‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 129 sur 186 · Id, ibid · texte numérisé non relu

Id, ibid

3. Paris Nouveau illustré, aux bureaux de l'Illustration, s. d. p, 223.

196 E. MAREUSE.

Plaçons-nous par la pensée au carrefour formé aujourd'hui par les rues de Rome, de la Pépinière, Saint-Lazare, du Rocher, de l’Arcade et Pasquier. En 1830, quatre voies seulement se croisaient à cet endroit : la rue de la Pépinière, bordée d'hôtels avec jardins, la rue Saint-Lazare qui s'était bâtie peu à peu depuis le commencement du siècle, et les rues de l’Arcade et du Rocher, qui n'étaient autres que l’ancien chemin d'Argenteuil, véritable voie de faubourg se dirigeant vers la banlieue. La rue de l’Arcade avait peu à peu éliminé les verrues qui la déshonoraient, c’est ainsi que s’élevèrent successivement de beaux hôtels sur cette voie conduisant à la Madeleine que l’on allait inaugurer; mais lorsqu'on avait franchi le carrefour, la rue du Rocher, qui s'élevait par une pente abrupte dans la direction de la barrière, avait conservé son caractère de voie de faubourg. A l'entrée de la rue s’ouvrait l'impasse d'Argenteuil, débris d'un ancien chemin que les voitures de charge prenaient naguère pour éviter la pente trop dure de la rue. Dans cette impasse se trouvait une ferme qui n’a disparu qu'avec l'impasse en 1865. En montant la rue du Rocher, on trouvait à gauche la rue des Grésillons, dans laquelle était naguère une voirie, sur l'emplacement de laquelle fut créée vers 1816 la place de Laborde. Mais il ne faut pas croire que la place ait été pour cela nivelée, car, en 1860, le petit carrefour établi à l'angle de la rue Malesherbes (rue du Général-Foy) et de la place, subissait encore toutes les sinuosités du sol naturel. Là s'élevait un célèbre cabaret : À bon 20 pas d’enseigne. Un petit escalier permettait de rejoindre la partie basse de la place et la cour Saint-Louis, passage qui aboutissait rue de la Pépinière. La petite rue de la Voirie, qui faisait communiquer les rues de Laborde et de la Bienfaisance, devait être supprimée en vertu d'un arrêté du Président du Conseil des Ministres en date du 30 octobre 1848, mais cette suppression ne pourrait avoir lieu « qu'autant que le sieur Mignon ou la ville de Paris auraient préalablement traité avec les propriétaires riverains de cette voie publique pour la reconstruction et l’avancement de leurs bâtiments à l'alignement de la rue de Malesherbes prolongée ! ».

La rue Malesherhes avait été diminuée de largeur (15 mètres au lieu de 34), et devait aller provisoirement de la rue de Laborde à la barrière de Monceau; d'autre part, sur la rue de la Pépinière,

1. Voir Ville de Paris, Recueil des Lettres patentes, etce., page 241.

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Louis Pia 95%

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