‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 171 sur 186 · II. — PROGRAMME OFFICIEL · texte numérisé non relu

II. — PROGRAMME OFFICIEL

Durant les cinq jours complémentaires, il y aura dans la grande Cour du Louvre, une Exposition publique des produits de l’Industrie nationale. — Le soir du premier jour illumination générale dans le lieu de l'Exposition. — Chacun des cinq jours complémentaires, les Manufactures nationales, les Bibliothèques et les Musées resteront ouverts depuis 9 heures du matin jusqu’à 4 heures de l’aprèsmidi. — Le dernier jour complémentaire, les principaux théâtres donneront des spectacles gratis. — À 9 heures, salve d'artillerie. À 6 heures du matin, nouvelle salve d’artillerie. — À 10 heures, fête sur l’eau, entre le pont des Tuileries et celui de la Concorde. Au milieu de la rivière s’élèvera un monument à la gloire de la République. — Les jeux seront : 1° joutes de diverses espèces ; 2° courses de bateaux et de chaloupes. Les termes de la carrière que devront parcourir les chaloupes et les bateaux seront désignés par deux obélisques. Ces jeux continueront jusqu’au soir.

À midi, jeux des bagues et autres jeux d’adresse dans l’allée qui borde le chemin de Versailles et dans l’Allée d’'Antin. — À 4 heures, ouverture des trois grands théâtres dans le Carré Marigny. À cinq heures, commenceront des danses dans toutes les parties des Champs-Elysées.

A six heures et demie, illumination générale. Au milieu du grand Carré s’élèvera le Temple de la Paix. Des deux côtés du Temple seront deux autres monumens dédiés aux vertus guerrières et républicaines. Dans le Temple le Conservatoire de musique exécutera un grand concert. Pendant le concert chants et danses allégoriques exécutées par les artistes des Arts. À huit heures, sur le grand théâtre du Carré Marigny, ballet pantomime. représentant la fête des vendanges. A neuf heures, fêtes de nuit sur la rivière. Au delà du pont de la Concorde, en face des Champs-Élysées, des bateaux illuminés et remplis de musiciens, exécuteront diverses évolutions. Sur le rivage du côté des Invalides, une très grande girande précédera l’ascension de plusieurs ballons détonnans, chargés de feux d'artifice. Bal et spectacle toute la nuit.

Le Ministre de l'Intérieur : CnaprTaL {.

Malgré le temps pluvieux de la matinée, le succès de la fête nautique fut grand. Cependant la joute qui eut lieu près du Pont- Royal n’amusa pas la foule, amassée sur les deux rives, autant que les jeux de mât de beaupré installés près du pont de la Concorde.

L'expérience ayant démontré que la barrière des Champs-Elysées était peu propice pour l'installation du feu d'artifice, ce fut devant les Invalides, sur la rive gauche du fleuve, que furent lancés les ballons détonnants qui avaient fait tant de plaisir au peuple le r4 juillet.

Les danses se prolongèrent fort tard dans la nuit, malgré l’inclémence du temps; une forte averse faillit même tout gâter.

1, Programme officiel de la fête du premier vendémiaire an X, signé : Chaptal. Paris, Augustin, rue de la Parcheminerie, in-è° de 4 pp.

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Les détails relatifs à cette fête populaire feraient à peu près défaut, si le correspondant du Journal London und Paris ne nous avait laissé ses impressions; certaines sont vraiment savoureuses :

Au 1° vendémiaire, on avait bâti, à une distance de cent pas, de chaque côté du Temple de la Paix, deux temples ioniques plus petits, dont la forme avait quelque rapport avec la célèbre Maison Carrée de Nimes. Là étaient réunis un grand nombre d’acteurs et d’actrices, tous en costumes blancs, de prêtres et prêétresses. Le concert se termina par une marche pendant laquelle les acteurs des deux petits temples se rendirent au Temple de la Paix, par une voie rehaussée, pour être mieux vus de la foule. Les prêtres et prêtresses portaient, les uns des guirlandes, les autres des offrandes, d’autres encore des torches sacrées. La marche continua jusqu’à ce que la procession eût entouré le temple entier, alors elle s'arrêta. On chanta en chœur une évocation à la paix, puis les prêtres, avec les torches qu'ils portaient, allumèrent les feux des autels érigés à proximité devant chacun d'eux. Ces feux faisaient un étrange contraste avec Les lumières jaunâtres des lampes, et répandaient sur les assistants une lueur qui rendait ceux-ci d’une extrême pâleur cadavérique. Ce feu blanc dura environ dix minutes, ensuite chaque prêtre s’éloigna en dansant, une prêtresse au bras, et tous rentrèrent dans les deux petits temples.

L'auteur décrit ensuite une façade particulière, œuvre de l’architecie Gisors, et qui avait été établie dès le 14 juillet devant le palais législatif, face au pont de la Révolution. Elle offrait un temple semicirculaire, exhaussé du sol par un escalier de vingt-deux marches, et décoré de figures et motifs allégoriques, uniquement militaires, à la gloire des armées et des généraux.

