Courrier des spectacles, 25 messidor an IX
3. Sauf à l’'Ambigu qui répétait la pantomime que ses artistes devaient jouer le lendemain sur le grand théâtre du Carré Marigny. (Courrier des spectacles, 2h messidor an IX).
par un grand rocher ouvert!. Au-dessus de ce rocher sera placée une statue de la Renommée célébrant les victoires des armées républicaines ; cette figure aura trente pieds de haut. C’est une copie de celle de l'artiste Dejoux, qui devait être placée sur le dôme du Panthéon. Sur les deux pavillons en avant de la barrière, jusqu’à l'emplacement de l’ancienne grille de Chaillot, préparatifs pour le feu d’artifice.
Dans la petite place de l'Étoile, au centre des Champs-Élysées, préparatifs pour l’ascension des aérostats.
Au milieu du grand Carré, Temple formé par une colonnade et décoré de guirlandes. Autour du grand Carré, des trophées d'armes à la gloire des armées?.
Plus loin et près des arbres, un grand nombre de boutiques alignées pour les marchands qui voudront y étaler des marchandises de toute espèce.
Dans l’ancien Cours-la-Reine, des mâts de cocagne et des jeux de bagues.
Au Carré Marigny, trois grands théâtres pour les spectacles forains, et, de plus, des tréteaux pour les escamoteurs, danseurs de corde, voltigeurs, etc.
Au bout du même Carré, salle de valse allemande de 100 pieds de diamètre.
Cirque pour les chevaux de Franconi.
Dans le Carré de la laiterie, salle ronde de valse, couverte et décorée avec élégance, de 60 pieds de diamètreÿ.
Dans l’espace en avant des murs de l'Élysée, théâtre en plein air, grandes guinguettes.
À 9 heures la fête commencera, les cocagnes seront garnis, et il sera permis à quiconque de se présenter pour concourir.
Entre 10 et 11 heures commenceront les jeux du Carré Marigny, les courses de bague ouvriront.
À midi, quelques-uns des petits théâtres donneront une première représentation. Les danses suivront. Des instruments, appartenant aux usages des diverses contrées, joueront des airs de ces différents pays.
À 5 heures, quatre aérostats et quatre aéronautes partiront ensemble du milieu de la petite Étoile. Leur ascension sera annoncée par le bruit des trompettes.
À 6 heures, continuation des jeux et des représentations théâtrales.
À 8 heures, illuminations générales. Les soubassements de la colonne nationale et, s’il est possible, le fût même, seront illuminés#, ainsi que la place de la Concorde et les Champs-Élysées. Pendant qu’on illuminera, représentation d’une grande pantomime aux lumières.
À 9 heures, concert par le Conservatoire de musique dans la salle élevée dans le grand Carré.
À 10 heures, feu d’artifice dans la partie la plus élevée de l’avenue et sur les
1. Ce grand rocher ouvert formait voûte et c’est ce qui nous fait supposer que Bonaparte y puisa l’idée du futur Arc de Triomphe.
2. Ce qu’on appelait le grand Carré est aujourd’hui occupé par le Grand et le Petit-Palais. L'édifice élevé sur cet emplacement était un Temple de la Paix, C’est dans ce temple qu’eut lieu le concert donné par les musiciens du Conservatoire. M. Aulard fait erreur quand il laisse entendre que le concert se fit dans l’église Saint-Thomas-d'Aquin, dénommée aussi pendant la Révolution, Temple de la Paix, (Aurarp. Paris sous le Consulat, IT, p. 4o4, 545.)
3. Carré où sont actuellement les concerts de l'Alcazar et des Ambassadeurs, ainsi appelé parce qu’il y avait une laiterie. C’était le plus ancien établissement des Champs-Élysées.
h. En 1800, un arrêté des Consuls avait ordonné que des colonnes triomphales seraient élevées aux armées françaises dans tous les départements, et qu’une colonne nationale se dresserait à Paris sur la place de la Révolution. Un modèle fut élevé le 12 février 1801, après un concours où triompha l’architecte Moreau. C’est de ce monument provisoire dont il est question,
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deux pavillons. Le rocher et la statue de la Renommée seront éclairés par des procédés nouveaux. Le feu d’artifice sera terminé par une girande qui représentera une éruption de volcan. Du milieu s’élèvera un ballon qui transportera un feu d'artifice. Ce feu fera explosion sur la tête des spectateurs. Pendant le feu, la salle de concert dans le grand Carré aura été évacuée pour un bal. Le bal et les danses dans les Champs-Elysées se prolongeront dans la nuit.
Le Ministre : CHaprTaz!.
Le 25 messidor, le temps jusqu'alors incertain se dégagea, et le soleil fut de la fête. Dès neuf heures, la foule envahit les Champs- Élysées, mais les jeux annoncés ne commencèrent qu'à midi, laissant le public inoccupé. Cependant la matinée ne fut pas perdue pour cela, le peuple jovial et bon enfant déambulait joyeux le long de l'avenue. Des familles s’installaient pour un repas champêtre, des groupes se formaient, tout le monde montrait la gaieté la plus franche en attendant les réjouissances promises. Enfin, à midi, les jeux, les spectacles, les concours, attirèrent les promeneurs de tous côtés à la fois.
Les trois grands théâtres du Carré Marigny n'étaient en somme que des scènes en plein air, n'ayant qu’un seul décor, sans salle, n1 sièges, de façon que le public pouvait indifféremment se transporter de l’un à l’autre, et même assister sans bouger à plusieurs représentations à la fois (voir la pl. 38). Partout les obstacles à la circulation avaient été supprimés, et cette mesure, tout en prévenant les accidents possibles, évitait le désordre et rendait les déplacements plus faciles. Polichinelle et Pierrot arrachaiïent les spectateurs à la pantomime de l’Ambigu, acrobates et sauteurs se disputaient les bravos des amateurs. On applaudissait aux talents de « l’estimable famille Richer » pour les exercices de la voltige; « à l’ingénuité saillante du citoyen Leroy » qui exécutait une arlequinade de sa composition ; à l’agilité de la demoiselle Beaucœur « surprenante par son extrême vivacité »; à la dextérité de Lesprit, Petit et Préjean pour les tours d’escamotage; et le célèbre Garnerin s'élevait dans les airs, salué par les acclamations de la foule?.
Le soir, le concert réunissait dans le Temple de la Paix les amateurs de musique. L’orchestre, composé de plus de cent musiciens du Conservatoire, était conduit par le célèbre Kreutzer. On commença
1. Description de la fêle du 14 juillet, an IX, s. d. in-8 de 4 pages.
2. Moniteur, 15 ‘juillet 1801. — Journal de Paris, 27 messidor, an IX. — Détail'eæacl et circonstancié des fêtes brillantes de l'anniversaire du 14 Juillet. S. d., in-4° de 4: pages.
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