L’INSCRIPTION DU TOMBEAU D’AMONEMHEB
Pendant sun séjour à Qournah, sur la lin de l’année dernière, M. le docteur Ebers a découvert un puits funéraire très-profond , aboutissant à des salles qu’aucun voyageur n’avait encore explorées.
Sur la paroi d’une de ces salles le savant allemand a recueilli une inscription de quarante-six lignes d’un intérêt exceptionnel , qu’il a publiée avec une traduction interlinéaire dans le Journal égijplologique de Berlin'.
La Notice de M. Ebers montre que son auteur a parfaitement compris l’importance historique du monument qu’un hasard heureux lui a fait connaître. Cependant, écrivant à Thèbes , loin de ses livres et des ressources de la science égyptologique , mon éminent confrère a laissé passer quelques erreurs. Sa Notice n’est d’ailleurs parvenue qu’aux abonnés du journal allemand qui l'a imprimée. Elle mérite à tous égard d’être connue du public français, car l’inscription qu’elle explique est aujourd’hui l’un des titres les plus importants de l’his-
i Année 1873 , p. 1 .
MELANGES KGYPTOLOUIQUES.
toire de Thothmès III , le grand conquérant égyptien de l’Asie; ce sera un grand honneur pour M. Ehers de l’avoir découverte et communiquée sans retard au monde savant.
Le personnage pour qui fut creusé l’hypogée découvert par M. Ebers était un officier de fortune nommé
Amonemheb, qui débutadanslacarrière
militaire comme soldat de l’escorte personnelle du roi Tholbmès III. Sa fonction consistait k suivre à pied le pharaon , à être le compagnon de ses pieds partout oit il lui plaisait d’aller. On sait qu’Ahmès, chef de marins, dont la biographie a été si fructueuse en renseignements historiques remplissait le même office auprès d’Ahmès I.
Amonemheb se distingua par de nombreux actes de bravoure, pour lesquels il reçut différentes récompenses honorifiques et des présents d’objets précieux. Il n’arriva pas toutefois à un haut grade militaire. Il était probablement plus vaillant soldat qu’officier instruit; peut-être aussi manqua-t-il de l’appui que d’autres trouvaient dans leurs parents et dans leurs relations élevées. Notre héros n’appartenait pas à une famille en crédit. Aussi , après la mort de Thothmès III , il était resté simple commandant de la barque royale, aux jours de fête. C’était un poste honorable et de haute confiance , mais nullement un haut emploi. Aménophis II, qui le reconnut dans l’exercice de cette humble fonction, lui donna la charge
1 Voir dans mon Mémoire sur les Pasteurs, p. 18. la traduction de l'inscription qui relate cette biographie. Voir aussi de Bougé : Inscription du tombeau d’Ahmès, chef des nautonniers.
l’inscription du tombeau d’a.monemheb. 281
veiller sur les vaillants du roi.
Maintenant que nous avons fait connaissance avec notre personnage , passons à la traduction de la biographie sommaire qu’il nous a laissée. Je l’ai divisée en paragraphes marqués A à P, pour la clarté des explications historiques et géographiques dont je la ferai suivre. En attendant la publication du texte original et des peintures du tombeau , la reproduction de la copie prise par M. Ebers rendra quelques services. On la trouvera sur les planches XVI et XVII.
i Nous connaissons les aaaaaa ^ i, Sennou , qui sont des offi-
AAAAAA ^ f J I
ciers de cavalerie, et quelquefois même d'infanterie, dont le rang se
militaires; nous les nommerons Atennou pour les distinguer, sans cependant affirmer cette lecture, qui ne repose que sur des variantes de l’initiale dans des groupes tout différents. Il se pourrait qu'on dût lire aussi Sennou. Quoi qu’il en soit, il y avait des Atennou non militaires , par exemple des Atennou des pays étrangers , du trésor, de la maison particulière du pharaon. Le chancelier avait un Atennou. Le grade de premier Atennou était très-élevé ; les fils des rois en
furent quelquefois investis. Le
Atennou grand .
