FÊTE DU 22 SEPTEMBRE 1801 Î[. — DÉVELOPPEMENT DE LA FÊTE
La fête embrassera tout le terrain, depuis la place de la Concorde jusqu’au rond de l’allée des Veuves, c’est-à-dire les Champs-Élysées et la partie de la rivière qui s’étenid depuis la façade des Invalides jusqu’à l’angle de la Colonnade du Louvre. Elle consistera en jeux, courses de bateaux, prix disputés, spectacles publics, concerts, illuminations et danses.
A dix heures du matin, une marche composée de mariniers, Jouteurs et nageurs, tous vêtus en blanc avec des ceintures bleues et rouges qui les distingueront, accompagnés de différents corps de musique, partira de la place de la Colonnade, et après avoir fait le tour de la cour intérieure du Louvre, descendra à la rivière par la porte de cette cour qui donne sur le quai. Là, toute cette troupe s’embarquera sur cent bateaux ornés de guirlandes de chêne et de pampre; et, réunie en un seul point, elle se divisera en deux colonnes, et viendra avec la musique. Les prix destinés aux vainqueurs, et les juges de ces prix, se tiendront dans le bassin contenu entre le pont National et le pont de la Concorde, sur lequel règne la terrasse des Tuileries.
Au milieu de ce bassin sera élevé un monument à la gloire de la République ; entre ce monument et chacun des deux ponts, seront deux obélisques, servant de limite et de but pour les exercices de la course en bateau et de la natation.
Dans les intervalles, entre ces obélisques et le monument, seront placés des mâts de beaupré et des jeux de bague. Les juges s’étant placés au bas du pont de la Concorde, les seize bateaux destinés à la course se formeront en ligne devant eux ; les vingt bateaux de jouteurs viendront se ranger des deux côtés dans l’espace qui sera entre le pont des Thuileries et le premier obélisque. Un bateau portant trente-six nageurs, et un autre portant un corps de musique se dirigeront vers le monument élevé au milieu du bassin. Les musiciens se placeront sur l’estrade formant la base de ce monument, et les nageurs rangés sur les bords de cette estrade, attendront le signal qui annoncera le commencement de leurs exercices. Les jouteurs, dans l’enceinté où ils seront descendus, disputeront le prix de la joute qui sera décerné à celui qui restera seul sans avoir été renversé.
Peu de temps après l’ouverture de la joute, commenceront les courses de bateaux à rames et de chaloupes à voiles, si le temps le permet. Elles consisteront en un trajet déterminé, et différentes évolutions autour des deux obélisques. Elles s’exécuteront pour les seize bateaux à rames par quatre seulement à la fois. Les quatre bateaux vainqueurs dans chacune de ces courses particulières concourront une seconde fois entre eux quatre seulement. Les deux vainqueurs de cette seconde course auront droit à un prix, mais pour déterminer qui des deux aura le premier, ils concourront une troisième fois et le premier qui aura atteintle but recevra le premier prix et l’autre le second. Entre la dernière course générale de bateaux à rames, et la première des quatre bateaux vainqueurs, commencera l’exercice de la natation. À un signal éclatant, les trente-six nageurs, rangés sur l'arrière du monument, se précipiteront à la fois dans l’eau, et, remontant le pont des Thuileries, viendront s'emparer de six petits drapeaux placés près de l’obélisque élevé de ce côté. Les six nageurs qui les premiers auront enlevé ces drapeaux auront droit à des prix diffé-
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rents. Pour en établir le rang, les six concurrens, leurs drapeaux à la main, redescendront la rivière à la nage, jusqu’à la gondole des juges. L'ordre de leur arrivée — (sic). Pendant tout le temps de ces exercices et de ces courses, la joute continuera, et quatre-vingts mariniers s’exerçant sur les mâts de beaupré et les jeux de bagues disposeront des prix qui seront attachés à ces jeux. Ces jeux et exercices dureront usqu’à la fin du jour.
Tandis qu'ils occuperont la rivière, et sur le midi, une nombreuse musique d'harmonie, précédant les prix pour les jeux de terre, partira de la place de la Concorde; et après avoir fait le tour des Champs-Élysées, conduira ces prix aux mâts dressés dans l’allée longeant la grande route. Les prix attachés aux mäts, la lice sera ouverte, les jeux de bague tourneront, et de tous les côtés, sur la rivière et sur la terre, le bruit des trompettes et le son des instrumens proclameront le succès des concurrens et leur récompense.
À deux heures, les spectacles publics s’ouvriront, d’abord dans l’allée d’Antin ou des Guinguettes, ensuite dans un village construit sous les murs de l'Élysée où les aveugles exécuteront un concert vocal et instrumental, et dans deux théâtres élevés dans le.Carré Marigny, sur l’un desquels il sera représenté une pantomime à machines, tandis que sur l’autre des danseurs de corde feront la voltige, des sauts de toute espèce, et les différens exercices de la corde.
À quatre heures, les orchestres de danse, garnis de musiciens, ouvriront le ba dans toute la partie des Champs- Élysées.
À six heures l’illumination commencera. Il sera donné une seconde représentation de la pantomime sur le théâtre des machines, et les sauteurs de corde recommenceront aux lumières les exercices qu’ils auront faits au jour.
À sept heures, le Conservatoire, réuni dans le Temple de la Paix, construit au milieu du grand Carré des Champs-Élysées, avec les musiciens des orchestres de l'Opéra et des autres spectacles, exécutera un concert composé de morceaux choisis. Pendant ce concert, partiront de deux monumens élevés aux extrémités de ce grand Carré, et dédiés aux vertus guerrières et républicaines, deux troupes de jeunes garçons, de jeunes filles, d'hommes et de femmes, costumés à l’antique, qui, sur les galeries qui joignent ces deux monumens au Temple de la Paix, et qui seront ornés de peupliers portant des trophées d’armes, formeront des marches, et au milieu des différentes cérémonies, brûleront des parfums de toute espèce. Ce spectacle sera éclairé par des flammes de Bengale.
Le concert fini, sur un théâtre de 120 pieds de large, et qui occupera le milieu du Carré Marigny, sera représentée une pantomime à grand spectacle, avec danses et combats, évolutions militaires, et dont le sujet sera le triomphe des Bacchantes.
Tandis que cette pantomime aura lieu, et sur les neuf heures du soir, tous les bateaux, chaloupes et gondoles étant sur la rivière, seront illuminés et, traversant ensemble le pont de la Concorde, présenteront devant les Invalides différentes évolutions, après lesquelles ils se rangeront des deux côtés de la rivière.
La pantomime achevée, la musique d’harmonie rassemblée sur la rivière au bas des Invalides, fera entendre de nombreuses et bruyantes fanfares, qui seront suivies d’une forte salve d’artillerie. À ce signal, après quelques fusées volantes, éclatera une immense girande couronnée de bombes; du sein de cette girande, s’élèveront trois ballons chargés d'artifice qui, dispersés dans l’air, y détonneront et términeront le bouquet.
Alors, des musettes et des instrumens de campagne dirigeront des danses montagnardes, groupées dans le petit Carré, qui précède celui du Temple.
Les musiciens des orchestres placés autour du Mai élevé dans le village construit sous les murs de l’ Élysée, dans une rotonde décorée de tous'les ornemens de la vendange et élevée dans le Carré de la Laiterie, et tous les orchestres disséminés
dans toutes les parties des Champs-Élysées, reprendront les danses qui n’auront de terme qu’à la fin de l’illumination. É