‹ Mélanges Émile Le SenneChapitre 183 sur 186 · ALBERT VUAFLART · texte numérisé non relu

ALBERT VUAFLART

non sans avoir été contraint de céder son privilège théâtral. Le fait est exact, car Fersen consigne son arrivée à Bruxelles, porteur d’une lettre de la Reine, le 9 juillet 1792. Revenu à Paris en 1814, il mourut le 24 mars 1820 et devint en 1838 le héros des Souvenirs de Léonard, coiffeur de la reine Marie-Antoinette.

Quant à Jean-François Autié, dit François Léonard, il monta en grade à la Cour, soutenu par la réputation de son aîné à la Ville. Coiffeur par commission depuis 1779, il finança en 1783 la survivance de Jean-Remy Le Guay, valet de chambre de la reine et son perruquier-baigneur-étuviste. À la mort de Le Guay, en 1788, 1l devint seul titulaire de la charge.

Aïnsi je puis conclure que le valet de chambre-coifjeur de Marie- Antoinette qui demeurait aux Tuileries en 1791, que Choiseul enleva le 20 juin, qui participa au voyage de Varennes, que son frère aîné lui-même désigne comme ayant péri sur l’échafaud, s'appelait Jean- François Autié dit Léonard. C’est bien lui qui est mort en 1794, légalement et effectivement, par son acte de décès et de la main du bourreau.

6. Vieux GARROSSE FERSEN. — Après avoir conduit la berline rue de Clichy, Balthazar Sapel revient avec les deux chevaux aux écuries du faubourg Saint-Honoré, vers 6 heures et demie; ensuite, les harnais enlevés, 1l les mène rue de la Planche chez le carrossier Jean- Louis. Là se trouvait remisé un vieux carrosse, assez grand pour contenir six personnes et pourvu de harnais et de brides. C'était une « vieille et antique voiture ressemblant à un fiacre », écrira plus tard la Duchesse de Tourzel; « elle avait l’air d’un remise », dirat-elle aux commissaires, et même « d’un remise assez mauvais » déposera Maldent, le garde du corps.

Cette guimbarde appartenait à Fersen, le fait est certain. Mais faut-il y voir l’une de ses anciennes voitures, ou bien un carrosse démodé acquis en vue de la fuite? Pour plusieurs raisons, vétusté, dimensions et présence du harnachement complet, j'estime plus vraisemblable la seconde hypothèse. Quoi qu'il en soit Balthazar attelle ses deux chevaux, mène le véhicule rue de Marigny, et le range contre l'hôtel de la Duchesse de Bourbon, aujourd'hui Palais de l'Élysée. Il est 8 heures moins un quart, il fait encore grand jour.

Peu après arrive Fersen, accompagné de son chasseur. Il remet un bridon à Balthazar et l'envoie chez un marchand de chevaux de

la Petite rue Verte. Le chasseur remplace le cocher et conduit son maître au château des Tuileries, où celui-ci dépose une lettre qu'il vient d'écrire à la Reine pour changer le rendez-vous des femmes de chambre. La voiture revient sur le quai, proche le Pont-Royal, et Fersen attend, appuyé au parapet, l’arrivée de Moustier et de Valory ; Maldent est resté chez le roi. À 8 heures trois quarts ils arrivent, portant des sacs de voyage et les trois hommes gagnent la rue Matignon. Le carrosse est laissé à proximité, à un endroit que je ne puis préciser.

Après avoir instruit les gardes du corps, Fersen les fait partir avec l’attelage de la berline, puis il veille au départ de la chaise de poste des femmes de chambre. Il est 10 heures et quart, lui-même s'éloigne pour aller retrouver le vieux carrosse. Jamais plus il ne reverra son logis de la rue Matignon! L’équipage, toujours conduit par le chasseur, retourne aux Tuileries, entre dans la Cour des Princes et s'arrête devant la porte de l'appartement vacant du Duc de Villequier où nul factionnaire ne veille.