Atennou général, envoyé par Ramsès IV à la colonie industrielle d'Hammamat , commandait à 5,000 hommes de troupes régulières . sans compter les auxiliaires.
Tlt A Dl! CTI O N DE L ’ I NSC R I F TI O N.
(Lig. 4). Je suis la grande confiance’ du chef suprême vie-santé-force, le partage du cœur du roi de la haute Égypte . la bienfaisance du cœur du roi de la basse Égypte.
A. J’ai suivi (lig. 2) mon maître sur ses pas , dans la région du nord et du midi , comme il le voulut. J’étais en compagnon de ses pieds, et (j’étais présent) (lig. 3) lorsqu’il manifestait sa force et sa valeur, le cœur intrépide 2.
B. Je fis des prises dans le pays (lig. 4) de Nekeba : je ramenai trois Amou prisonniers vivants.
Lorsque S. M. arriva en Naharin (lig. 5), j’amenai les hommes que j’avais pris là , et les plaçai devant S. M. comme prisonniers vivants.
G. (lig. 6). Je fis encore des prises dans cette cam-
littéral. : Je suis la grande vérité (du roi,.
Cette expression est analogue à celle de
: Je suis
la justice vraie, la justice et la vérité (du roi). Les titres de ce genre abondent dans les textes. Les favoris personnifient la pensée, les qualités inorales du monarque, comme en d’autres cas ils se disent ses yeux, ses oreilles , ses pieds , etc.
2 Le meilleur exemple de l'emploi de la formule
se trouve dans la phrase
t — ta
Üu 1
cœur fortifié dans la mêlée. (Denkm. III , 186. )
OTUOVT-2HT
l’inscription du tombeau d’amonemheb. 283
pagne au pays du plateau1 d’Ouan , à l’ouest de Khaleb (Alep).
Je ramenai (lig. 7) des Amou prisonniers vivants : Hommes 13 ;
Anes vivants 70;
Bassins de fer 3 13 ;
Bassins ornés d’or...
D. (lig. 8). Je fis de nouveau des prises 4 dans cette campagne . au pays île Kairkamiasha.
Je ramenai (des Amous) (lig. 9) prisonniers vivants.
Je traversai l’eau de Naharin , les tenan! dans ma main 5.
1 II y a seulement: Je fis de nouveau des prises cette campagne. L’élision des prépositions locatives est fréquente en égyptien.
2 , xec, djes. La valeur exacte de ce mot est difficile à
déterminer. En vertu de l'analogie , on doit y voir un plateau élevé, car le même mol sert à nommer les supports sur lesquels étaient posées les statues des dieux. Le copte a conservé xice , altitudo . altum.
o . Le groupe
oo
désigne
oo
ordinairement
une espèce de bronze; ici, il est suivi du déterminatif qui représente un bassin destiné à contenir des liquides. Le vase
men, servait pour le vin, le miel, etc. (Voir mes Études sur l’Antiquité historique, 2e édition, ch. II.)
v Le texte nous donne ici l’équivalence de sens entre les groupes
P>qA , et
Kt|A , saisir, prendre de force -,
en copte kuhoüb , Ktotoc|6 , cogéré.
5 Littéralement: et ils étaient dans ma main
(Lig. 10). Je les plaçai devant mon royal maître.
Alors il me récompensa1 d’une récompense grande, à savoir * : le lion d’or affiné \
E. (lig. 11). Je vis de nouveau les victoires du roi, roi de la haute et de la basse Égypte , Menkheperra (Tholhmès 111), vivificateur . au pays de Senlzar. Il (il (son bon plaisir parmi ) (lig. 12) eux.
Je fis des prises devant S. M.
J’en rapportai une main \
Il me donna l’or des récompenses , à savoir : (lig. 13) deux anneaux (d’or) et d’argent.
F. Et je vis de nouveau ses victoires. J’étais de sa suite à la prise de (lig. 14) Kodesh ; je ne m’écartai pas du lieu où il était.
Je ramenai deux Marinas en (prisonniers vivants)
, le verbe
1 Dans la phrase y
A AAAAAA /I rCA^ I I I 2 3
(ji;aa , récompenser , est déterminé comme le substantif récompense, mais il s’agit bien du verbe. L’attribution des signes du pluriel au radical des verbes n’est pas précisément un fait rare.
