‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 130 sur 186 · LE JARDIN DE L'EUROPE ET LA RUE DE STOCKHOLM · texte numérisé non relu

LE JARDIN DE L'EUROPE ET LA RUE DE STOCKHOLM

(Collection Mareuse.)

Planche

on avait ouvert, entre cette rue et la rue Lavoisier, une nouvelle voie à laquelle on avait donné le nom de rue de Rumfort. Voici ce que dit le Moniteur à ce sujet :

« Lorsque la Ville de Paris accepta l'obligation de terminer à ses frais les abords de la Madeleine, dont la formation était auparavant une charge de l'État, il fut stipulé, dans les conditions du traité fait à cette occasion, que le boulevard projeté, sous le nom de boulevard Malesherbes, s’arrêterait à la rue de la Madeleine au delà de laquelle on ne pourrait la prolonger sans d'énormes dépenses.

« L’ordonnance royale, en date du 2 Juin 1824, qui a définitivement arrêté les alignements des abords de l’église de la Madeleine, a consacré cette disposition.

« Cependant, un propriétaire ayant demandé à ouvrir une rue nouvelle sur des terrains de la rue de la Pépinière qui, dans l’origine, et suivant l’ancien projet, étaient destinés à être traversés par le boulevard, prolongé jusqu’à la barrière de Monceau, l’administration, sans revenir sur ses premières résolutions, a désiré que cette rue eût quinze mètres de largeur, et que l’un de ses côtés fût dans la direction du boulevard. Cette disposition, qui a été exécutée, réserve ainsi la possibilité de continuer par une belle rue qui suffirait à tous les besoins d'assainissement et de circulation, la grande communication du boulevard Malesherbes'. »

En remontant la rue du Rocher, on trouvait la rue de la Bienfaisance conduisant à l’abattoir du Roule, qui était mieux habitée que sa voisine depuis que M. Goetz, de Colmar, célèbre médecin, y avait fait construire plusieurs maisons ; et qui en raison de sa bienfaisance, avait fait changer le nom de la rue. Entre la rue des Grésillons et la rue de la Bienfaisance, on a pu voir jusqu'en 1872, dans la rue de Miromesnil non nivelée, un débris de ce quartier, où des maisons sordides, laissant un dernier témoignage de ce qu'il était autrefois, montraient la difficulté qu'il avait à disparaître ; il est fâcheux qu'on ait négligé d'en prendre des photographies qui auraient conservé tout au moins le souvenir de cette Petite Pologne dont nos contemporains, en voyant les immeubles à six étages qui la remplacent, ne peuvent se faire une idée. Au delà, c'étaient les champs.

Le centre du quartier se trouvait à la place de Laborde, où un

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