Le roi tannou la chapelle de Sato
9. Un monument élevé par Philométor I est couvert d’ inscriptions , gravé avec le fer, orné d’or sur sa muraille, avec abondance de peintures ? avec tan ses portes, et modelées ( rÿi r n ) ses images divines \
On pourrait beaucoup multiplier ces citations ; nous nous contenterons d’y ajouter les exemples qui mettent le mot tan en rapport avec l’or.
Harsiési construisit un édifice:
(2 i— HH x (2
d ’ or ,
Cj] ^ /VWvAA l—/l^
ouvré et tan-out
garni d' or, ouvré et tan-out d' or.
L’une des barques sacrées d’Edfou était ornée d’or et de toute espèce de pierreries ; elle était dans un local
AAAAAA U-n
tan avec or
QtTïïlü
enchâssant pierreries.
La reine Hashepsou avait fait entièrement dorer les deux grands obélisques élevés par elle à Karnak. Dans
1 Mariette: Abydos. pl. 50, 9. Cet exemple donne le parallélisme: —4—1 m A
iWMA = A/WWX Q ^
2 Dümichen : Kal. Inschr. , 68, c, 1.
3 Le même: Alt. temp. I, pl 95,20.
4 Naville : Mythe d’Horus, IV, 6.
5 Dümichen: Alt. temp. Inschr. I . pl. 90, 14.
SUK UN PLAN ÉGYPTIEN. 181
les inscriptions qui décorent la base de l’un d’eux , elle dit : « J’ai donné pour cela de
l’or de tan ; je ( l’ ) ai mesuré au boisseau comme pierres '.
Quoique cette étude soit loin d’être complète, nous ne la pousserons pas plus loin ; elle nous a déjà montré que l’or était employé pour tan, c'est-à-dire pour perfectionner , pour achever les monuments de pierre ou de bois, et que l’or dont on se servait pour cela était appelé or pour tan ou or de tan. C’est de l’or de cette espèce qu’on amenait des ateliers de la vallée d’Hammamat, c’est-à-dire de l’or métallique pur, et non du minerai ou de l’or en poudre. Cette longue digression ne sera pas inutile à nos études ultérieures.
Revenons maintenant à la série des plans sur papyrus du Musée de Turin. C’est encore à M. le docteur Lepsius qu’on doit fa publication du troisième document de cet ordre , qui est sans contredit le plus intéressant de tous. Le savant égyptologue allemand en a fait l’objet d’une dissertation présentée à l’Académie des sciences de Berlin en 1867 2 , accompagnée d’un calque soigné du papyrus, avec ses légendes et ses couleurs originales.
Ce papyrus représente le plan horizontal de l’un des hypogées royaux de la vallée des RoisàThèbes; il n’a malheureusement pas échappé aux mutilations qui ne
1 Denkin. III, 24 , d , o.
2 Impriméeà partin-40, 1807 , Berlin, Imprimerie de l’Académie.
182 MKLANGKS ÉGVPT0L0G1QUES.
nous ont laissé intacts qu’un si petit nombre de ces monuments fragiles ; sur la largeur il en manque environ la moitié, que JV1. Lepsius a pu rétablir en symétrisant le tracé. Ainsi restitué , le plan présente la forme reproduite dans notre planche XIII, qui réduit des deux tiers les dimensions de celle de M. Lepsius.
Les portions du plan conservées dans le papyrus sont encadrées d’une lisière du terrain dans lequel les galeries sont creusées , circonscrite par une ligne rouge légèrement ondulée qui suit les saillies du tracé et n’est évidemment pas destinée à montrer ni le relief, ni une limitation quelconque de ce terrain. Le terrain est figuré en couleur jaune-brique et strié de lignes alternatives de points noirs et de points rouges ; on y reconnaîtrait plutôt la configuration de roches granitiques que celles des calcaires de Biban-el-Molouk ; mais on n’y doit voir qu’une indication conventionnelle du terrain sans intention d’en signaler la nature particulière.
La fin de l’excavation est en A , c’est-à-dire a l’extrémité gauche du plan , qui se termine évidemment avec la salle E. C’est conséquemment du côté opposé qu’il faut chercher l’entrée ; mais cette partie du plan a disparu ; nous en serions donc réduits aux conjectures relativement à la disposition des premières salles de l’hypogée , si M. Lepsius n’avait pas reconnu un plan du même tombeau de trois mille ans plus moderne. Ce plan , que je reproduis sur ma planche- avec celui que l’égyptologue allemand a dressé d’après les données du papyrus , a été fait par l’un des savants de la Commission d’Égvpte, M. Costaz , cl publié dans le grand ouvrage
SUR UN l'LAN EGYPTIEN.
de cette Commission On s’aperçoit au premier coupd’œil que dans son tracé l’artiste égyptien n’a pas tenu compte des baies des portes qui correspondent à des rétrécissements des galeries ; sauf cette différence qui s’explique aisément, les deux tracés sont presque semblables ; aussi l’identification proposée par M. Lepsius me paraît incontestable ; elle devrait fournir à la science un puissant moyen de contrôle pour les valeurs attribuées à la coudée égyptienne, puisque les données du plan peuvent encore être vériliées sur place dans le deuxième hypogée de l’ouest , à la vallée des Rois ( Biban-el- Molouk). L’objet de ce travail est d’apprécier les résultats probables d’une telle vérification.