Fersen pénètre dans le château. Il reparaît à 11 heures et quart conduisant par la main le Dauphin habillé en petite fille; M" de Tourzel suit, tenant Madame Royale aussi par la main. Aidés par le

cocher, tous quatre montent dans le carrosse qui, par le quai, gagne la place Louis XV, tourne par la rue Saint-Honoré, s'engage à droite dans la rue de l'Échelle et s'arrête sur la place du Petit- Carrousel non loin d’une maison meublée, l'hôtel de Gaillarbois. Pour tromper l'attente — une attente de trois quarts d'heure — le cocher descend de son siège, fait les cent pas, examine ses chevaux. Ce cocher, c’est Fersen lui-même, jouant parfaitement son rôle. C'est donc qu'en cours de route, en un coin désert de la place Louis XV, il a troqué avec son domestique, redingote, chapeau et fouet. Le défaut de place lui commandait cette transformation : trois personnes sont déjà dans la voiture, et quatre autres sont attendues.

Madame Élisabeth arrive la première au rendez-vous; elle est seule, mais l’un de ses écuyers, M. de Saint-Pardoux, l’a fait sortir des Tuileries. Le Roi se présente à son tour, suivi de Maldent, le garde du corps, qui monte derrière la voiture. Enfin voici la Reine, guidée par un inconnu — M. de **, dit Fersen dans son Journal — et guidée de façon bien maladroite, puisqu'il a dû demander son . chemin à une sentinelle. Il est minuit passé, le retard est grand déjà sur l’horaire prévu, le cocher improvisé enlève son attelage.

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Par les rues Sainte-Anne et Grammont, le Boulevard et la Chaussée d'Antin, Fersen gagne la rue de Clichy. Devant l'hôtel Craufurd :1l s’arrête un instant pour s'informer si la berline est bien -partie, ce qui permet aux chevaux de souffler dans la rude montée. Puis il sort de Paris par la Barrière de Clichy, refaisant à dessein le parcours qu'il avait indiqué pour conduire la berline au rendez-vous. Prenant à droite le boulevard extérieur au mur d'enceinte, il roule à bonne allure vers la Barrière Saint-Martin, contourne la rotonde de la Ferme et amorce à gauche la route de Meaux. La berline est là, qui attend, gardée par Balthazar et Moustier, silencieux. Les voyageurs passent d’une voiture dans l’autre. Quant au vieux carrosse, après l’avoir tourné vers Paris, on le fait verser à demi dans le fossé et abattre un cheval, pour faire croire à un accident et justifier son abandon. Il est 2 heures du matin et l’aube s'annonce.

Bimbenet raconte que le vieux carrosse fut loué et qu'il demeura chez Fersen durant toute la journée du 20 juin. Il prétend aussi que ce dernier conduisant la famille royale à la Barrière Saint-Martin, passa rue Matignon avant de s’arrêter rue de Clichy. Ces trois affirmations sont gratuites.

Au cours de sa Relation, Madame Royale assure que le carrosse attendait au milieu de la Cour des Princes, et que sa mère la conduisit jusque-là, « ce qui était beaucoup s'exposer ». Il est naturel que le sentiment du danger couru s’amplifie dans les souvenirs d’une enfant de douze ans. À la vérité, la voiture n'était pas placée au centre de la cour. mais au milieu de la façade, devant les marches donnant accès à l'appartement Villequier. Si la reine accompagna ses enfants, ce fut seulement jusqu'au perron et sans danger pour elle.

Sur plusieurs autres points, je suis étonné de n'être pas d'accord avec M. Lenotre, puisque nous avons puisé aux mêmes documents. Pourquoi la « vieille voiture appartenant à M. le Comte de Fersen », ainsi que la désigne le cocher Balthazar, devient-elle sous sa plume une « citadine de louage »? Pourquoi fait-il arriver cette citadine aux Tuileries dès 9 heures, alors qu'un peu plus loin 1l montre Fersen chez lui à 10 heures, occupé à faire partir la chaise de poste des femmes de chambre?

