‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 22 sur 66 · grand supérieur du nome · texte numérisé non relu

grand supérieur du nome

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d’Oun ( Hermopolite ) ; c’est le nomarque.

Nos deux personnages étaient au service des pharaons Amenemha II et Osortasen II, et leur fils Nehera, revêtu de la dignité d’intendant des prophètes, fut attaché au sacerdoce de la pyramide d’Osortasen II , nommée sha ,

, OU Y élevée.

Au surplus, la plupart de ces fonctions, les plus importantes surtout, qui étaient celles de nomarque et de poliarque , s’étaient transmises du père au fils , et ensuite au petit-fils, non pas en vertu d’un droit héréditaire, mais par la bienveillance du pharaon, que les inscriptions du tombeau appellent toujours le dieu.

mais nullement des eunuques attachés au prétendu harem des pharaons. Le siège de la reine avait aussi un kN <=>.

Inscription de Berscheh

Pl.V

NOTE SUR LE TRANSPORT D’üN COLOSSE. I i 1

Le monument que je me propose d’expliquer est composé d’une inscription hiéroglyphique de douze colonnes, que je reproduis sur la planche V, et d’un grand basrelief représentant le transport d’un colosse. Quatre rangs de 43 hommes chacun tirent à la corde le monolithe chargé sur un épais traîneau de bois. Le colosse , fortement cordé, avec bourrelets interposés pour éviter l’usure du calcaire par les câbles, est fixée sur le traîneau au moyen de deux crampons latéraux retenant un câble passant par-dessus les genoux de la statue. Les cordes de traction sont fixées par des nœuds à une boucle placée à l’avant du traîneau ; un individu debout sur l’avant du socle verse un liquide sur le chemin devant le traîneau pour faciliter le glissement, tandis qu’un autre personnage , monté sur les genoux du colosse , commande la traction en battant des mains de manière à assurer l’harmonie des efforts. A terre et en face se trouve un troisième personnage frappant l’un sur l’autre deux espèces de battoirs ou pilons à surface plate , sans doute pour répéter avec plus de force et de sonorité le signal régulateur.

Derrière la statue douze individus suivent le mouvement . prêts à porter assistance en cas de besoin : trois autres tiennent le bâton de la fustigation ; c’est la force de police. D’autres enfin sont chargés d’une pièce de bois ayant d’un côté des crans irréguliers, dont l’usage se devine mal , et devant eux marchent les porteurs (j^eau .

Au-dessus de la scène défilent en bon ordre les jeunes recrues militaires qui ont préparé le chemin.

112 MÉLANGES ÉGYPT0L0G1QUES .

Ces préliminaires exposés, nous donnons la traduction suivie de l’inscription: des notes explicatives, signalées par des lettres dans l'ordre alphabétique , justifieront ou commenteront les passages intéressants ou difficiles.

Traduction :

« Transport d’une statue de treize coudées en pierre « de Ha-Noub (A). Or (B), le chemin sur lequel elle « devait aller était plus difficile (C) que toute autre « chose (D), et (il était) difficile d’amener des hommes « de traction assez nombreux ( E ) pour cela , à cause « de la pierre, difficile à l’instar d’une pierre de taille (F).

« Je fis partir des compagnies (G) de jeunes recrues « (H) pour faire le chemin, ainsi que des corporations « d’ouvriers sacrés (1 ) et d’ouvriers tailleurs de pierres « (J), leurs maîtres avec eux. (Je)' dis: Que des « hommes au bras fort aillent pour l’amener ! Mon « cœur se dilatait ; tous mes concitoyens étaient dans « l’allégresse; c’était plus beau à voir que toute autre « chose. Le vieillard parmi eux s’appuyait sur le jeune, « et les forts s’opposaient à ceux dont le cœur faiblis- « sait2; leurs bras 3 devinrent puissants: l’un d’entre « eux faisait l’effort de mille (R).

« Alors cette statue à socle carré (L) se mil à sortir « de la montagne , spectacle grandiose plus que toute « autre chose.

i Lacune.

3 Je Iis

3 Le groupe manque ; il y avait peut-être : leur cœur.

j AAAA/Vv

NOTE SUR LE TRANSPORT D’UN COLOSSE. H 3

« Des barques de transport, équipées, remplies de « richesses, évacuèrent mes troupes de recrues; les « corporations de rameurs évacuèrent la statue (M). « Leurs paroles concernaient ma glorification et les « récompenses qui me furent accordées de la part du roi.

« Mes enfants , bien parés , étaient auprès de moi; « mes concitoyens poussaient des cris de glorification.

« J’arrivai dans cette ville (N) ; les femmes s’assem- « blèrent joyeuses ; c’était beau à voir plus que toute « autre chose.

« Les Haou ( j ) furent faits Ha - sheta -

« khamer' ; je fus fait chef* dans cette ville. J’établis « des bassins sur le Nil (O).

« On ne porta point envie à ce qui m’a été fait.

« Je me suis fait (une tombe) 3 avec un soin religieux « pour le corps éternel (P), lorsque je me coucherai « dans cette sépulture aux œuvres de corps éternel (Q). »

Ce petit texte est d’un grand intérêt philologique , en ce qu’il nous présente un excellent exemple des difficultés contre lesquelles nous avons encore à lutter malgré les progrès de la science: texte incomplet, style un peu différent de celui des beaux temps du nouvel empire , mots inconnus ou complètement nouveaux , et acceptions particulières de mots dont certains sens ont déjà été

< Voir ci-devant, p. 107, l'explication de ce titre.

* Mot emporté par un éclat de la pierre.

3 Lacune» le mot tombe est suppléé d’après les vraisemblances.

MELANGES KGYPT0L0G1QUES.

constatés. Les notes philologiques qui suivent feront ressortir quelques-uns de ces points de difficulté.

B. (I ls=>s copte eic , voici que , ecce , en. Cette

particule séparative peut être rendue, suivant les cas , par toutes les particules du même ordre de la langue française. Les répétitions fréquentes n’étaient pas fatigantes pour les oreilles égyptiennes comme elles le sont pour les oreilles françaises.

A. QiyV. Ce groupe désigne quelquefois une localité située à Memphis ou près de Memphis , dont il ne peut être question ici ; par sa composition : demeure d'or, Ha-noub , il a dû servir à nommer des palais ou des localités diverses 2. Dans notre texte il désigne le lieu d’où a été retiré le bloc de pierre dont on a fait la statue. Il y a plusieurs carrières anciennement exploitées à peu de distance de la petite vallée de Berscheh, sur la rive droite du Nil ; mais , de ce que le tombeau est creusé dans cette vallée, il ne s’ensuit pas nécessairement que le colosse en ait été extrait. Ce qui donne de la probabilité à l’identification de Ha-noub avec les carrières de cette localité , c’est le proche voisinage d’Hermopolis , ville où nos personnages ont exercé leurs hautes fonctions. Cette question est de celles qu’une rencontre heureuse peut résoudre positivement.

i Dans le texte le signe or est dans l’intérieur du signe demeure.

2 Je l'ai rencontré comme équivalent

, Diospolis ou

Thèbes ; mais c’était selon toute vraisemblance le nom d’un édifice pris pour celui de la ville.

NOTE SUR LE TRANSPORT d’üN COLOSSE.

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