UNE LETTRE DE L’ARCHITECTE FONTAINE
des terrains du cimetière qui, par des fouilles et des excavations, ne craignaient pas d’empoisonner l'atmosphère. »
Il y eut des plaintes à ce sujet auprès de l’administration municipale. À la suite de ces plaintes, on se décida à fermer définitivement le cimetière, et les corps furent évacués, en partie, sur le cimetière de Mousseaux.
Les choses restèrent en l'état jusqu'au retour en France des Bourbons. Aussitôt que Louis XVIII eut pris possession du trône, il s’occupa de faire exhumer les restes de Louis XVIet de Marie-Antoinette qui, enlevés du cimetière de la Madeleine, furent portés en grande cérémonie, à la basilique de Saint-Denis, le 19 janvier 1815.
Ce même jour, Louis XVIII signa une ordonnance décidant qu'un monument funéraire serait élevé à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette, sur l'emplacement même de leurs tombes. Il se mit donc en mesure d'acquérir les terrains ayant formé cet ancien cimetière. Ces terrains acquis par le roi lui revinrent en moyenne à cent francs le mètre, prix très élevé pour l’époque.
Le jour même de la translation à Saint-Denis, à l’endroit où les corps du roi et de la reine avaient reposé pendant vingt-deux ans, fut posée la première pierre du monument funéraire, dont la construction fut confiée à l'architecte Fontaine. |
M. Eugène Le Senne fait remarquer, d'après les notices sur la chapelle expiatoire des abbés Savornin et Falcoz, que le travail exécuté avec les fonds de la cassette particulière de Louis XVIII, dura cinq années et coùta près de trois millions.