, litlér. •. compte de ce qui est ; cette expression cor-
respond à : voici le détail
3 Je remplis la lacune avec les éléments fournis par la ligne 16 de
l'inscription, où l’on trouve Le s‘®ne est
erroné, mais l’erreur peut remonter jusqu’à l’artiste égyptien qui a peint l’inscription.
* La main d’un ennemi tué par lui. Cette phraséologie est trèsconnue.
l’inscription du tombeau d’amonemheb. 285
(lig. 15) devant le roi, seigneur des deux mondes, Thothmès , vivant éternellement.
Il me donna l’or pour la vaillance en présence de tous ’, à savoir : le lion d’or affiné *, deux colliers shébi *, deux casques et quatre anneaux \
G. Je vis mon maître
(lig. 47) en personne, jusqu’aux confins du pays de
(lig. 18) h ; de nouveau , je fus mis à terre. Je me
relevai r'.
H. (lig. 19). Je vis encore sa victoire sur le pays de
Takhis dans ‘
(Lig. 20). J’y fis des prises devant le roi. Je ramenai trois femmes Amou prisonnières vivantes 7.
' n : Cette exPress‘on est équivalente ;
'<7 OOB Y
, il la face du pays entier, de l'inscription d’Ahmès. Elle signifie que la récompense était conférée en public.
2 Voir la note 3, p. 284 ci-devant.
s C30jjf|!^ , sliebi -, ce mot est ici sans déterminatif. On le trouve sur la stèle d'Ahmès Senneb déterminé par le collier Jl^.
O sur la stèle d'Ahmès précitée. Ce sont
des anneaux ou bracelets de bras.
5 Tout ce paragraphe est criblé de lacunes.
6 Les groupes qui terminent cette phrase me paraissent incorrects. ' 11 est assez singulier qu'Amonemheb n'ait pris que des femmes :
il peut y avoir eu confusion entre le signe gr et le signe
Alors mon royal maître me donna (lig. 21) l’or des récompenses , à savoir :
Deux colliers shébi d’or ;
Quatre bracelets ;
Deux casques ;
Le lion
Et un esclave.
1. (lig. 22). Je vis encore une autre fois un acte valeureux accompli par le seigneur des deux mondes dans le pays de Ninive: il prit à la chasse' cent vingt éléphants pour leurs défenses s (lig. 23). Je pris le plus
temps ;
*JtP
r- n les animaux sauvages. Le sens chasser, tuer à
-A , B?c , mot d'assez rare occurrence. Il se rencontre au Papyrus d’Orbiney. Baïta, retiré à la vallée du Cèdre, passait son
la chasse, est évident. L’animal nommé en ég\plien Bahes a la ligure d’un lion: C’est la bête fauve , l’animal des
grandes chasses. BA?c signifie aussi veau, comme le copte BA2C(;. 2 [1 o O
) *== , ba. Le déterminatif £3 est celui des corps durs et
tenaces ; est la défense d’éléphant , et le mot doit signifier au propre défense d’éléphant ou ivoire, quoique l’ivoire soit plus communément nommé ab .^JJ ^ > et non Pas ba
Mais le mot ba, avec ces mêmes déterminatifs, est aussi le nom d’un aliment qu’on voit figurer très-souvent parmi les gâteaux
□a dd o
d’offrandes dans les temples, à côte de Le meme mot
signifie aussi fer, minerai et merveille , curiosité , et sous ces diverses acceptions les déterminatifs restent souvent les mêmes.
Dans notre texte le sens le plus naturel est que les éléphants furent
l’inscription du tombeau d’amonemheb. 287
grand d’entre eux , en l’attaquant devant S. M. Ce fui moi qui lui coupai le pied de devant et il était vivant...
(Lig. 24). J’entrai dans l’eau dans l’endroit où sont les deux pierres.
Alors mon royal maître me récompensa par l’or
(Lig. 25). Il me donna et trois assortiments de
vêtements2.
