sur lesquels étaient posées les statues des dieux. Le copte a conservé je ice, aUitudo , altutn.

3 J I ^ i^st M»^ If o • I-e groupe n i désigne ordinairement

Me espèce de to>fi2e; ici, H est suivi du déterminatif i^ qui représente un bassin destiné à contenir des liquides. Le vase

'^'^'^O. men, servait pour le vin, le miel. etc. (Voir mes Études «uf l'Antiquité historique . 2« édition , ch. II,)

* Le texte nous donne ici l'équivalence de seiis entre les groupes ^*^ r- - , l)<|A , et — iï ç , nqA , saisir, prendre de force ; en copte kumobg , KUiuiqe , cogère.

^ Littéralement: et Us étaient dam ma mam.

(Lig. iO). Je les plaçai devaDl mon royal maître. Alors il me récompensa' d'une récompense grande, à savoir* : le lion d'or affiné *.

E. ( lig. 11 ). Je vis de nouveau les victoires du roi, roi de la haute et de la basse Egypte , Menkheperra (Tbothmès III), vivificatenr, au pays de Sentzar. Il fit (son bon plaisir parmi) (lig. 12) eux.

Je fis des prises devant S. M.

J'en rapportai une main \

U me donna l'or dee récompmses, à savoir : (lig. 13) deux anneaux (d'or) et d'argent.

F. El je vis de nouveau ses victoires. J'étais de sa suite à la prise de (lig. 14) Kodesh; je ne m^écartai pas du lieu où il était.

Je ramenai deux Marinas en (prisonniers vivants)

qKAA , récompenser, est déterminé comme le sQbstantff récompense, mais il s'agit bien du verbe. L'attribution des signes du pluriel au radical des verbes n'est pas précisément un tait rare.

(I ', litlér.: compte de ce qui est ; cette expression correspond à: voiii k déML

3 Je remplis la lacune avec les éléments fourni» par la ligne 16 de l'inscription, oùl'on trouve i^l m*^ w^^A^ c^^ . Le signe o-^^ est

OOO ■ w, , JCJ^

erroné , mais l'erreur peut remonter jusqu'à TarUste égyptien qui a peint l'inscription.

* La main d'un ennemi tué par lui. Cette pbraséologte est trèsconnue.

l'inscription du tombeau d'amonemheb. 285

(lig. 15) devant le roi, seigneur des deux mondes, Tholhmès , vivant éternellement.

Il me donna l'or pour la vaillance en présence de toas *, à savoir: le lion d'or alBné*, deux colliers shébi ', deux casques et quatre anneaux \

G. Je vis mon maître ,. . .

(lig. 17) en personnç * jusqu'aux confins du pays de

(lig. 18) h ; de nouvç^u, je fus mis à terre. Je me

relevai '

H. (lig. 19). Je vis encore sa victoire sur le pays de Takhis dans •

(Lig. 20). J'y fis des prises devant le roi. Je ramenai trois femmes Amou prisonnières vivantes '.

w^ ' Ji n^^^^~^^v] * ^'*® expression est équivalents à ^^^^ <o<=> , à la face du pays entier , de l'Inscription

d'Abmès. Elle signifie que U récompense était conférée en pu]»lie. s Voir la note 3, p. 984 ci-devaot /., .

3 C=30 jl[l(| , shebi; ce mot est ici sans détermi natif. On le trouve

sur la stèle d'Abmè» Senneb déterminé par le collier VQ.

.— iï fl,^ . Q

(D (D V2) î o 8"'* '* stèle d'Ahmès précitée. Ce sont

des anneaux ou bracelets de bras.

5 Xout ce paragraphe est cj-lblé de lacunes.

6 Les groupes qui terminent cette phrase me paraissent incorrects.

7 11 est assez singulier qu Amonembeb n'ait pris que des femmes ;

jt peut y ayolr eu confusion entre le signé ^ et le signe J).

Alors mon royal maître me donna (lig. 21) Tor des récompenses , à savoir :

Deox colliers shëbi d'or ;

Quatre bracelets ;

Deux casques ;

Le lion

Et un esclave.

L (lig. 23). Je vis^encore utie autre fois rni acte valeureux accompli par le seigneur des deux mondes daos le pays de Nioive: iJ pril à la chasse* cent vingt éléphants pour leurs défenses \..^. (iig. 23). Je pris le plus

* JIa ♦ *^^ » ^^^ d'aîsez rare occurrence. Il se rencontre au Papyrus d'Orbiney. Baïta, retiré à la vallée du Cèdre, passait son

temps ^- Uî 'r n ï^s animaux sauvages. Le sens chasser, tuer a la chasse, est évident. L'animal nommé en égyptien Bahes a U figure d'un lion: Jllï '5r7k- C'est la bête fauve, ranimai des grandes cbasses. BA^c signifie aussi veau , comme le copte BA2C6.

