Arsène Houssaye, Confessions, T. III
3. Contrat de mariage de Beaujon, cité par Gust. Labat ; Recueil des actes de l'Académie nationale des Sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, 1906. |
où il épousa en 1753 la fille de Louis Bontemps, ancien premier valet de chambre ordinaire du Roi, gouverneur du Palais des Thuilleries, et capitaine des chasses de la Varenne, alors décédé’. Beaujon possédait à cette époque un hôtel à Bordeaux, rue du Parlement, valant 60.000 livres, un bien de campagne dans la paroisse de Talence estimé au contrat à la même valeur, des meubles, des tiers intérêts sur quelques navires, et diverses créances dont le total formait une somme de 490.000 livres”.
Louise-Elisabeth Bontemps le laissa veuf de bonne heure, en 1769, tout à ses plaisirs, et nous avons rencontré notre homme à l’hôtel d'Évreux en compagnie de parasites du beau sexe”. À côté de cet hôtel fastueux, Nicolas Beaujon, comme tous les grands seigneurs de l’époque, voulut avoir sa Folie. Il acheta d'immenses terrains, au lieu dit la Pépinière du Roi, jusqu'au promenoir de Chaillot et à la barrière de l'Étoile, et fit construire par Girardin sa célèbre Chartreuse*. Si l'on consulte le plan de Maire, on verra que les jardins Beaujon s’étendaient jusqu’à l'Étoile. La Chartreuse commençait au faubourg du Roule. presqu'en face l'hôpital Beaujon, à l'endroit où se trouve la rotonde, à l'angle des rues Balzac et Berryer. La Chartreuse de Beaujon était une sorte de maison de campagne, avec ménagerie, laiterie et chapelle5. Le principal corps de logis avait l'aspect d’un grand pavillon séparé des autres corps de bâtiments. On remarquait à l’intérieur un salon de plan octogonal. Ce salon très décoré renfermait quelques tableaux précieux, dont le catalogue, publié après la mort de Beaujon, contient quelques descriptions°. « Le plafond était de M' Bocquet, décorateur des Menus Plaisirs. De cette pièce on passait dans la chambre à coucher, meublée d'une magnifique étoffe jaune. De petits amours peints dans le milieu du plafond, qui était en voussure, paraissaient enlever dans les airs les extrémités de cette étoffe... Un escalier à vis con-
1. Recueil de l'Acad. des Sciences de Bordeaux, et D’ Fournel, L’'Hôpital Beaujon. Dentu 1884. 2. Gust. Labat, op. cit.