M. Lepsius a fait dans son Mémoire , auquel je renvoie, les comparaisons que rendent possibles les cotes du plan de M. Costaz , et il a trouvé que la coudée dont on s’est servi pour l’échelle du plan égyptien doit être, non pas la coudée royale, mais la petite coudée estimée à Om 445. Cependant les mesures de hauteur supposeraient une coudée plus longue. Mais il est peu vraisemblable qu’on se soit servi de deux coudées différentes pour les cotes d’un même plan. Il suit de là qu’un nouvel examen des lieux et une dismensuration exacte doivent être opérés le plan égyptien à la main.
Pour faciliter cette opération , j’ai voulu étudier avec soin les légendes hiératiques qui donnent les noms et les dimensions de chacun des compartiments de l’hypogée. C’est en hiératique que les architectes marquaient
1 Antiquités lt . pl. 79. lig. 7.
d’abord le nom des salles sur les jambages ou sur les traverses des portes; les sculpteurs les taillaient ensuite en hiéroglyphes
Étant définitivement admise l’identité de l’hypogée mesuré par M. Costaz avec celui que représente le plan égyptien , nous avons d’abord à rappeler ici ce qu’on sait de ce tombeau.
Les renseignements contenus dans le grand ouvrage de la Commission d’Égypte ne consistent que dans les figures données sur la planche 79 du deuxième volume d 'Antiquités. On y trouve une vue de la grande porte d’entrée , le plan par terre (reproduit par moi), une coupe en travers et les détails du sarcophage. M. Costaz n’a pas décrit le tombeau dans son Mémoire sur Bibanel-Molouk \
Champoilion , qui se logea dans ce tombeau lors de son second séjour à Thèbes, nous en parle en ces termes :
« Nous occupons le meilleur logement et le plus « magnifique qu’il soit possible de trouver en Égypte. « C’est le roi Ramsès IV qui nous donne l’hospitalité, « car nous habitons tous son magnifique tombeau , le « second que l’on rencontre à droite en entrant dans la « vallée de Biban-el-Molouk. Cet hypogée, d’une admi- « rable conservation , reçoit assez d’air et assez de • lumière pour que nous y soyons logés à merveille;
1 Champoilion a reproduit dans ses Notices manuscrites , p. 404 et suivantes, quelques-unes des légendes hiératiques restées inscrites dans l’hypogée de Ramsès FF
2 Description générale de Thèbes , section XI , dans Antiquités - Descriptions , tome I.
SUH UN PLAN EGYPTIEN
* nous occupons les trois premières salles , qui forment « une longueur de soixante-cinq pas; les parois, de
* quinze à vingt pieds de hauteur , et les plafonds sont
* tous couverts de sculptures peintes , dont les couleurs
* conservent presque tout leur éclat : c’est une véritable
* habitation de prince, à l’inconvénient près de l’enfi- « lade des pièces >
Dans l’édition abrégée des Notices de Champollion, on trouve l’indication des sujets qui décorent les corridors et les salles ; il suffit à notre but de constater que parois et plafonds étaient décorés de la même manière. Un point qu’il peut être utile de noter, c’est qu’avant la grande porte d’entrée se trouve une avenue d’environ 7 mètres, à ciel ouvert, taillée dans la roche , à parois dressées mais non polies; vers le haut des parois , le terrain avait été retenu au moyen d’un mur de pierres sèches.
Les Notices donnent du tombeau de Ramsès IV la distribution suivante :
Avenue à ciel ouvert ;
Grande porte d’entrée :
Trois corridors ;
Couloir ;
Salle sépulcrale ,
Et pièce du fond , percée de trois cabinets et de deux niches à offrandes.
Cette distribution ne tient pas compte de la salle qui
* Champollion-le-Jeune : Douzième lettre écrite d'Égypte —notices manuscrites , p. 473.
vient après la porte d’entrée , et donne le nom de couloir à une salle de 8 coudées de large faisant suite à un corridor de 6 coudées. On voit qu’il ne faut pas se montrer trop difficile sur la précision , même à l’égard des meilleurs observateurs modernes.
Dans ses dimensions réduites, mon plan n’a pu recevoir les inscriptions de l’original ; je me suis contenté d’en indiquer la place au moyen des letlres de l’alphabet. Je vais les reproduire en hiéroglyphes et les expliquer l’une après l’autre.
Le plan montre cinq compartiments principaux , dont le premier est incomplet ; je les ai notés des mêmes lettres que M. Lepsius : W , X , Y , Z et E.
W contient 4 inscriptions.
En tout 14 inscriptions.
Je vais les traduire et les commenter dans leur ordre ’ :