U^= , ba. Le déterminatif O est celui des corps durs ei

tenaces ; v«=» est la défense d'élépbant , et le mot doit signifier au propre défense d'éléphant ûnivoire , quoique l'ivoire soit plus commu-

éa*,^J|.eti

némsot nommé ab ,T U ^ , et non pas ba.

Mais le mot ba, avec ces mêmes déterminatife, est aussi le dobq d'un aliment qu'on voit figurer très-souvent parmi les giteaox

d'offrandes dans les temples, à côté de ..(Ju^- ^^ même mot

signifie aussi /er, minerai et merveille . curiosité, et sous ces diverses acceptions les déterminalifs restent souvent les mômes. Dans notre texte le sens le plus naturel est que les élépbanis furent

l'inscription du TOMBËA0 d'amonemheb. 287

grand d^entrc eux , en Tattaquant devant S. M. Ce fat

moi qui lui coupai le pied de devant \ et il était vivant... (Lig. 24). J'entrai dans l'eau dans l'endroit où sont

les deux pierres.

Alors mon royal maître me récompensa par Tor (Lig. 25). Il me donna et trois assortiments de

vêtements*.

K. Voilà que le chef de Kodesh fit sortir une cavale de (lig« 26) (la ville) ; elle entra au milieu des soldats. Je me nus à sa ponrsoite ' (lig. 27) à pied , avec mon poignard^ ; je loi ouvris le ventre. Je loi coupai la queue et je la donnai (lig. 28) pour le roi.

Je reçus un honneur divin pour cela '. Cela fit que la

pris à cause de leurs défenses que les Égyptiens recbercbal«Dt. La préposition^ s*emploie pour h cause de. Avec le sens «tir. ùb pourrait

peut-étre lire sur leur nourriture , sur le lieu où ils se nourrissent ; maiae'eallrès peu vraisemblable.

^ Uitéralement : sa main.

uk:

3 Ici II faut Ifre ^ ÏH k-^ , au lieu de W |

OU soldat. Le déterminatif JJ est celui des objets de métat : i)

correspond à Tbiératique ^,

& Cette formule n'est pas une simple hyperbole. Elle est connue par d'autres textes. Dans la stèle d'Améni , connue sous le nom de Stèle de la famine , i\ est question de Thonneur divin rendu par un prince oyal à un fonctionnaire bien méritant.

288 MÉLANGES ÉGYPTOLOGIQU£S.

joie remplit mon seio , que l'allégresse s'attacha à mes membres.

L. (29). S. M. fit sortir tous ses vatllaots soldats pour rompre la muraille neuve faite par Kodesb. C'est moi (lig. 30) qui la rompis ; j'étais le guide de tous les vaillants. Aucun d'eux n'agit avant moi : je sortis et je ramenai deux Marinas (lig. 31) prisonniers vivants.

S. M. me récompensa encore pour (cela. Il me gratifia) de toute espèce (lig. 32) de choses bonnes » le roi étant satisfait que j'eusse fait celte prise.

M. J'étais Ottoott (de navire).

(Lig. 33). Je dirigeais ta manœuvre * dans (la barque royale) comme capitaine de mes compagnons ' (Hg. 34) pour la navigation (du roi) dans sa bonne panégyrie d'Apet, qui met les hommes en allégresse.

N. (Lig. 35). Alors le roi acheva la durée de sa vie d'années nombreuses et heureuses , victorieiix» (glorieQx) (lig. 36) et triomphant, depuis Tan 1 jusqu'à Tan LIV, le dernier jour du mois de phamenoth.

i L'expression L-^ ^^ wfe^ ^® rencontre an Biluei

• chap. 99, 1 et 100. 3) dans des passages où le défunt agit coidod^ rameur de la barque solaire. ^^—«0 signifie disposer, orrangtr,

organiser, et ^^^^' ***^' ^ milieu, ce qm estjusU.

convenable , régulier.

t Littéralement; comme tête de ses compagnons ; il 8*agit des compagnoQ3 d'Amonembeb et non de ceux du roi. Notre béros était U chef de la chiourme. Le changement de personnes est une élégance de la langue égyptienne.

l'inscription du tombeau d'amonemueb. 289

Ensuite le roi de la hante et de la basse Egypte (lig. 37)' Menkheperra , justifié , s'éleva au ciel et s'unit avec le disque solaire» suivant le dieu, et se répandant pour devenir l'illumination du monde chaque matin (lig. 38), devenu le disque solaire qui éclaire la ciel fécondé.

