MORTS AU CHAMP D'HONNEUR
Nos anciennes confréries de métiers nous semblent parfois plus soucieuses encore de resserrer les liens moraux qui unissaient leurs associés que de défendre jalousement leur travail, et de veiller sur leurs intérêts et leurs privilèges. Dans les temps de grandes calamités publiques, tout en secourant d’une main libérale des détresses trop réelles, elles n'auraient pas manqué de demander à des fondations pieuses et à des œuvres d'art de commémorer les dévouements exemplaires, les sacrifices sublimes consentis par les plus braves d'entre leurs maîtres et leurs compagnons. Il y a là une tradition qu'on pouvait faire revivre; plusieurs corporations s'y essaient, mais la priorité revient à la Société des gens de Lettres, grâce à l’initiative de M. Maurice Barrès.
Dans les premiers jours de l’année 1915, le Comité de Îa Société des gens de lettres, procédant à l'attribution de ses prix annuels, se proposa d’honorer plus particulièrement des écrivains qui joignissent à un talent illustre un patriotisme plus agissant; et