M. Lenotre a-t-il eu raison d'adopter l'opinion des auteurs qui l'ont précédé et de transformer Fersen en cocher dès la rue Matignon ? Îl le fait pénétrer dans le château, et ramener le Dauphin, en

LA MAISON DE FERSEN. RUE MATIGNON. ed

costume d’'automédon. Qui donc alors gardait la voiture et surveillait les chevaux dans la Cour des Princes? Pourtant la déposition de M°'° de Tourzel est positive, elle parle de deux personnes : le guide soi-disant inconnu, qui était Fersen, et le cocher, qui était son chasseur.

Enfin pourquoi le carrosse ne serait-il pas sorti de Paris par la Barrière de Clichy, tout comme la berline, comme le veut la raison et comme le disent Balthazar Sapel, la Duchesse de Tourzel et le Duc

de Choiseul ?

7. CHAISE DE POSTE DES FEMMES DE CHAMBRE. — Fersen avait commandé à Jean Louis, le carrossier de la rue de la Planche, une chaise de poste à laquelle il fit ajouter de nombreuses commodités. Elle fut livrée le jeudi 16 juin. Cette chaise était à quatre roues, train à flèche et ressorts à l'anglaise; la caisse, en forme de cabriolet, était doublée de velours d’Utrecht blanc. Le haut de la caisse était noir, les panneaux verts avec rechampis noirs, et le train couleur citron. Elle comportait un siège devant et derrière, deux lanternes à réverbère, une vache sur l’impériale et une cantine pour six bouteilles. Le mémoire s'élevait à 4370 livres, 10 sols et, le

19 juin, Fersen verse à Jean Louis un à-compte de 2600 livres.

Il est probable que cette voiture fut remisée dans les écuries du faubourg, mais, dans la soirée du 20 juin, elle était préparée dans la cour de la rue Matignon. Ce jour-là, vers 2 heures, Fersen fait commander chez François Le Bas, loueur de carrosses rue des Champs- Élysées, trois chevaux et un postillon pour aller à Claye dans la soirée. Le prix est fait à 24 livres avec les harnais. Pierre Le Bas, posüllon et neveu du loueur, conduit les chevaux à 9 heures un quart rue Matignon. Un « particulier », bientôt rejoint par deux

autres avec lesquels il converse dans la cour, le prie d'attendre. Fersen

arrive à 10 heures venant de ses écuries, il fait atteler les chevaux à

la chaise et donne l’ordre de la mener sur le quai, vis-à-vis les bains Poitevin, proche le Pont Royal. Deux des particuliers montent dedans, le troisième derrière et Pierre Le Bas la conduit au quai d'Orsay. Les trois hommes s’éloignent vers la rue du Bac, disant qu'ils vont boire le rogomme; le postillon attend.

À la descente du Pont Royal, le quai d'Orsay n'était pas à l'époque une berge comme le prétend M. Lenotre, et comme le dément le plan qu’il publie, mais un beau quai de pierre de taille garni

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d’escaliers pour descendre au rivage. L'endroit où stationnait la chaise se trouvait au pied de la terrasse de l'hôtel Choiseul-Praslin, à deux pas du Bureau des voitures de la Cour, et en face d’un établissement de bains chauds installés sur la rivière. Ces bains étaient réservés aux pauvres gens et ne doivent pas être confondus avec d’autres, mieux achalandés, appartenant également à Guignard successeur de Poitevin, et situés en aval et du même côté près du pont Louis XVI. L'emplacement où le postillon faisait les cent pas se trouve aujourd'hui au droit de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Vers 11 heures et demie, deux dames arrivent à pied conduites par l’inconnu qui les a fait sortir des Tuileries. L'une est M"° de Neuville, première femme de chambre du Dauphin, l’autre M"° de Brunier, première femme de chambre de Madame. Elles montent dans la chaise, indiquent Claye comme lieu de destination et l'inconnu disparaît. Le rendez-vous assigné à ces dames avait été modifié au dernier moment; le fait est révélé par le Journal de Fersen : « À 8 heures j'écrivis à la Reine pour changer le rendezvous des femmes de chambre et les bien instruire pour me faire dire l’heure exacte par les gardes du corps. »