0. Le roi de la haute et de la basse Egypte Aakheperoura, fils du Soleil, Amenhotep, vivificateur (lig. 39), s'établit sur le trône de son père et occupa le siège royal. Tous ses adversaires, il les pénétra ; tous les misérables (de l'Egypte) et (lig. 40) du désert, il immola leurs chefs , dominant comme Horus , fils d'isis > lorsqu'il prit (la royauté de son père Osiris).

(Lig. 41). Il réduisit les habitants de Kefi6mm,et tout le pays fut courbé sous ses volontés, lui apporianl leurs * tributs sur leurs dos.

(Lig. 42). Il leur accorda le souffle de la vie.;

P. Voilà que le roi m'aperçut le conduisant par eau dans sa barque (lig. 43) appelée Sha-eni'Souienuaa *. Je le (conduisis) de même de mes main^ à sa bonne panégyrie de l'Apet méridional. On prescrivit (lig, 44) à un officier de me faire monter dans l'iiHérieur du palais. On me fit tenir devant le roi Aakheperoura (lig. 45). C'était imposant.

Je titubai sur-le-champ devant S. M. 11 me dit : Je

1 Je coDsenre ici le pluriel égyptien.

* Ce nom signifle : le eowronné dane la bari royaU. Peat-étre faut-il lire: dans la barque de Ma^ le signe hiéroglTpblque laissant prise ^ quelque doute.

290 MÉLANGES ÉGYPTOLOGlQUESw

sais qui lu es. On m'a parlé (de tout ce que tu as fail (lig. 46) au) service de mon père. Je t'investis d'une dignité. Sois capitaine (afewwoM) d'infanterie; et, cela dit , tu veilleras sur les Vaillants du roi.

Le capitaine [atetinou] Mah fit exécuter tontes ses paroles.

Tel est ce magnifique texte qu'un certain nombre de lacunes ont laissé incomplet sur plusieurs points. Il est peint sur une muraille recouverte d'enduit; dans certains endroits, des images chrétiennes^ ont été superposées et des chauves-souris y ont attaché leur nid. C'est à ces Causes que M. Ëbers attribue les lacunes de rinscription. On voit que l'hypogée avait été ouvert dans le passé; peut-être avail-il servi à l'exercice du culte chrétien aux temps de persécution. A l'époque moderne, il était le refuge des conscrits réfractaires au recrutement. C'est probablement pour ce motif que les Arabes en onlf si longtemps dissimulé ^existence aux voyageurs.

Nous allons maintenant commenter successivement les divers paragraphes du texte.

(A). Je suivis mon maitre sur ses pas dan^ lea régions du nord et du midi

Les monuments nous montrent que Tbotbinès II! recevait des tributs du midi, et en particulier du pays de Coush , de Poun , c'est-à-dire de l'Arabie ; de Ruten et de Kéfa, c'est-à-dire de l'Assyrie et de la Pfaénicie, représentant les nations du nord. Celles des côtes de la Méditerranée et des îles de cette mer fournirent aussi des produits à l'Egypte sous le règne de ce pharaon.

L'iNSGRJPTION DU TOMBEAU D'âMONEMHEB. 291

Amonembeb ditquMI a suivi les pas du roi au nord et au midi , mais il ne mentionne aucune expédition dirigée vers le sud. Il a vraisemblablement passé sous silence les campagnes qui ne lui valurent aucune distinction.

(B) . Je fis des prises dans le pays de Nekeba

^ JorA^, MKB , Nekeb ou Nekeba. Dans la grande liste des conquêtes de Thothmès 111 figure un peuple nommé "^J^l*, mkbot , Nekebou. C'est le cinquante-sixième des peuples septentrionaux. Le même nom est trois fois répété ' dans le tableau des conquêtes de SesonkhisI en Palestine, sous la '^''iûô^^T'J^j penekebouy qui représente l'hébreu 3J13, neg'eb, midi, précédé de l'article égyptien ^K . Suivant les conjectures de M. de Rougé et de M. Brugsch, le neg'eb des Égyptiens désignerait , comme le 3J3 hébreu, la région du midi de la Palestine; mais il y a une objection contre cette identification. Notre héros fit à Nekeba trois prisonniers qui étaient de (a race des Amou, c est-à-dire des Sémites, mais il ne les présenta à Thothmès III qu'en Naharin. 11 aurait fallu dès-lors qu'il les amenât de bien loin pour cette présentation. Toutefois ce n'est pas absolument impossible.

