‹ Mélanges égyptologiquesChapitre 51 sur 66 · LM PEU M · texte numérisé non relu

LM PEU M

le jour comme Horus ( ch. 136 , 13 et 14) ; il recommençait la vie après la mort aujourd'hui comme chaque jour (ch. 38, 4). L’expression sortir m hrou et vivre après la mort (ch. 2) est évidemment paraphrasée dans l’apostrophe finale du chapitre lit : O Osiris véridique , lève-toi à ta gauche, vivifié, renouvelé, rajeuni, aujourd’hui comme chaque jour! C’est là précisément ce que Plutarque , au trente-deuxième paragraphe de son Traité, dit d’Osiris, qui, d’après les hymnes, naissait à gauche pour mourir à droite, et ce que symbolisait , au chapitre 153 , 9 , la cérémonie faite le jour de la naissance d’Osiris, dans laquelle on représentait l’élu entre deux barques, la sekti, celle de l’occident suivant les sarcophages, à sa droite, et à sa gauche celle de l'orient, la maat , barques dans lesquelles montait aussi Osiris, qui recevait, au chapitre 145 , 7. la sekti avec la maat pour

sortir sur -jj- , ( celle qui est dans l’étendue ) ,

et descendre vers les pylônes. Les cynocéphales assis à l’avant de la barque de Ra disaient au mort : Entre dans Rosta , passe par les portes mystérieuses de P Amen ti , sors et entre à ton gré , comme les Khou , appelé chaque jour du fond de l’horizon (ch. 126, 5 et 6), et l’élu qui comparait ses années à celles de certains personnages infernaux (ch. 147, 9), demandait des années nombreuses, des jours nombreux et des nuits nombreuses , en outre des années, des jours et des nuits de sa vie (ch. 71 , 13 et 14, pour sortir m hrou).

La rentrée de l’élu pendant la nuit, fait qui complétait son identification avec le soleil , n'est pas oubliée

230 MÉLANGES ÉGYPT0L0G1QUE8.

^ j la nuit (ch. 1 49, 17), je ferme les yeux la nuit (ch. 64, 7), et je suis enterré pendant le temps de la nuit dans ce canal du bassin de Maaa (ch. 125, 49). Le défunt, qui élevait la flamme, illuminait la nuit après le jour (cl). 137, titre et 1. 2), et il cherchait son père dans la nuit (ch. 38, 3). Il est à remarquer cependant que cette partie de l’existence extra-terrestre était mentionnée assez rarement, sans doute parce que la nuit offre l’image la plus naturelle du deuil et de la mort. Le soleil, même dans l’hérésie du roi Khounaten, où il était considéré comme le dieu unique, naissait au ciel chaque jour. (Denkmæler. III, pl. 106), et par conséquent mourait chaque soir: c’est pourquoi le Shaï n si nsi n donnait au défunt l’assurance que son àme vivrait au ciel chaque jour (éd. Brugsch , p. 19). On disait I heure fâcheuse delà nuit (ch. 21 , 2), la nuit triste pour les morts et pour Üsiris (ch. 78, 22); on demandait à ne pas marcher par la vallée de r ombre , à ne pas entrer dans le bassin des égorgés, à ne pas être dans la nuit (ch. 130, 6 et 7), et le chapitre 163 , 12 contient une invocation dans ce sens : Viens à l'Osiris véridique , qui est dans ce pays de la Justice ! ne le laisse pas seul! Il est dans le pays où l'on n'y voit plus! Le chapitre 32 , 9 et 10 nous apprend, que, dans l’Amenti, le seigneur de l’affaiblissement ou de la faiblesse était fort chaque jour : aussi le défunt préparait-il la barque, dans la kher-neter . pour sortir de cette région vide (d’Apap , les domos Ditis vacuas et inania régna de Virgile), où les étoiles tombaient renversées (ch. 99 , 4 ) ; elles s’y relevaient ensuite , et reçu -

LK PKK .M IIKOU.

laient en cheminant clans la flamme (le lia qui entoure et dirige la terre ( id . ) , comme faisaient les mânes qui sortaient par derrière (ch. G7 , titre), et qui, suivant le chapitre 144, 31 et 32, quittaient les ténèbres de N faciès à une heure fixée: il est quatre heures, sors m rhou !

Page 1