La voiture arrive à Claye vers 2 heures et demie du matin, le mardi 21 Juin, la berline royale la rejoint une heure et demie après. À partir de ce moment la chaise des femmes de chambre voyage de conserve avec la berline, la précédant à l'aller, la suivant au retour de Varennes. |

Bimbenet, qui a eu toutes les pièces de l'enquête entre les mains, raconte que le matin du 20 juin, à 7 heures et demie, Fersen « alla chez le carrossier chercher la voiture qui devait emmener M*# Brunier et Neuville. » Il invente de toutes pièces, le digne greffier de la Cour d'Orléans. Pourtant il a édité parmi les pièces justificatives de son livre, le Mémoire du chariot de poste de M. le Comte de Fersen livré le 16 juin 1791 par Louis, sellier à Paris; mais 1l ne s’est pas aperçu que cette voiture était précisément celle destinée aux femmes de chambre. Par suite d’une confusion inexplicable 1l y reconnaît la berline royale; j'ai fait état de cette grave erreur en traitant de la berline, erreur acceptée par M. Lenotre luimême.

Cependant 1l est un point obscur dans l’équipée de la chaise de

LA MAISON DE FERSEN, RUE MATIGNON. À à

poste des femmes de chambre. Qui sont ces trois personnages qui y montent rue Matignon, à 10 heures du soir, puis disparaissent vers la rue du Bac? Ce ne sont certainement pas les trois gardes du corps qui, au même temps, jouaient leur rôle en d’autres lieux. Mais à coup sûr ce sont aussi des acteurs de l'évasion. Tout bien pesé, je crois qu 1l faut y reconnaître les trois personnes qui guidèrent hors les Tuileries les dames Brunier et Neuville, Madame Élisabeth et la Reine.

Voici comment je reconstitue la scène, dans la soirée du 20 juin, rue Matignon. À 9 heures, Fersen rentre avec les deux gardes du corps, laissant la vieille voiture à proximité. Il retrouve chez lui les trois inconnus auxquels il donne les dernières instructions pour la nuit. À l’arrivée des chevaux, l’un descend dans la cour et fait patienter le postillon. Les deux autres le rejoignent peu après el disent que « Monsieur » n'est pas rentré. En effet il vient de sortir, conduisant les gardes du corps à ses écuries. Fersen revient à 10 heures, fait atteler, et la chaise part emportant les trois hommes.

Plusieurs indices me portent à croire que l’un d'eux doit être Louvet, le propre valet de chambre de Fersen, celui que nous avons vu présider au départ du chariot rouge et de la malle pesante, et charger la berline rue de Clichy. Il avait la confiance de son maître qui lui faisait recopier parfois ses lettres confidentielles ; il avait aussi ses entrées aux Tuileries, puisque celui-ci note dans son Journal, à la date du 20 octobre 1791 : « M. Louvet a vu la Reine qui l’a fait venir pour lui parler de mes affaires. » L’inconnu qui descend le premier dans la cour, monte derrière la chaise, puis conduit les dames Brunier et Neuville au quai d'Orsay n’est autre, à mon avis, que le dévoué valet de chambre de Fersen.

Les deux autres « particuliers » seraient alors M. de Saint-Pardoux et M. de ***, guides respectifs de Madame Élisabeth et de la Reine.