(C). Je fis encore des prises dans cette campagne au pays du plateau d'Ouan

4 Dûmicbeu: Mitt. Inser, II, pi. 37, n<> 56. s Lepsius : Denkm. III, 953 , n«* 84, 90 et 92.

Le pays du plateau de l'arbre Ouan était situé à Tooest d'Âlep. C'est tout ce que nous en saurons jamais de bieo certain. D'après lesdéterminatifson voit que ot/andésigne un arbre à bois dur. Je ne connais pas d'antre et^nipte

de la forme % '^^ ouan; mm, si onpeuirassimilerà

— Q^^-'^-^(),aouan \ ce serait, selon toute probabilité,

le caroubier , car Vaoun portait des l^^f7^,^T^, , ,} copte siMipi, siliques*. Cet arbre abonde en Syrie; fe bois en est dur et inaltérable, et le fruit très-appréeiê. L'inspection des localités pourrait peut-être suggérer une identification moins vague du lieu ici désigné par les hiéroglyphes.

Parmi les objets dont s'empara dans ce pays notre

héros , on remarque des bassins de fer, J j , ^"^ **^ J o et d'autres ornés d'or. Dans une de ses derrières campagnes au nord de la Syrie» Tbothmès III apporta également d^s vases de fer avec manche d'argeot.

l'Assyrie et les régions voisines avaient alors tine ifidhstrie fort avancée.

Dans tous les cas, nous sommes encore chez les Affiou, c'est-à-dire chez les races sémitiques et chez un peuple expert dans le travail des mètabx , à en juger par les

i On trouve les variantes VU ®t ^^i ^.

« Papyrus Ànastasi IV , 17 , 3.

3 Lepsius: Denkm. 111, 30, a. 18.

L'iPiSCRIPTlON DU TOMBEAU D'aMONEMHEB. 293

bassins de fer et les vases garnis d'or qui firent partie do butin.

Les habitants d'Âlep avaient des troupes de cavalerie a9 temps de Ramsès III, et certainement aussi à celui de Tbotbmès III. Notre document ne mentionne que des âoes parmi les prises.

(D). Je fis de nouveau des prises dans cette campagne au pays de Kairkamiasha.

Il s'agit ici de la ville de Karkemish sur TEuphrate, à propos de laquelle a disserté M. Maspero '. Des deux thèses que cet égyptoiogue babile a essayé de soutenir , la deuxième ^ à savoir que Carchemis est l'ancien nom de Bambyce ou Hiérapolis, reste incertaine, et cette identification est toujours fort problématique. Mais la première, qui tendait à prouver que Carchemis et Gircesium sont deux villes différentes et fort distantes Tune de l'autre, me paraît devoir être définitivement acceptée. Notre texte cite en effet Karkemisb après Naharin et Alep. Il est tout-à-fait invraisemblable que Thothnïès III, qui devait poursuivre sa campagne jusqu'à Ninive, ait fait redescendre son armée le long de l'Eophrate jusqu'à Gircesium , à l'embouchure du fleuve Khobar.

. G^-est à Karkemish que les armées égyptiennes traver- Bûei>t TEqpbrate. Cette ville fut détruite et abandonnée à une époque que nous ne pouvons déterminer, et lorsque le passage du fleuve fut établi au confluent du Khobar ,

1 D$ Carchemis oppidi situ, Paris, 8*\ lS7f.

294 MBLANGKS ÉtiYPTOLOGIQUES.

la nouvelle ville qui s'établit sur ce point de transit foi désignée par un nom à peu prés semblable à celui de Karkemish.

Notre texte a perdu dans une lacune Tindication de la race des prisonniers faits à Karkemish , mais il n'est pas douteux qu'ils ne fussent Amou. Le combat avait eo

lieu sur le bord de ï'eaude NaharinJ^ iî!^ -^^TTxoc^t c'est-à-dire de TEuphrate. Il résulte de Tordre géographique suivi par notre texte que les Égyptiens donnaient ce nom de Nabarin à la portion de la Syrie septentrionale qui comprenait Alep, mais il n^est pas certain qu'ils aient appelé ainsi le territoire situé sur la rive gauche de l'Euphrate , qui correspondrait mieux à VAramnaharam {'XS^'^r^^ tDnW) de la Bible. C'est à cette région que

s'applique le nom hiéroglyphique de ^ T"*^^ iv/v/i > Saenkar, qui représente assez bien le shinhar (nV3t£^)de l'Écriture. Sur les monuments égyptiens le pays de Saenkar est constamment associé à celui de Raten et à Nabarin*.