K. Voilà que le chef de Kodesh fit sortir une cavale de (lig. 26) (la ville); elle entra au milieu des soldats. Je me mis à sa poursuite3 (lig. 27) à pied , avec mon poignard 4 ; je lui ouvris le ventre. Je lui coupai la queue et je la donnai (lig. 28) pour le roi.
Je reçus un honneur divin pour cela '. Cela fit que la
pris à cause de leurs défenses que les Égyptiens recherchaient. La préposition ^ s’emploie pour h cause de. Avec le sens sur. on pourrait
peut-être lire sur leur nourriture , sur le lieu où ils se nourrissent : mais c’est très peu vraisemblable.
1 Littéralement : sa main.
OP
3 Ici il faut lire
ru i
, mashou ; c'est l’arme du ou soldat. Le déterminatif est celui des objets de métal : il
correspond à l’hiératique ,
5 Cette formule n’est pas une simple hyperbole. Elle est connue par d’autres textes. Dans la stèle d’Améni , connue sous le nom de Stèle de la famine, il est question de l’honneur divin rendu par un prince roval à un fonctionnaire bien méritant
MELANGES EGYPTULOGIQUES.
joie remplit mon sein , que l’allégresse s’attacha à mes membres.
L. (29). S. M. fit sortir tous ses vaillants soldats pour rompre la muraille neuve faite par Kodesh. C’est moi (lig. 30) qui la rompis; j’étais le guide de tous les vaillants. Aucun d’eux n’agit avant moi : je sortis et je ramenai deux Marinas (lig. 31) prisonniers vivants.
S. M. me récompensa encore pour (cela. Il me gratifia) de toute espèce (lig. 32) de choses bonnes , le roi étant satisfait que j’eusse fait cette prise.
M. J’ étais Ouaou (de navire).
(Lig. 33). Je dirigeais la manœuvre 1 dans (la barque royale) comme capitaine de mes compagnons ! (lig. 34) pour la navigation (du roi) dans sa bonne panégyrie d’Apet, qui met les hommes en allégresse.
N. (Lig. 35). Alors le roi acheva la durée de sa vie d’années nombreuses et heureuses, victorieux, (glorieux) (lig. 36) et triomphant, depuis l’an I jusqu’à l’an LIV, le dernier jour du mois de phamenoth.
t L’expression
se rencontre au Rituel
(chap. 99, 1 et 100. 3) dans des passages où le défunt agit comme rameur de la barque solaire. signifie disposer, arranger,
organiser, et
le milieu , ce qui est juste ,
convenable , régulier.
2 Littéralement: comme tête de ses compagnons ; il s'agit des compagnons d’Amonembeb et non de ceux du roi. Notre héros était le chef de la chiourme. Le changement de personnes est une élégance de la langue égyptienne.
l’inscription du tombeau d’amonemheb. 289
Ensuite le roi Je la haute et de la basse Égypte (lig. 37) Menkheperra , justifié, s’éleva au ciel et s’unit avec le disque solaire, suivant le dieu, et se répandant pour devenir l’illumination du monde chaque matin (lig. 38), devenu le disque solaire qui éclaire le ciel fécondé.
O. Le roi de la haute et de la basse Égypte Aakheperoura, fils du Soleil, Amenhotep, vivificateur (lig. 39), s’établit sur le trône de son père et occupa le siège royal. Tous ses adversaires, il les pénétra ; tous les misérables (de l’Égypte) et (lig. 40) du désert, il immola leurs chefs, dominant comme Horus , fils d’Jsis , lorsqu’il prit (la royauté de son père Osiris).
(Lig. 41). 11 réduisit les habitants de Kenemm, et tout le pays fut courbé sous ses volontés, lui apportant leurs ' tributs sur leurs dos.
(Lig. 42). Il leur accorda le souffle de la vie.
P. Voilà que le roi m’aperçut le conduisant par eau dans sa barque (lig. 43) appelée Slia-em-soutenma \ Je le (conduisis) de même de mes mains à sa bonne panégyrie de l’Apet méridional. On prescrivit (lig. 44) à un officier de me faire monter dans l’intérieur du palais. On me fit tenir devant le roi Aakheperoura (lig. 45). C’était imposant.
