‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 106 sur 186 · LA CHARTREUSE — LES PROMENADES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

LA CHARTREUSE — LES PROMENADES AÉRIENNES

Nicolas Beaujon, suivant le mot de Monselet, naquit « dans les vignes bordelaises » en 1718. C'était, toujours au dire de celui-ci, une des figures les plus fastueuses que l’on heurte à chaque pas dans le xvru° siècle, au milieu des peintres, des grands seigneurs, des comédiennes, des mathématiciens et même des poètes, — un de ces satrapes bourgeois à qui il sera un peu pardonné parce qu'ils ont jeté par leurs fenêtres l'argent entré chez eux par la porte. De toutes les têtes à perruque de ce temps-là, celle de Beaujon était, après tout, une des mieux organisées *.

Madame Vigée Le Brun ajoute qu'il était « très petit et très gros, sans aucune physionomie ». Il était l'aîné des fils de Jean Beaujon, commerçant enrichi, et de dame Thérèse Delmestre”. [l exerça d’abord à Bordeaux la charge de directeur du Commerce; mais ayant, en 1748, à l’époque d’une disette, spéculé sur les blés, 1l dut s'enfuir à Paris

1. Ges notes, qui n’ont pas la prétention d’être complètes, font suite aux différents chapitres que nous avons publiés sur Beaujon, dans le Bulletin de la Société : Balzac au VIIIe arrt., Le Palais de la Présidence, et La Galerie de M. Beaujon. — Emile Le Senne avait souvent encouragé ces études sur le célèbre financier. C'est pourquoi nous avons voulu dédier ces lignes à sa chère mémoire en témoignage de notre fraternelle affection.

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