(E). Je vis encore les victoires du roi Thothmès Ul dans le pays de Sentsar

^^"^ Jii w^ fvXo * Sentzar , je vois une orthographe

particulière de 'o' "^^*7^f^^^. Saenkar. La forme

é^^"^ J^ a cependant été usitée aux temps de Thothmès III, puisqu'elle se lit sur la muraille de

i Voir Lepsius: Denhm. III, 129, 140 , 145 et 175.

l'inscription du tombeau d'amonëmheb. 295

Karnak dans la grande inscription de& campagnes de ce pharaon ; mais sous Aménophis 111 on trouve encore la

formel'^, ^ 1 '. Il n'y a d'autre différence que le

cbdBgement de a , u, k, r en ^ » x, /^, tj, et l'on sait cfDe cette permutation s'est produite àtoute$ les époques. Les Égyptiens ont d'abord hésité pour rendre dans, leur écriture j'articnlalion sémitique V dont nous avons fait nous-mêmes g dans, le nom de HîV, Gaza, Sentzar est donc très certainement le même pays que Saenkar ou Senkar\ et Thothmès 111 , que nous allons retrouver à Ninive j ne s'est point encore éloigné du pays qu'il occupait précédemment.

Une lacune einpêche de reconnaître, le sens de la phrase qui, dans notre texte , suit la mention de Sentzar; on Y lit:

n'fit. ........ eux.

Après les mois il fit M. Ébers a cru reconnaîtrp le nom de Poun (l'Arabie) , à cause du D et de quelques traits qui seraient les débris des oreilles du lièvre ^^. Mais je n'hésite pas à considérer cette hypothèse comme impossible. Il n'y a pas de place pour. la mention -4e TArabie, ni d'un autre pays quelconque, et le pronom

fl''^''^ qui finit la phrase ne peut se rapporter qu'a

i Lepsius : Denkm, HT , 88 , à Soleb.

s Les sons ToyeUes ne sont pas fixes en hiéroglyphes.

Sentzar; la phrase contenait quelque chose comme: il fit ce qui lui plut parmi eux.

On se battit dans la contrée de Sentzar ; fiotre héros y tua un ennemi dont il porta la main au roi.

(F). Et je vis de naweau ses victoires. J'étais de sa suite à la prise de Kodesh

Si les événements sont raooatés dans leur ordre chronologique , Tbothmés III dot abandonner momenlanément son expédition vers Ninive pour venir assister à la prise de Kodesh. Le conquérant égyptieo avait différents corps d'armée qu'il visitait tour^-à^tour ; nous avons vu plus haut qu'il n'était pas préseot à l'invasioi^ du pays de Nekeba (paragr, B)é et que, pour présenter $es prisonniers^ Amonenp^eb dut attendre que le roi arrivit en Naharin. Comme tout chef d'armée , Tbothmès voulut assister à la prise d'une forteresse importante de l'ennemi. Il revint à cet effet des bords de TEuphrate. Notre héros y prit de sa main deux chefs syriens , qu'il désigne par leur titre sémitique de Marina , en chaldéeo pD , Maràn , que j'ai expliqué ailleurs \

D'après la muraille de Karnak , Thothmès III fit au moins deux expéditions contre JCodesb; ta première est rapportée à la campagne de l'an 30. Tbothmès saccagea la ville» détruisit ses cultures et enleva ses approviaion* nements de grains V

C'est à cette campagne de l'ai) 30 que je crois devoir

i Voyage d'un Égyptien, p. 310, 211 , 213 et 395. Les HébreDx restés en Egypte étaient commandés par des Marinas. 9 Lepsius : Àusijoahl , pi. XII . 7.

l'inscription du tombeau d'aai'onemheb. 297

rapporter la prise de Kodesh à laquelle Amonembeb assista.

La "seconde attaque de Kodesh est relatée dans un fragment très-mutilé de la grande inscription de Karnak*. Oo D'y distingue plus une seule date ; mais ce fragment termine ^inscription , dont la dernière ligne constate que ce long texte a servi à inscrire toutes tes conquêtes fait^ par Tbothmès III députe sa vingt-unième jusqu'à sa quarante-deuxième année.

Aucime antre campagne n^étant mentionnée k partir d^ cette prisede Kodesh, il ê6t vraisemblable que cet événement appartint à la dernière expédition de Tbothmès enNabarin; selon toute vraisemblance, cette dernière conquête aqrait en lien eu l'an 41 ou en Tan 42. Il est possible Ci^peoDdant que d'autres expédHiôns contre celte ville ae soient trouvées consignées dans les parties délrnites dn long texte de Karnak.

