L'ŒUVRE LITTÉRAIRE D’EMILE LE SENNE. I
sans doute redire à l’auteur qui nest plus, le quatrain même de sa préface :
Je voudrais que ces vers gardent le souvenir De ta mansuétude et de ta bienfaisance,
Et que ce chant d’amour et de reconnaissance Monte vers toi pour te chanter, pour te bénir!
N’avait-il point prévu les pleurs que nous verserions sur une
tombe prématurément ouverte, celui qui s’écriait dans le même recueil,:
Larmes pleines d’amour, larmes silencieuses O larmes qui tombez, pures et précieuses, Pour ceux que nous aimons...
Aïnsi qu'une rosée emplissant nos paupières Montez du lac mystérieux qui dort en nous, Car votre épanchément est ineffable et doux ; Vous êtes à la fois des pleurs et des prières!
Oui, mon cher et vaillant ami, votre tombe ne sera pas de
LH ces tombes abandonnées Où des bouquets de fleurs fanées Meurent dans l’ombre, lentement: !
Souvent, nous songerons à votre noble sacrifice, et à la généreuse amitié dont vous saviez réconforter ceux qui vous entouralent, murmurant ces deux vers d’une de vos poésies :
Hier en évoquant le passé, j'ai pleuré, Mais ce sont là des pleurs qu'il est doux de répandre ?.
Recueil prophétique, où, à côté des strophes les plus sentimentales, on trouve des avertissements presque tragiques, témoins ces vers sur Les Guerriers :
Jeunes filles, tremblez d’effroi quand ils viendront! Ne les acclamez pas et détournez la tête,
Quand l’épée à la main et l’impudence au front Ils passeront vainqueurs, déchaïnant la tempête.