Je titubai sur-le-champ devant S. M. Il me dit: Je i Je conserve ici le pluriel égyptien.
î Ce nom signifie : le co-nronné dans la bari royale. Peut-être faut-il lire: dans la barque de .Va, le signe hiéroglyphique laissant prise à quelque doute.
MELANGES KGYPTOLOGIQUES.
sais qui tu es. On m’a parlé (de tout ce que tu as fait (lig. 46) au) service de mon père. Je t’investis d’une dignité. Sois capitaine [atennou ) d’infanterie; et, cela dit , tu veilleras sur les Vaillants du roi.
Le capitaine ( atennou ) Mah fit exécuter toutes ses paroles.
Tel est ce magnifique texte qn’un certain nombre de lacunes ont laissé incomplet sur plusieurs points. Il est peint sur une muraille recouverte d’enduit ; dans certains endroits, des images chrétiennes)' ont été superposées et des chauves-souris y ont attaché leur nid. C’est à ces causes que M. Ébers attribue les lacunes de l’inscription. On voit que l’hypogée avait été ouvert dans le passé; peut-être avait-il servi à l’exercice du culte chrétien aux temps de persécution. A l’époque moderne, il était le refuge des conscrits réfractaires au recrutement. C’est probablement pour ce motif que les Arabes en ont si longtemps dissimulé l’existence aux voyageurs.
Nous allons maintenant commenter successivement les divers paragraphes du texte.
(A). Je suivis mon maître sur ses pas dans les régions du nord et du midi
Les monuments nous montrent que Thothmès III recevait des tributs du midi, et en particulier du pays de Coush , de Poun , c’est-à-dire de l’Arabie ; de Ruten et de Kéfa, c’est-à-dire de l’Assyrie et de la Phénicie, représentant les nations du nord. Celles des côtes de la Méditerranée et des îles de cette mer fournirent aussi des produits à l’Egypte sous le règne de ce pharaon.
l’inscription du tombeau d’amonemheb. 291
AmonemtieL) dit qu’il a suivi les pas du roi au nord et au midi , mais il ne mentionne aucune expédition dirigée vers le sud. Il a vraisemblablement passé sous silence les campagnes qui ne lui valurent aucune distinction.
(B) . Je fis des prises dans le pays de Nekeba
iikb , Nekeb on Nekeba. Dans la grande liste des conquêtes de Thothmès III ligure un peuple nommé J ^ (J^1 , wkbot , Nekebou. C’est le cinquante-sixième des peuples septentrionaux. Le même nom est trois fois répété 2 dans le tableau des conquêtes de Sesonkhis I en Palestine, sous la forme^^^Jj^, penekebou , qui représente l’hébreu 2JD, neÿeb , midi, précédé de l’article égyptien Suivant les conjectures de M. de Rougé et de M. Brugsch, le neçfeb des Égyptiens désignerait , comme le D33 hébreu , la région du midi de la Palestine; mais il y a une objection contre cette identification. Notre héros fit à Nekeba trois prisonniers qui étaient de la race des Amou, c’est-à-dire des Sémites, mais il ne les présenta à Thothmès III qu’en Naharin. Il aurait fallu dès-lors qu’il les amenât de bien loin pour cette présentation. Toutefois ce n’est pas absolument impossible.
(C) . Je fs encore des prises dans cette campagne au
pays du plateau d’Ouan
— O-X- ' ^ \> I Z2 AA/WVA
< Düiiiichen : Hist. Inscr. II, pl. 37, n° 56.
1 I.epsius : Denkm. III, 252, nos 84, 90 et 92.
MÉLANGES ÉGYPTOLOGIQUKS.
Le pays du plateau de l’arbre Ouan était situé à l’ouest d’Alep. C’est tout ce que nous en saurons jamais de bien certain. D après les déterminatifs on voit que owawdésigne un arbre à bois dur. Je ne connais pas d'autre exemple
de la forme °, ouan; mais, si on peut l’assimiler à