(G). Je tis mon maître

Cette portion du texte est tellement incomplète qu'il D'y a aucun renseignement à en tirer. Il y est question

d'une ville dont le nom se terminait par J|[^^û-~3 , ha;

cette indication est trop vague pour se prêter à des Comparaisons. Après la prise de Kodesh en l'an 30, Tbothmès III s'empara de Tsaar ou Tsamar et d'Aratou (Arad). Ces noms n'apparaissent pas dans l'inscription d' Amonembeb » mais nous savons qu'il y avait plusieurs

• ^Dênkm. 111,30, a. 12.

corps d'armée , et que notre officier ne parle que des affaires auxquelles il a personnellement pris part.

(H). Je vis encore sa victoire sur le pays de Takhis..,

Takbis était une ville importante de la Syrie septentrionale ; ott n'a pas réussi jusqu'ici à l'identifier avec aucune des localités citées par la géographie classique. Elle dépendait du Ruteb supérieur et possédait un terri* toire important appelé tantôt pays (j«»=r) de Takhis,

tantôt territoire (^ . ) de Takhis,

Aménophis II y combatiit en personne , et s'y empara de sept généraux syriens > qu'il se donna le pjaisir de mener pendre, cinq en face de Thèbes, et jes deux autres à Napata en Ethiopie '. On ignorait jusqu'à présent qoe Takhis eût été prise par Thothmès III ; les lacunes da mur de Karnak ont sans doute fait disparaître les mentions qui s'y rapportaient.

Les prisonniers faits à Takhis sont encore de la race des Amou , comme on devait s'y attendre.

[l]. Je vis encore une fois un acte valeuretm accompli par le roi dam le pays de Ninive ; il prit à la chasse iSO éléphants

L'inscription du mur de Karnak nous avait déjà appris que Thothmès III avait passé par Ninive dans sa campagne

1 Denkm. [II , pi. 65.

l'inscription du tombeau d'amonemheb. 299

de l'an 33 \ Après la prise d& Kodesb , ce pharaon était reloornéen Egypte'.

La campagne de Tan 33 était dirigée contre le pays deRnten, qui n'était pas encore complètement asservi. Cependant le conqnérant égyptien parvint sans difficulté jusqu^à un fleuve sur les rives duquel il dressa deux stèles, l'une sur la rive gauche* l'autre près de celle qu'avait élerée son père le roi Thothmés I. Uœ ville forte « dont le nom a disparu dans les lacunes^ fut ensuite assiégée et prise , et tontes les tribus de Nafiarjn furent ravagées. En revenant(^^(^^3)> "Thothmés 111 passa àNinive, et établît une nouvelle stèle sur le territoire de Naharin.

Ni le texte de la muraille de Karnak ni rinscription d'Âmonemheb ne parlent d'un combat à Nfnive ; le chef de ce pays consentît à payer un tribut d'esclaves , de chevaux , d'or, de vases , de chars , etc. '

Le fait très-important que nous révèle notre texte, c'est la prise à la chasse de 120 éléphants au pays de Ninive ; la mention est claire et formelle :

// chassa iSO éléphants. ,

* Lep8iQ9 lÀusioahl, pi. XII « ){g«.2i. Le nom de NioiM^t HU^^l , NcMUQ, Ncvcvt, Ncvoç, se rencontre quatre fols dans les hiéroglyphes. Le mur de Karnak donne la forme ^^r^U(JQ:£^, Neniè, et notre texte

s Ibid, , lig. 15.

9 ihid. , lig. n. La liste est mutilée ; elle devait comprendre le lapis et l'ivoire.

AmoDemheb eut la gloire de s'emparer do plas gros de la troupe , ce qu'il fit en le blessanfà un des pieds de devant. C'est pal* ce procédé que les Romains, rerenus de leur terreur^ se défendirent avec succès contre les éléphants de Pyrrhus. On voit que les soldats égyptiens ayant guerroyé en Assyrie possédaient une certaioe expérience pour l'attaque de ces proboscidiens. Il est désormais acquis à la âcience que l'éléphant vivait par troupes nombreuses au nord de ('Assyrie vers le XVII^ siècle avant notre ère. Peut-être des individus de cette espèce erraientnls encore alors sur les pentes du Taurus ou de l'Amanus^ sur les rives de la Mer-Noire et jusque vers le Caucase. Ce fait esttrès-cpnsidérable pour l-hifitoire de ia disparition et de Pémigratico des espèces animales. -

L'ivoire que l'Egypte tirait de la.Phénicie» du pays d'Amasi (1 TrijIlivXj) et du Ruteû* n'avait pas d'autre origine ; mais sans la mentioû expresse de. l'inscr^lioD d^Amonemheb on aurait pu suppos^er ,qup cet ivoire était apporté de l'Inde par le coounerce.

