‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 175 sur 186 · AFFICHE DE VENTE DE L HÔTEL SÉBASTIANI · texte numérisé non relu

AFFICHE DE VENTE DE L HÔTEL SÉBASTIANI

(Collection Eugène Le Senne.)

Planche 40.

LES MILITAIRES DU Vilte ARRONDISSEMENT. 269

gardes françaises, dont nous venons de situer les casernes, indisciplinés, jaloux des royal-cravates défenseurs de la fabrique des frères Révillon, et peu tolérants vis-à-vis du royal-allemand; quant à l’élément civil, 1l suffit que le garde Arné Dôle eut les honneurs de la journée de la prise de la Bastille pour que l’uniforme du corps acquit la popularité : son bleu devint d’abord l’antipode du blanc et, plus tard, la couleur de l’uniforme des tuniques dans l’armée française jusqu à la guerre commencée en 1914.

Aux appellations des deux avenues : Hoche et Marceau, brillent les qualités impétueusement réfléchies de chefs militaires de la Première République: ce sont deux rayons des plus purs de l'Étoile.

Le général Gaspard Gardanne quitta la position en retraite pour se Joindre aux troupes de la Convention; la grande époque, servie par des soldats qu'égalent ceux d’aujourd'hui, battait son plein, Gardanne, brave presque à l'excès, se signala en Italie et à Marengo où 1l commandait avec le grade de divisionnaire. Il trépassa de ses blessures à Breslau. |

Pendant un certain temps, Gardanne avait gouverné la Maison d'éducation des pages, passage Saint-Philippe du Roule. Les règlements impériaux n'exigeaient plus deux cents ans de noblesse et six cents livres de rente des postulants; les mérites remplaçaient l’arrogance et la fonction servile s'était relevée par une éducation militaire. )

De 1811 à 1814, le maréchal de Boufflers logea au n° 114 du Faubourg-Saint-Honoré.

Les noms de Richepanse, général, décédé à la Guadeloupe en 1802, et de Bassano qui ont servi à baptiser des rues de l’arrondissement sont à signaler. Peut-être par cette exposition sont-ils plus connus que ceux d'officiers généraux ayant habité longtemps l’arrondissement. Maret, duc de Bassano, s’il n'appartient pas précisément à l’armée, a rédigé beaucoup d'ordres de batailles sous la dictée de Napoléon. |

Brune, logeait, en l'an IX, rue des Mathurins, dans un hôtel aujourd'hui démoli, au n° 42. Il quitta le métier de typographe pour opérer des réquisitions de chevaux et voitures; là, 1l trouva sans doute le fer porte-bonheur, car, à partir de 1792, on le voit victorieux à Bergen, conquérant pacificateur en Vendée et gagnant, en 1804, le plus haut grade de l’armée, trois ans après ses succès en Italie.

266 J. VACQUIER.

IL devait être martyrisé en Avignon par des terroristes à cocarde reblanchie (2 août 1815, trois heures de l'après-midi).

Les généraux Ventura, Moreau, Bernadotte et Bouillé habitèrent la rue d'Anjou, le premier au n° 2 (ancien), Moreau et Bernadotte à l'hôtel Nicolay détruit pour le percement du boulevard Malesherbes, le général Bouillé au n° 29.

Moreau, homme de bon sens et de calme courage, débuta dans la vie militaire en formant, au cours de 1791, une compagnie de garde nationale; il fixa sa vie militaire pour l’histoire en dirigeant l’armée du Rhin dans le Val d'Enfer par une retraite classique.

Bernadotte, sauveur de la République batave, désarma sa dextre de l'épée pour y placer le sceptre de Suède, en 1818; il prit le nom de Charles XIV-Jean dans sa nouvelle patrie.

Amour Bouillé, marquis martiniquais, quitta la déplorable armée des Princes en 1802 pour servir en Espagne dans l’armée francaise. Les historiens des VIIT° et XVII° arrondissements ont en lui un confrère. Il fut.mis en non-activité avec le grade de lieutenantgénéral en 1819.

Les victoires de Friedland — dernière citadelle prussienne défendue par les Russes, 1807 — et de Wagram (1809) imprimèrent ces noms sur l’auréole de l'Arc de Triomphe dont la construction avait été décidée le 18 février 1806.

L'amiral Décrès, ministre durant treize ans, habita l'hôtel de sa femme, 31, Faubourg-Saint-Honoré, du 21 août 1810 au 25 septembre 1818, y succédant à Joseph Bonaparte et ÿ précédant le duc d’Albuféra.

Sur l'emplacement du n° 28 de l’avenue de Friedland qui était l'hôtel Brunswick, habita le duc de Trévise; 1l logea également au n° 132 du Faubourg-Saint-Honoré. Le maréchal Mortier prit part aux premières batailles de la jeune République depuis Leoben où, avec quatre mille hommes, il écrasa trente mille Russes, jusqu'à Moscou où il resta le dernier pour faire sauter le Kremlin, battant par- ‘tout les ennemis les plus divers. Ce maréchal de France,.qui refusa de siéger au conseil de guerre chargé de juger Ney, ajouta à sa fortune militaire le titre de grand chancelier de la Légion d'honneur (11 septembre 1831) et les fonctions de Ministre de la Guerre et de Président du conseil des ministres (1834). Il fut tué aux côtés du roi Louis-Philippe [* par la mitraille de Fieschi au cours de la revue du 29 juillet 1835.

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