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UNE LETTRE DE L'ARCHITECTE FONTAINE

En définitive la profanation dont on parlait alors n'existait que dans l'imagination du public.

Pendant toutes les fouilles, les ossements durent être recueillis avec soin. Les auteurs de notices sur le cimetière et la chapelle indiquent la translation dans des lieux différents de ces débris humains : « Tous les ossements furent portésaux Catacombes », dit M. Coqueret-Bonvalet'. « On renferma dans la crypte les ossements mis à Jour pendant les fouilles », disent d’autres auteurs. Voilà vraisemblablement ce qui eut lieu : Des exhumations avant 1815, suivant la description de M. Desclozeaux, avec transport des corps dans le cimetière de Mousseaux (plaine de Monceaux). Après la désaffectation complète du cimetière de la Madeleine, en 1815, les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette sont reconnus et portés à Saint-Denis; puis, les fouilles sont entreprises de 1815 à 1818, dans tout le cimetière pour construire la chapelle, la plupart des ossements furent transportés aux Catacombes. Ce n'est qu'à la fin de ces fouilles, après avoir construit des caveaux pour les recevoir, qu'on y plaça les ossements mis à jour en deruier lieu. Caveaux qui sont actuellement dans la crypte sous la chapelle.

Comme on n'a pu reconnaître les cadavres, 1l est possible que, dans les caveaux de cette chapelle dédiée à Louis XVI, les mânes de Danton, d'Hébert et d’autres révolutionnaires voisinent avec ceux de leurs victimes, les royalistes guillotinés.

Diverses notices sur la chapelle expiatoire ont été publiées. La Société historique du VIII° arrondissement n'a pas manqué l’occasion, dès son début, de reproduire un très intéressant article de M. Jacques de Boisjoslin?. C’estune étude du monument faite surtout au point de vue architectonique, et qui a pour but, d'après l’auteur, « d'expliquer la valeur d’histoire.et d’art d'un monument peu regardé de la plupart des Parisiens, apprécié cependant des connaisseurs ».

compagnant, à M. Robert, receveur des finances, pour qu'il la communique à l’entrepreneur, auquel il s’intéressait, et que ces propos malveillants inquiétaient.

Cette lettre, restée dans la famille de M. Robert, nous a été confiée obligeamment par M. Bourdon, ancien receveur des finances, petit-fils de M. Rossigneux qui avait succédé à son beau-père, M. Robert, dans la recette des finances.

1. Le Tombeau de Louis XVI, in-4° avec lithographie (époque de Louis XVIII).

a. Bulletin de la Société historique et archéologique du VIII arrondissement, t. Le", année 1890,

« La chapelle expiatoire, dit-il plus loin, ramène aux derniers deuils de l'ancienne France, et les raconte dans lestyle architectural de la Révolution. Ge contraste des douleurs chrétiennes et de l’art païen qui les exprime est une preuve, entre tant d'autres, de la continuité ininterrompue des formes. Abstraction faite de cette antithèse involontaire, à peine soupçonnée alors, et que le goût du temps commandait, le monument est pleinement conçu et réalisé dans sa profonde unité. Toutes ses intentions éclatent dans sa physionomie. Par tous ses abords, c'est une nécropole ; par tous ses aspects, c'est un temple funèbre... »

L'auteur passe à l'examen des détails du monument, en admire les dispositions, la belle ordonnance des lignes, des sculptures, des ornements divers, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, en concluant que « tout est d'accord ici, l’histoire et les allégories, la religion et les arts ». Il louange grandement Fontaine qui sut, par son art, se prêter aux circonstances : ayant fait l'Arc de triomphe du Carrousel pour l’Empire, et cette chapelle pour la Restauration,

Depuis la Révolution de 1830, le monument de la chapelle expiatoire et ses dépendances sont devenus propriété de l’État.

Jusqu'en 1862, ce monument resta dans un cadre tout autre que celui d'aujourd'hui. « Üne allée droite Y menait de la rue de l’Arcade, allées d'arbres funèbres, 1fs, cyprès, sycomores à travers un petit jardin français planté aussi de faibles cyprès. Ceux qui le découvraient soudain, par la rue d'Anjou, étaient frappés de son aspect sauvage. Des treillages l’entouraient, de bois grêle croisé en losange. »

En vertu d'un décret du 16 Juillet 1862, le percement du boulevard Beaujon (maintenant boulevard Haussmann) fut décidé.et, à cet effet, diverses parcelles d'immeubles, des maisons basses qui bordaient le jardin, au nord, furent expropriées. La ville de Paris fit ainsi l'acquisition de 2 104 m. 80 c. de sol qui vinrent s'ajouter aux 1957 m. 97, que possédait l'État. Le jardin fut ainsi plus que doublé et devint un square de 4062 m. 77, genre anglais, planté d'arbres quelconques, qui ouvre par des grilles sur un bruyant boulevard. En 1871, ies membres de la Commune décrétérent la démolition du monument. Une affiche, que M. Eugène Le Senne a faitreproduire dans le. Bulletin de la Société historique du VIIF arrondissement, stipule :

Le Comité de Salut Public... considérant que l’immeuble connu sous le nom de chapelle expiatoire de Louis XVI est une insulte permanente à la première Révo-

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ed metier de la Madeleine,

oufürent déposés Pendant la révolution les restes mortels du Ror et de da Reine.

(Collection Hartmann.)

MÉLANGES ÉMILE LE SENNE. Planche 41.

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