LA SORTIE ET LA RENTRÉE DANS LE MONDE SOUTERRAIN
On sait que le Livre des Morts ou Todtenbuch , d’après le nom donné à l’exemplaire qu’en a publié M. Lepsius , est un recueil de textes qu’on plaçait souvent dans les tombeaux avec les momies , et qui avait pour but de procurer au mort les avantages d’une vie heureuse dans l’autre monde: ces avantages sont désignés d’une manière générale par le per m hrou , qui est le résumé du livre, puisqu’il en est le titre.
La sortie m hrou se rattache certainement à la résurrection , car l’entête du Todtenbuch porte : Commencement des chapitres pour sortir ni hrou et relever
les élus dans la Kher-neter , et le titre du
chapitre 17 : Textes pour relever les élus , faire entrer et sortir dans la Kher-neter, etc. Le chapitre 31 dit que le défunt sort m hrou et marche sur la terre comme un vivant ( 1. Il et 12); le chapitre 05, qui procurait la sortie m hrou , fait dire je me tiens sur mes jambes (I. 3 ) à l’élu que le chapitre 68, conçu dans le même sens , représente comme maître de son cœur, de sa bouche, de ses bras et de
ses jambes (I. 7), puis comme se levant à sa droite, se plaçant à sa gauche, etréciproquement(\. 8). Au chapitre 08 il sort m hroa et marche sur ses jambes (1.0), expression que répète à peu près le titre du chapitre 92, qui ajoute dans le texte: Mon pas s’arque, mes jambes se lèvent , je fais le grand voyage (1.2). Le chapitre 1 42 est un livre pour perfectionner l’élu , le faire marcher , élargir ses pas', le faire sortir m hrou, etc. On lit de même: Chapitre pour faire que l’élu soit maître de ses jambes dans la Kher-neter . aux anciens Textes du Livre des
Morts ( Lepsius , pl. 43 , 1 ). où h
marcher m hrou ( pl. 34 , ligne 12), varie avec g^ou sortir m hrou ou
m ra (pl. 21 , 15 et 8, 58). La marche symbolisait la vie : Tu ne marches plus , tu es mort , ô intendant Mentouhotep. Lève-toi avec la personne ( ~j[) ; plus
loin , un texte correspondant a ^ , pl. 25 et 20 :
O intendant Mentouhotep, marche et vis!’( anciens Textes, pl. 5, 12 et 13.) L'auteur du traité d’Isis et d’Osiris (02) cite une légende qui se rapportait sans aucun doute à la renaissance du Soleil , le seigneur ressuscité sortant de la nuit (ch. 04, 2), à qui l’on rendait la possession de ses jambes (ch. 145, 79), et d’après laquelle Isis aurait décollé les jambes de Jupiter. C’est bien là ce que le chapitre 74 appelle ouvrir les jambes et sortir de terre (titre).
* Élargir ses pas est un idiotisme de la langue égyptienne qui signiüe marcher librement, hardiment. (F. C.)