Nôtre €)illcier raconte ensuite qu'il d^l $e ni^^ttre à l'eau dans l'endroit où sont les .deux pierres. Nous avons déjà constaté , au paragraphe D , qu'il traversa Teau de Nabaria en tenant deux prisonniers vivants. Ahmès, chef de marins, fit aussi une prouesse du dîème genre*. L'endroit des deux pierres est pour nous une désignation

< Le pays de Ruten fournissait à l'Egypte des dents d'éléphant «t des tablettes d'ivoire. Dmkm. III , 31 , a , 7 ; ibid. , 30 , à , 6. « Chabas : Les Pasteurs en Egypte , p. ^0.

l'inscription du tombeau d'amonemheb. 30i

bien vague ; mais TJdée se porte Daturellement sur les denx stèles érigées par Tbothmës III de chaque côté du fleuTe » ainsi que nous venons de le rappeler.

(K). Voilà que le chef de Kode$h fit ^ partir une cavale de là ville

Ici notre héros franchit le teonps et le$ distance» ; nous le retrouvons au siège de Kodesb, après lequel il semble avoir terminé sa carrière militaire active, ^ous sommes conséquemment transportés à la dernière campagne de Thôthmès III , qui s^acheva en Fan 43 de 3on régne*. :

A ce dernier siège de Kodesh, la ville avait été investie par l^arméë égyptienne. Afin de jeter du désordre dans Tarmée des assiégeants , le chef de Kodesh imagina de falHe sortir dé la ville et de hmeer au milieu des Kgnes égyptiennes une cavale qu'on avait probablement rendue ferreuse*. Notre héros la poursuivit et la tua de sa main en lui plongeant son poignard dans le ventre ; puis il eq fit remettre la queue au roi. Cet acte de présence d'esprit et d'adresse lui valut de grands éloges ; il nous donne une id^e de certains épisodes des sièges à ces teiùps reculés.

(L). S. M. fit sortir tous ses vaillants soldats pour roii^pre la muraille neuve qu'avait faite Kodesh.

La mention d'une fortification neuve montre que

* Voir ci-devant , p. 296.

9 II manque quelques signes au texte qui suit la mention de la ca?ale.

Kodesh avait rénssi à se débarrasser du joiig que Thothmès lui avait imposé dans sa campagne de l'an 30' . La forteresse syrienne fut prise d'assaut et ne parait pas avoir fait de nouveaux efforts pour reconquérir son indépendance sous le règne de Thothmès III. Les chefs militaires faits prisonniers à Kodesh portent encore ici le titre de Marina, y\Û, dont nous avons déjà parlé.

(M). J'étais Omou

Comme nous l'avons déjà expliqué , notre hèro$ n'avait pas fait une grande fortune militaire. Le gradçde

Ouaw» ^ ^ ^^«^^ » correapoodait à celai de iieatenant ou de sous- lieu tenant; c'était un officier inttrieor. Le père d^Ahmês , chef des marins , et cet Abmès luimême remplirent la même fonction , et précisément aussi sur la barque royale.

L'équipage de la barque du roi comprenait plusieurs ouaou, mais Amonemheb était \e premier de ses campagnons, et conoimandait en chef la manœuvre pendant les promenades du pharaon sur le Nil et sur les canaux à l'occasion des grandes fêtes de Thébes. C'était évidçpment un poste de confiance , mais le ouaou n'en était pas moins un inférieur dans la hiérarchie; il nVait andessous de lui que le J^l^^tj^, ou jeune, c'est-k'-dire Vapprmti, le novice*.

(N). Alors le roi acheva la durée de sa vie d'années nombreuses et heureuses

• VoIrciHlevant, paragraphe P.

« Papyrus Anastasi 11,7,4.

l'inscription du tombeau d'amonemheb. 303

Ce paragraphe nous donne la durée totale du règne de Thothmès III , qui fut de 54 ans, c'est-à-dire de sept ans plus long qu'on ne Tavait pensé. Ce renseignement est précieux pour la chronologie. Thothmès mourut le 30 de phamenolh.

