‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 38 sur 66 · I. Légende des portes · texte numérisé non relu

I. Légende des portes

Les salles et les corridors communiquent entre eux au moyen de portes formant enfilade , selon l’expression

i En R, à l’extérieur du plan et en sens inverse des autres légendes , se trouvent les commencements de quatre lignes d’hiératique qui se continuaient sur la partie perdue du papyrus ; il y est question des divins corridors et de l’orientation de certains endroits dont l’indication a disparu. Mais il n’y a aucun renseignement précis à tirer de ce texte entrecoupé.

SUR UN PLAN EGYPTIEN

de Champollion ; formées de montants de pierre avec linteaux de même substance, ces ouvertures sont fermées au moyen de deux battants de bois munis de deux verrous. Il ne reste aucune trace de ces battants , à part un peu de rouille de bronze dans les trous où tournaient les pivots. Les portes des cabinets de la salle Z et celle de la salle E n’ont qu’un seul battant, et les verrous n’y sont pas figurés. Sur toutes les autres, en d, g, j et 1 , on lit la même légende , que nous traduisons ici une fois pour toutes :

Installation de porte.

H. Légende du corridor W.

Ce corridor n’est pas entier sur le plan, mais il est facile de le compléter en traçant la porte dont il reste le linteau et la partie supérieure ; deux niches latérales y étaient pratiquées , dont une seule est restée visible après la perte de la partie inférieure du papyrus.

Un compartiment intérieur y est figuré au moyen d’une ligne sans épaisseur.

Légende de l3 ensemble , en A.

Le divin passage quatrième, de coudées 35, large de coudées

de coudées 9 , palmes 3 ; peint ^ |

6 , haut

ur relief , en manière d'un livre plein de couleurs.

MÉLANGES EÜÏPTOLOGIQUES.

Le groupe | -ç- qui a disparu de l’original est rétabli d’après les mentions des inscriptions en h et en R , qui parlent du premier et du deuxième de ces passages.

, cta, signifie passer;

, forme pleine |1“

le copte l’a conservé dans caat , prœtergredi , transire, procedere. Employé substantivement , ce mot désigne tout lieu disposé pour livrer passage: allée, couloir, corridor, galerie, chaussée, etc.

Un papyrus nous parle de fonctionnaires qui demeu-

raienl^^Pô'keS\l°0i' c’esl-à-

dire à la chaussée des arbres, ce qui pourrait être le nom d’une rue de Memphis au temps des Ramessides'. La salle Z, qui a 14 coudées sur 5, est nommée par sa

légende un ^

Tel est aussi le nom de la petite salle de l’entrée qui est positivement nommée le premier divin sta par les inscriptions de la chambre sépulcrale. Cette première salle étant le premier sla , le troisième corridor est évidemment le quatrième sta , comme le porte sa légende. Le mécanisme du plan est donc bien compris.

Le corridor W est décrit comme |

( , ce que j’ai rendu : peint sur

relief en manière delivre. Le verbe ^ et ses variantes a pour signification radicale former , modeler, fabriquer,

i Pap. Anaslasi VI , pl. G. 3.

SUR UN PLAN ÉGYPTIEN

travailler. Les déterminatifs A sont la caractéristique

du travail des doigts L’expression étudiée semble donc indiquer la circonstance que les peintures et l’écriture sont appliquées sur de la sculpture ; cJest ce que Champollion a appelé des sculptures peintes.

Le groupe ~ j. en volume, en livre, est suivi d’un signe qui ressemble à la forme hiératique de | . Je ne connais pas d’exemple de ce signe employé seul ,

si ce n’est dans la formule » où il exprime à lui seul le mot otxa , santé ; il me paraît plus simple d’y voir les deux signes * , c’est-à-dire l’unité suivie de la

particule de jonction ; le sens est alors tout naturel : en la manière d'un livre 2 rempli de ixepor,

désigne une substance avec laquelle on rehaussait l’écriture ou la peinture comme avec l’or; certains monuments sont dits indifféremment : brillants de xepor et ornés d’or , ou ornés de xepor et brillants d’or. On trouve aussi l’expression :

- rmP'ie de

xepov et de peintures dans toute son étendue. Il ne peut

o £ /i / est dans *es papyrus de Turin; Pleyte et Rossi, pl. X, 3.

2 II reste quelque doute sur cette version ; mais, lors même que le signe discuté spécifierait une espèce de livre, le sens général de la phrase n’en serai! pas sérieusement altéré

le scribe du modelage

MELANGES EGVPTOLOGIQUKS.

être question que de certaines couleurs particulièrement recherchées et employées dans la sculpture polychrome.

Légende du compartiment en B.

nnn

L’entrée du passage de coudées 50 ,

C7 III ç-^3

large de coudées 5 , palme 1 .

Ce corridor intérieur du corridor W n’est délimité, comme nous l’avons déjà dit, que par des lignes sans épaisseur, tandis que partout ailleurs l’épaisseur des parois est figurée sur le plan égyptien ; nulle mesure de hauteur n’étant indiquée , la hauteur de ce corridor intérieur est évidemment celle de l’ensemble. I! est conséquemment douteux qu’il ait existé une séparation effective et matérielle formant couloir dans le corridor; nous reviendrons sur ce sujet en étudiant les textes de la salle X ; il nous reste à faire remarquer ici que, d’après la disposition de la légende en A , le quatrième corridor se prolongeait jusqu’à la rencontre de la paroi PP qui le sépare de la salle X.

Inscription de la niche en C.

XJ

o Cl u=4 WMA /I il ^ I IMWM /"!*.. mnA I | |

Lieu de..., de coudées 2, large de coudée 1 , palmes 2,

ftu — «zi i 1 1

profond de coudée i , palmes 2.

Le nom de celte niche ayant disparu dans une

SUR UN PLAN EGYPTIEN

éraillure, nous ne pouvons rien savoir de l’usage auquel elle était destinée. On peut toutefois supposer que , placée en avant du vestibule , elle servait à entreposer les objets que les visiteurs du tombeau n’étaient pas admis à garder sur eux eu pénétrant dans les salles réservées.

Page 1