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Pendant les fouilles que les travaux de construction de la chapelle nécessitèrent, il s'était passé un fait qui jusqu'alors n’a pas été publié :
L'architecte Fontaine fut chargé tout d’abord de faire enlever les ossements, en déblayant les terres du cimetière. Il y procéda dès 1815. On transporta la plupart des ossements dans les Catacombes. L'établissement des fondations du monument proprement dit dura à peu près deux années.
Lorsqu'en 1818, il s’agit d'achever les fondations de l’enceinte de la chapelle, il y eut de nouvelles fouilles. Des rumeurs se répandirent ‘alors dans le public, à propos de ces fouilles : on disait que l’entrepreneur chargé de l'opération ne respectait pas les corps qui
étaient restés, prétendait-on, dans cette partie du cimetière, et que les terrassiers enlevaient à la fois, dans les tombereaux, les ossements et les terres, pour aller les jeter pêle-mêle à la décharge publique.
Ces propos malveillants vinrent jusqu'aux oreilles du roi qui chargea le duc de Doudeauville ‘ de faire une enquête. Naturellement le duc s’adressa à l’architecte, lui demandant où en était l’état des travaux, et de le renseigner sur ce qui se passait pour les nouvelles fouilles. Fontaine lui répondit le 13 avril 1818 par cette lettre, dont nous respectons l'orthographe : |
Monsieur le Duc,
Le monument expiatoire que le Roy fait élever sur l’emplacement du cimetière de la Madeleine, est fondé depuis plus d’un an. Les bâtisses sont maintenant à plusieurs pieds au-dessus du sol, et l’on s'occupe d’achever les fondations de l’enceinte en dehors des limites du cimetière du côté du midi. Les terres provenant de ce sol qui n’est pas, comme on peut le voir, celui du cimetière, ont été envoyées pendant la semaine dernière à la décharge publique des Invalides. Ce sont les premières de ce travail qui ne pouvant être employées dans les remblays ont été portées au dehors.
Jusqu'ici touts les débris et même toutes les terres de cimetière ont été touchées et déplacées avec les précautions les plus religieuses, les ossements que l’on y a trouvés ont été recueillis avec respect dans quatre caveaux où nous les avons. renfermés sous les yeux du ministre de la maison du Roy et de l’intendant des bâtiments.
Je ne puis concevoir coment (sic), en fouillant au dehors du cimetière, on aurait pu jeter dans les tombreaux qui sont allés à la décharge, des ossements qui ne se peuvent trouver que dans le cimetière même et que jusqu'ici on a si religieusement respecté. La chose est trop importante pour que sans délai je ne m’empresse de vérifier les faits, et que je cherche à reconnaître ce qui, de l’un ou de l’autre côté, aurait donné motif à la faute dont vous avez eu la bonté de m’avertir, et que je ne prévienne à cet égard tout ce qui pourrait y donner suite.
Permettez-moi, Monsieur le Duc, de vous remercier de l'obligeance avec laquelle vous avez bien voulu m'informer d’un fait que j'ignorais et qu'aucune excuse ne saurait faire pardonner, d’un fait sur lequel on aurait trompé ma volonté et ma surveillance.
Daignez agréer l'hommage de mon respect et de ma reconnaissance.
J’ai l'honneur d’être de votre excellence, Monsieur le Duc, le très humble serviteur.