L'apothéose du pharaon , qui s'identifie avec le corps même de l'astre solaire et se répand pour devenir l'illumination du monde, l'agent lumineux et chaud de la fécondation de l'univers, résume très - nettement la doctrine égyptienne sur le sort des mânes. Chaque mort pénétrait dans l'occident comme le soleil à la fin de sa carrière diurne , et , chaqoe matin , sortait semblable an

jour. H est possiWe que ''cxp''^^^i<>'^-^^^^%i ait admis des explications accessoires ; mais celle que j'en ai donnée : sortir à l'instar du jour , prouvée par les vignettes du Rituel de Nebkat, qui rendent l'image sensible, est trop bien justifiée parle nouveau texte que M. le docteur Ébers nous a mis en mains pour ne pas être définitivement considérée comme donnant le sens fondamental de la formule.

On sait que l'expression ^ j , zpor , le jour,

s'échange avec ' soleil ^ non- pas seulement dans

le style religieux ,.mais même dans les formules les plus vulgaires'. Sortir comme le jour, c'était absolument la même chose que sortir comme le soleil.

1 Le disque solaire 0 I et l'biéroglypbe du dieu Soleil , u|, qui ont

l'un et l'autre la valeur ra, sont fréquemment pris dans le sens iour^ i(mmée.

304 MÉLANGES ÉGTPTOLOGIQUES.

Les pharaoDS , fils du Soleil sur la terre , représeotaDts da dieu Phra dans tontes ses attribatioDs , sidentifient avec ce dieu lui-même; les morts vulgaires deviennent les dieux de l'équipage de la barque solaire ; mais tous contribuent à Tincessant renouvellement de la lumière victorieuse des ténèbres et au maintien des mouvements cosmiques sans lesquels la vie cesserait aussitôt dans Funivers.

(0). Le roi de la haute et de la basse Egypte Aakheperoura, fils du Soleil, Amenhotep

Il s'agit ici d' Amenhotep II , qui , d'après notre texte, monta sur le trône de son père. Ce nouveau pharaon était par conséquent fils de Tbotbmès III.

Des troubles accompagnèrent cette transmission da pouvoir royal :

Ses adversaires tous , il les pénétra ; les misérables

( de l'Egypte ) et du désert , il massacra leurs chefs '.

Comme il n'est pas question ici de peuple étranger, il y a lieu de croire qu'il s'agit de tentatives de révolte

4 Je supplée ^ <^a os la lacune, et je compare id^^j^ ^

^d:!*'^ ^î {Recherches pour VHistoire et la IIV éi/nastie,

p. 71 et 73). Daoa le groupe tesber-t, rouge, terre rouge, désert J\ manque le signe OO-

l'inscription uv tombeau d'amonemheb. 306

parmi les Égyptiens eux-mêmes. Une phrase mutilée de ce paragraphe parle des habitants de Kenemm qui sem- 'blent avoir eu un rôle dans ces tentatives. Une localité de ce nom fournissait un vin très-estimé.

Amenbotep II triompha des fauteurs de discorde, et tout le pays i*econnut son autorité ; il fit alors grâce aux insurgés repentants. Ces renseignements seront utiles pour l'histoire de la XVHI* dynastie.

(P.) Voilà que le roi m'aperçut le conduisant par eau dans sa barque

Amonembeb avait continué sous le nouveau règne à exercer sa fonction de commandant de la bari royale. Amenbotep le reconnut dans ce modeste emploi, et Téleva à une idignité plus haute en récompense de ses anciens services. C'est alors seulement, c'est-à-dire vers la fin de sa carrière , que notre personnage fut nommé ^^ U-fl Atennou ou Sennou d'infanterie. En cette qualité, il avait à surveiller les Vaillants du roi, c'est-à-dire un corps d'élite préposé à l'escorte du pharaon.

Un officier du même grade, nommé Mahou, fut chargé de l'exécution de l'ordre donné par le pharaon ; par le fait d'uD hasard assez exceptionnel , ce nouveau personnage De nous est pas tout-à-fait inconnu. Sa stèle funéraire est conservée au Musée britannique '. On y lit sa légende complète :

Sharpe : Egypt, Inscr. , 2* série , pi. 89.

m -Il ^

Le récompensé du dieu bon, chef d'auxiliaires du seigneur

des deux inondes , Vatennou Mahou.

Cette stèle ne nous donne pas le nom du pharaon aa service duquel était ce personnage; mais le nom de sa femme Neferaril , si commun sous la XVIÏP dynastie , est une indication dont il faut tenir compte, alors que nous rencontrons en même temps identité de fonction et identité du nom de iMahou. Il se pourrait toutefois que le Mahou de l'inscription d'Amonemheb ne fût pas le même personnage que celui de la stèle dn Musée britannique , mais il appartiendrait au moins à sa ligne ascendante ou k sa postérité dans des limites assez rapprochées.

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