Somme toute, le rédacteur étranger auquel nous empruntons ces détails, goûte beaucoup les arrangements décoratifs et les divertissements de Jour, mais il ne se montre pas très enthousiaste des attractions nocturnes. « Les Tuileries, écrit-1l, étaient illuminées, mais cette 1llumination n'avait rien de la splendeur des illuminations d'autrefois. La colonne nationale, qui était éclairée de bas en haut, terminée par une couronne d'étoiles transparentes, faisait bon effet, sauf son énorme soubassement que tout le monde réprouve. » Quant aux feux d'artifice, il déclare qu'ils ne valaient pas « ceux qu’on peut voir à Vienne moyennant une pièce de 20 kreutzers ».

Sur ce dernier point, Ruggieri devait partager l'opinion de notre étranger, car dans son Précis historique, évidemment rédigé à son point de vue spécial, il ne dit pas un mot de ces pyrotechnies. Mais il s’égare en décidant de « passer sous silence toutes les fêtes insignifiantes et de peu d'intérêt », données à Paris entre le 8 juin 1794 (Fête de l'Étre Suprême), et le 9 novembre 1801 (Célébration de la

paix d'Amiens). Le présent travail revise, croyons-nous, le jugement dédaigneux du célèbre artificier.

Nous ne connaissons pas de peintures ou de dessins reproduisant des vues d'ensemble ou des épisodes de ces deux fêtes. Mais il existe un petit nombre d'estampes, fort rares pour la plupart, consacrées à ces événements. Pour fortifier notre texte il nous a paru nécessaire d'en dresser le catalogue. On verra combien les éditeurs étaient ingénieux, à une époque où le journal illustré n’en était qu'à ses débuts, pour attirer les acheteurs et même pour rajeunir les anciennes planches à l’aide de légendes appropriées. Dans le nombre, une seule pièce offre un réel intérêt artistique, aussi la reproduisonsnous, les autres étaient destinées au populaire, et surtout à la province, avide des choses de Paris. |

I. — Grand programme de la fête qu aura lieu le 14 juillet ou 25 messidor an IX; détail des objets curieux et exercices qu seront exécutés; beau discours prononcé en l'honneur de la fête et chants chantés sur la gloire des armées françaises. À Paris, chez Dannecun, rue de la Harpe, à la Tête noire, n° 149.

Grand placard populaire accompagné d’une estampe allégorique coloriée, représentant les danses. H. 6,430 — L. 0,311. Bibl. Nat. Estampes. Qb. 116, année 1801.

ile Fêle du 14 Juillet an IX, aux Champs-Élysées.

Estampe anonyme, en noir. S. I. n. d. H. 0,187 — L. 0,305. Bibl. Nat. Estampes."Qb. 116, année 1801. Sert de frontispice au texte d’un programme de la fête. On y voit Pierrot et Polichinelle sur une estrade, des gens assis; au fond, un danseur de corde avec son balancier.

III. — Fête du 14 juillet an IX. Vue des 3 théâtres construits aux Champs Élysées, dans le Carré Marigny ; sur lesquels on a célébré aussi la fête du 1% vendémiaire an X. À Paris, chez Basset, marchand d’Eslampes et fabriquant de Papiers peints, rue Saint-Jacques, au coin de celle des

Mathurins, n° 670. (Voir la reproduction, pl. 38.)

Pièce anonyme de toute beauté, eau-forte, aquatinte et berceau, imprimée en couleurs à la poupée. H. 0,230 — L, 0,412. Bibl. d’Art et d'Archéologie. Cette planche existe sous deux adresses différentes : 1° Celle mentionnée ; 2° Se vend à Paris [chez Martinet] rue du Coq-Honoré, n° 124. Bibl. Nat. Estampes. Collection Hennin, vol. GXLV, fol. 27. — Ibid. Qb. 116, année 1801. Reproduite dans Louis Baron, Paris pittoresque 1800-1900, p. 39.

AUGUSTE TRICAUD.

IV. — Fête brillante de l'anniversaire du 14 juillet 1801, du 25 messidor de

l'an IX de la République françoise dans les Champs-Élysées. A Paris, chez J. Chereau, rue Jacques, près la fontaine Séverin, n° 257.

Eau-forte anonyme, en noir. H. 0,183 — L. 0,290. Bibl. Nat. Estampes Qb. 116, année 1801. L’estampe comprend quatre sujets, séparés par le Mat de cocagne élevé dans l’ancien Cours de la Reine : Temple dédié à la Victoire, érigé devant le palais du Corps législatif, en l’honneur des armées; feu d'artifice tiré à l'Étoile des Ch Étoile en artifice enlevée aux Champs-Élysées ; Temple carré dédié à la Paix; Salle ronde de valse couverte et décorée avec élégance, de 60 p. de diamètre, dans le Carré de la Laiterie.

V. — Vue de la Colonne nationale dans la place de la Concorde. — Jeu de

bague. — Explosion d'un ballon en artfice. — Vue du chäleau des Thuilleries. A Paris, chez Jean, rue Jean-de-Beauvais, n° 32.

Eau-forte anonyme coloriée. H. 0,183 — L. 0,280. Bibl. Nat. Estampes, coll. Hennin, vol. CXLV, fol. 29. Quatre sujets sur la même planche.

VI. — Mt de cocagne sur le Cours au Champ Élysée, le 14 juillet 1801. —

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