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LA PLACE PEREIRE EN

Parler de joie à une époque où la douleur est dans le monde, au moment où le canon de Verdun ébranle les âmes les mieux trempées, pourrait sembler de l'indifférence coupable, voire de l’inconscience, s’il ne s'agissait de rendre un pieux hommage à notre charmant Émile Le Senne, dont le souvenir planera toujours sur les Socétés historiques de Paris.

N'est-ce pas honorer, comme :l convient, sa douce mémoire, que de trouver — surtout au milieu de cette Barbarie — assez de calme, pour ne pas interrompre nos travaux de l'esprit, qui furent le bonheur et l'idéal de sa vie” |

Allons, ma plume, n'écoute pas le tremblement de mon cœur, continue à tracer, bien droit, sur la blancheur de ta tâche quoti-

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dienne, ton sillon noir, pour y semer l'énergie et l'espoir ; comme là-bas, sur la Meuse, — hier sur l’Yser, — dans la terre de France, les frères de misère et de gloire d'Émile Le Senne achèvent de creuser leur sillon rouge, où germe la Victoire !

La recherche des images, des vues inconnues du Vieux-Paris, c'est-à-dire des représentations figurées d’édifices ou de lieux parisiens, modifiés ou disparus, fait éprouver à l'iconographe trois sortes de joies, qui varient d'intensité selon l'importance qu'il attache à sa trouvaille.

La vue lui est-elle déjà connue; mais est-elle, cette fois, prise sous un aspect nouveau pour lui, à une autre époque de l'Histoire? Sa joie est discrète, souriante; 1l la savoure dans la tranquillité de ses collections ou des bibliothèques dont il feuillette les cartons : il compare les mêmes vues entre elles, note leurs différences, puis fixe ses préférences.

Cette vue lui donne-t-elle, au contraire, une représentation qu'il n’a jamais rencontrée jusque-là? Alors, son émotion n'a d'égale que sa convoilise ; sombre, soucieux tant qu'il n’est pas arrivé à la posséder, sa joie devient ensuite bruyante, communicative, et dure le temps de la faire partager, un peu triomphalement, à son entourage.

Mais c’est surtout vers la vue délaissée, parce qu'elle n’a jamais livré à personne le secret de sa personnalité, que l'iconographe se sent attiré d’instinct. Il la contemple longuement. « Où donc ai-je vu quelque chose comme ça? » Et le voilà plongé dans ses réflexions.

Il rassemble ses souvenirs, cherche dans ses documents, fouille partout, et ne trouve rien! [l perd confiance. doute, s'impatiente. Et pourtant, l’obsession continue... |

Puis un jour, subitement, il pousse un cri de victoire! « J'y suis! » Et tout s’éclaire : il a trouvé.

Celui qui n'a pas vécu ces heures inoubliables qui accompagnent la recherche et la découverte, dans le passé, de la clef du mystère, ne connaît pas le bonheur parfait... de l'iconographe!

S'il s’agit d’une peinture, d’un dessin ou même d’une estampe, c'està-dire d’un document plus où moins interprété par l'artiste, et que, pour cette raison, J'appellerai « la vieille source historique et topographique », — par opposition à «la nouvelle source », précise, impartiale : « Ja photographie », —1l est toujours possible d'arriver à

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