‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 178 sur 186 · Compliment reproduit dans le Mercure de France, p · texte numérisé non relu

Compliment reproduit dans le Mercure de France, p

6. Le libraire parisien Hardy ajoute, dans son journal, qu’au collège de Montaigu, un nommé Charbonnier, écolier de logique, leur avait présenté une pièce de 38 vers français qui avait paru faire plaisir au jeune couple royal. (Mes Loisirs, p. 200.)

7. En passant par la rue Saint-Étienne-des-Grès jusqu’à la rue Saint-Jacques qu'on re-

276 BARON DE VINCK.

Mgr. le Dauphin et Mad. la Dauphine dinèrent à une table de 27 couvertsi, et il y eut encore plusieurs autres tables très nombreuses. On avoit pratiqué une gallerie, afin que le public put passer et jouir de la satisfaction qu’il avoit de voir Mgr. le Dauphin et Mad. la Dauphine. Il y eut jeu après le dîner et à la suite du jeu, le Prince et la Princesse allèrent se promener dans les jardins.

Ce fut là principalement où le Prince et la Princesse virent combien ils étaient chéris des habitans par les claquemens de main sans cesse, et les cris réitérés de Vive le Roy, Vive Mgr. le Dauphin et Mad. la Dauphine. La complaisance qu’eurent ce Prince et cette Princesse de se retourner souvent, de monter sur les terrasses ?, firent redoubler les sentimens et les cris de joye. Des larmes d’attendrissement se mêlèrent à ces cris d’allégresse, lorsque le Prince et la Princesse eurent la bonté de donner à ces citoyens des marques de leur satisfaction.

Sur les 8 heures du soir, Mgr. ie Dauphin et Mad. la Dauphine montèrent en carosse dans la cour des Thuilleries et s’en allèrent au pas par les rues Saint-Nicaise, Saint-Honoré, la porte du même nom où ils trouvèrent lesd. compagnies des gardes de la Ville sous les armes. Ensuite ils traversèrent la place de Louis XV et allèrent par le petit Cours prendre leurs carosses de route, où M. le Gouverneur de Paris, M. le Lieutenant général de police et M. le Prévôt des Marchands se trouvèrent. Le Prince et la Princesse ne manquèrent pas de leur témoigner toute leur satisfaction et leur contentement. Alors le canon de l’hôtel royal des Invalides, celui de la Ville, qui étoit dans la place de Louis XV, firent une décharge, ainsi que celui de la Bastille.

Les rues de Paris, les quais, les ponts par où Mgr. le Dauphin et Mad. la Dauphine ont passé étoient garnis de soldats de la garde de Paris, et la garde de Paris à cheval se portoit partout, de sorte que, malgré l’affluence énorme de peuple, et la joye qui régnoit partout, il n’est arrivé aucun accident.

Au retour de cette enivrante journée. les jeunes époux conservèrent en leur cœur le souvenir de l'accueil enthousiaste que Paris leur avait prodigué. Quelques jours plus tard, le 14 juin, la Dauphine, encore sous le coup de l'impression ressentie, écrivait à sa mère :

J’ai eu mardi dernier une fête que je n’oublierai de ma vie; nous avons fait notre entrée à Paris. Pour les honneurs, nous avons reçu tous ceux qu’on a pu imaginer; tout cela, quoique fort bien, n’est pas ce qui m’a touché le plus, mais c'est la tendresse et l’empressement de ce pauvre peuple, qui était transporté de joie de nous voir. Lorsque nous avons été nous promener aux Tuileries, il y avait une si grande foule que nous avons été trois quarts d'heure sans pouvoir ni avancer ni reculer. Au retour de la promenade, nous sommes montés sur une terrasse découverte et y sommes restés une demi-heure. Je ne puis vous dire les transports

montera à gauche : les rues Saint-Thomas, d’Enfer, des Francs-Bourgeois, des Fossés M. le Prince, de la Comédie françoise, Dauphine, le Pont Neuf, les rues de la Monnoie, du Roule, Saint-Honoré, Saint-Nicaise et la place du Carrousel. (Rues par où passeront, p. 2-3.)

1. Les officiers de la Basoche avaient présenté, au dessert, à M. le Dauphin, un petit berceau de sucre, avec la Remueuse et l'Enfant, et à Mad. la Dauphine, une paire de pantoufles également en sucre. (Mes Loisirs, p. 200.)

2. La promenade achevée, ils montèrent encore tous deux sur la galerie pour s’y faire voir pendant un bon quart d’heure, complaisance d’autant plus remarquable qu'ils y étaient fort incommodés du soleil dont les rayons dardaient encore avec beaucoup de vivacité. (Mes Loisirs, p. 198, édit. Tourneux et Vitrac, p. 4o8. — De la Roclieterie, Histoire de Marie- Antoinelle, t. I, p. 133.)

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