‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 23 sur 66 · C. » sheta oer-t. J’ai le premier · texte numérisé non relu

C. » sheta oer-t. J’ai le premier

signalé et démontré la valeur secret, mystère, qui appartient au groupe slieta. Après avoir été contestée, cette valeur est aujourd’hui reconnue par tous les égyptologues ; elle est prouvée par des textes sans nombre. Shela oer ou grand mystère est une expression très-commune pour caractériser les mythes secrets , les cérémonies mystérieuses, les formules magiques , etc.

Dans notre texte , le sens secret , mystère , n’est pas admissible ; le mot sheta y revient trois fois et qualifie le chemin à établir, les hommes employés à la traction , et la pierre elle-même ; tout cela est patent , visible , manifeste ; mais il est aisé de voir que l’idée de difficulté, chose ardue , épineuse , qu’on ne sait comment accomplir, remplit parfaitement toutes les conditions du texte. Cette idée est du reste connexe de l’idée mystère, chose impénétrable , inconcevable.

Il est donc bien certain que sheta signifie aussi difficile, et probablement c’est là le sens primitif du mot. La constatation de cette nouvelle valeur aidera puissamment à l’interprétation de certains textes jusqu’à présent inexplicables.

D. ^ , plus que toute chose. *Cette forme du

comparatif de supériorité revient plusieurs fois dans le texte.

Amener des hommes tirant , grands pour cela.

Cet emploi du mot grand est digne de remarque ; il

est du reste analogue à des formes déjà connues : grands de mort pour dignes de mort ; grands plus gu' on ne pourrait le dire. <^=='n, comme se dit de la grandeur, de la quantité et du nombre. La difficulté de la traction était grande; le texte fait plus loin ressortir cette circonstance lorsqu'il dit que chaque homme fort faisait l’effort de mille.

J’ai assimilé

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AAAAM

fTTTffl ,

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û ^ AA/WVX co ni , similis ,

- 3 AAAAAAL J

quoique , après ce mot , on trouve généralement la préposition <=» et non C’est une différence qui peut tenir au style de l’époque. Toutefois il existe un groupe déterminé par la pierre . et l’on pourrait peut-

A/SAAAA UilLÜ

être traduire : à cause de la pierre difficile senen (étant) en pierre de taille. Mais cette phrase est embrouillée et ne rend probablement pas bien l’égyptien ; la première traduction est plus sûre.

G. ' » xau-ot , des familles, des associa-

tions d'individus. Ce mot se dit aussi de la famille proprement dite, et surtout des descendants; dans ce sens le copte l’a conservé dans xtou , generaliones .

«• l±& l\ | , jeunes bons. Ce sont les recrues de l’armée égyptienne. On les voit, à la rangée supérieure du tableau qui précède notre texte , défilant par files de onze hommes bien alignés ; les dernières files portent des rameaux en signe de réjouissance ; leur

NOTE SUR LE TRANSPORT D’UN COLOSSE. 117

tâche , qui consistait à faire le chemin pour la traction du colosse , était accomplie.

I. ^ j. La partie grecque de l’inscription de Canope nous a donné pour ce groupe la traduction , tribu, section, famille , classe. Mais j’ai montré, dans une dissertation spéciale que nous n’avions pas besoin de cette assistance pour arriver à la constatation de ce sens. Ce passage de notre texte est une preuve de plus à l’appui de l’exemple que j’ai cité dans la dissertation rappelée.

’ voir ci'devaDt ’ P- 6-

J. I) i* Ces ouvriers sont cités avec les tailleurs

de pierre 1 2 3 4 et avec les sculpteurs 3 ; ils étaient commandés comme les autres corporations par un mer''. Deux curieuses variantes de leur nom (j ^ m’ont suggéré

l’idée vétérans , anciens ouvriers. Mais le déterminatif du vieillard n’est probablement qu’un caprice graphique , faisant allusion à un sens secondaire du mot.

k- TDlis>L jri i- pt>rase

très-simple donnant un sens précis pour le groupe nz , forcer, faire effort.

L. Ij^tnnD » de «vqr, quatre, pierre à quatre faces, cube de pierre. Je crois que cela signifie que la statue n’étant pas évidée , formait en quelque sorte un

1 Zeitsch. de Berlin, 1870, 111.

2 Denkm. III , 229.

3 Reinish : Monum. de Miramar, p. 39. — Denkm. II . 149 , e.

4 Denkm. II , 138 , c. ; ibid . , 149, e.

cube, et conséquemment était d’un poids énorme. C’est probablement pour le même motif qu’un peu plus haut elle est comparée à une pierre de taille.

M. Toute la phrase, depuis la mention des barques, est traduite conjecturalement. On y rencontre deux fois

le groupe® qui ne se trouve pas ailleurs, et

qui ne me fournit aucun sens satisfaisant. Aussi je crois hors de propos de donner des explications sur les vraisemblances qui m’ont guidé. La difficulté peut être levée par la rencontre du même groupe dans un texte clair.

N. J’arrivai dans cette ville. 11 s’agit évidemment de la villedont notre personnage fut nommé gouverneur; c’est-

à-dire d’Hermopolis. L’expression <=>cs»Q(j v ® mérite d’être remarquée.

J'ai tra-

duit le mot makhatou d’après son déterminatif que je crois être un bassin avec rigole fermée. Des bassins de cette sorte, qu’on ouvrait pour recevoir l’eau du Nil et qui la conservaient pendant les basses eaux, répondaient aux besoins d’irrigation de l’Égypte. Mais tout cela n’est qu’une conjecture. Il est seulement certain que l’objet fondé par notre personnage était d’une certaine importance et de nature à lui mériter les sympathies de ses concitoyens.

P- Q- corps éternel ; cette phraséologie

signifie V éternité, la durée sans fin ; 1 e corps éternel est évidemment la momie, qu’on a appelée plus tard sahou.

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La rareté des papyrus datant de l’ancien empire donne un prix tout particulier à l’inscription que nous venons d’analyser. Relativement k l’époque du nouvel empire, les rapports des fonctionnaires sur l’exécution des missions dont ils étaient chargés sont parvenus jusqu’à nous en nombre assez considérable. Mais pour les temps antérieurs nous ne possédons encore que quelques inscriptions funéraires, dans lesquelles les défunts étalent complaisamment leurs services, leurs mérites et les récompenses que le roi leur a conférées. Le texte qui a fait l’objet de la présente dissertation est de cet ordre. De même que la grande et belle inscription de Nehera-si-Numhotep, il nous montre, entre le style de la fin de l’ancien empire et celui du commencement du nouvel empire, des différences assez sensibles pour témoigner de changements notables survenus en Égypte pendant l’époque intermédiaire, qui correspond k la domination des Pasteurs. Relier monumentalement l’histoire d’Ahmès I et de ses prédécesseurs les Sekenenra avec celle des dernières dynasties de l’ancien empire, c’est toujours le problème le plus important et le plus ardu que la science égyptologique ait à résoudre. Il faut noter avec soin les moindres circonstances qui peuvent en faciliter la solution.

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