8. CHaise DE POSTE FERSEN. — Le vendredi 17 juin, Fersen était allé à Bondy et au Bourget, premiers relais de poste sur les routes de Metz et de Maubeuge, évidemment pour reconnaître les lieux en vue du départ. De son côté, le carrossier Jean Louis ajoutait au mémoire de son client le détail de la mise en état d’une « chaise sur quatre roues, doublée en callemande verte ». Le charron a fourni une note de 22 livres, lui-même a réparé les trois glaces, huilé tous

les cuirs, ajusté les soupentes, fait des raccords de peinture au train

ho

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et aux roues ; l’ensemble de ces réparations s'élève à 36 livres, ro sols.

Cette voiture, c’est la chaise de poste habituelle de Fersen, celle qui fit si souvent le voyage de Valenciennes et avec laquelle 1l rejoindra la fanulle royale. Le 14 juin, il a prié Bouillé de lui trouver une chambre à Montmédy. J’ignore quand et comment cette voiture est sortie de Paris. Fersen dit bien dans son Journal sous la date du 20 juin : « rentré, faire partir ma chaise », et le fait se place entre o et 10 heures du soir, mais la mention peut s'appliquer également au départ de sa chaise neuve, destinée aux femmes de chambre, et qu'il utilisera plus tard. Quoi qu'il en soit, sa vieille voiture se trouvait certainement à la maison du maître de poste du Bourget dans la nuit du 20 au 21 juin.

À 2 heures et demie, la berline arrive à Bondy où le relais s'effectue. Fersen descend du siège, échange un bref adieu, et abandonne les voyageurs à leur destinée. Il enfourche le cheval que montait Valory et se dirige vers Le Bourget, à 5 kilomètres de là, par le chemin de traverse passant à Drancy. En une demi-heure 1l est au Bourget, trouve sa chaise et prend la poste. Par Le Gateau, Le Quesnoy, Mons et Namur :il gagne Arlon, où il arrive le 23 à 11 heures du soir. « Trouvé Bouillé; su que le Roi était pris », a-t-il écrit sur son carnet. Zèle, espoir, amour, tout s’effondrait dans ces huit mots, terrifiants de laconisme.

À bien étudier le drame de Varennes, deux convictions s’imposent : la cause principale de l’échec réside dans l’indolence de Louis XVI, engourdi par ses illusions sur l'esprit des populations; de plus, et à n’en pas douter, la présence d’un homme tel que Fersen, audacieux et clairvoyant, eût amené la réussite. Avec lui, malgré les maladresses, malgré les retards, malgré les incidents, la berline eût passé. [Il était opposé au choix des gardes du corps, qui se montrèrent en effet parfaitement inutiles et encombrants, ainsi qu'aux précautions militaires : « Tout doit dépendre de la célérité et du secret », écrivait-il au Marquis de Bouillé le 26 mai 1791. Mais les deux raisons de l'échec se confondent en une seule, attendu que Fersen eût été du voyage si le Roi ne s’y était pas opposé au dermier moment. La responsabilité de Louis XVI demeure entière, éclatante,

Sur ce point capital la vérité est connue, grâce au document qu'a publié Geffroy et qui montre, par surcroît, le rôle important qui revient à Gustave [IT dans l'évasion de la Famille royale. C’est un billet officiel que Fersen adressa, dès le 4 avril 1791, à son ami

le Baron de Taube :

Il serait à propos que; pour accompagner le Roi de France, je prisse l’uniforme suédois. Demandez à Sa Majesté si elle permet que je porte en cette circonstance l'uniforme de ses dragons, que j'ai depuis longtemps ici. Je n'ai pas avec moi d'uniforme de la Garde, et je n’ose en commander un dans ce moment; mais je le ferai faire et le porterai dès que je serai sorti de la ville.

On sait que le départ de Paris avait été d’abord fixé aux premiers Jours de juin. Or, que lit-on dans une lettre du 29 mai, écrite au dernier moment par Fersen au Marquis de Bouillé : « Je n’accompagnerai pas le Roi, il n’a pas voulu. »

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