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PENSEES SUR LA PRIERE ET LWUORATION

Il n'y a rien de meilleur que Dieu:

c'est lui que vous devez disirer:

c'est à lui que vous devez aspirer.

Saint-Augustin.

L'homme est fait pour agir, car il est libre ; et si le monde lui appartient, il appartient au monde. Mais il est fait aussi pour rêver, pour prier, pour aimer : « il est né éminemment sym[)atliique » ; et cette sympathie, ou bien se répand sur les hommes, et alors elle s'appelle dévouement, patriotisme, philanthropie ; ou bien se concentre en Dieu, et alors elle s'appelle religion.

Dans la vie active, qui est la vie du monde, toute la lil)erté de l'homme se met en mouvement ; l'àme s'agite avec une mobilité merveilleuse ; elle est. si je puis dire, hors d'elle-même, et va d'objet en objet,

1. Ce titre, sur le manuscrit, est précédé des indications suivantes : 1 IG février 18i4. — École normale. — Conférence de Monsieur .1. Simon. — Eugène Manuel. — Travail de philosophie. >•

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OU Ijicn s'uttaclic ù (juolque ol)jet unique, dont elle se lait lesclave. Si le but que Tàme poursuit est noble, si Foljjet qui la tient mérite qu'on s'en occupe, il en résulte de grandes choses ; et lame s'est élevée à Dieu par le mérite des actions mon- «laines.

Mais c'est là imc voie indirecte pour arriver à lui : et ceux ([ui l'ont les grandes choses, les t'ont quelquefois pour elles-mêmes, sans songer au mérite éternel qui leur en peut revenir au regard de la divinité. Il est pour les âmes, et surtout pour celles qui sont tendres et aimantes, un autre chemin, qui mène droit à Dieu, et qui est dans la contemplation immédiate de Dieu même. Non pas qu'il l'aille lui oftVir notre liberté en sacrifice, mais nous la conservons jiour lui. pour son service ; et il est le centre unique où elle doit tendre, par la prière et par l'adoration .

Dans les circonstances ordinaires de la vie, le commun des hommes oublie Dieu, et semble faire bon marché, je ne dis pas de son existence, mais de sa protection. L'esprit, absorbé par les intérêts de chaque jour, entraîné à la poursuite de la fortune ou de la renommée, tombe, pour tout le reste, dans une facile insouciance et s'abandonne au dédain des choses saintes.

On ne songe guère à Dieu qu'au jour du succès ou de la désillusion ; il faut qu'un grand bonheur ou un grand malheur surprenne l'homme, le secoue, le réveille : ou bien qu'un profond sentiment de tristesse et de dégoût l'arrache aux distractions du monde et le ramène en lui-même, pour qu'il se souvienne enfin de cet être suprême, de cette intelligence prévoyante et juste, qui gouverne ses des-

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linres : il laut le contraste «m riniprrvti [)OUf i'onvertii" les incrédules.

()ue la mort vienne ravir à un homme les objets «ie ses pins chères aflections. ou (ni'une gnérison miraculeuse lui rende ce quil t'-lail si jirès de perdre ; qu'un revers de la fortune le réduise à la misère, ou ([uun retour de la lorlune récompense de longs eilbrts et l'élève à (h's honneurs soidiaités : qu'il soit mourant, et qu'il revive ; qu'il soit criminel, et qu'il se repente ; alors. iVit-il d'aboi'd indifférent. scepti(pie. athée, le sentiment religieux le saisira, malgré lui ; Dieu. jus(|u«'-ià négligé si longtemj)s. reprendra possession de celte àme désolée on triomphante : et cet hoTnme. ainsi éjïrouvé. laissera couler ses larmes: et il priera, il remerciera, il adorera.

Je n'appelle pas prière cette psalmodie en langue barbare, héritage traditionnel que les dévotes lèguent aux dévotes; je n"ap[)elle pas prière ce rituel banal qu'on défile ainsi qu'ini chapelet, sans troji [tenser à Dieu : les lèvres parlent, non le cu'ur; la prière est devenue allairc d'horloge ou de calendi'ier. Et, parce qu'on a, matin et soir. ])rononcé à la hâte je ne sais quels mots, sans conviction, sans onction, parce qu'on a suivi l'habitude comnume, qui légitime ce mépris de la j)ure religion, (m se croit «[uilte envers le ciel! On s'imagine «pic Dieu n'en «lemande ])as davantage, qu'il doit être content, que la gi'àce — efficace ou suffisunte. que sais-je? — est descemlue. que le salut est assuré!

J"ai»pelle i>rière toute communication intime avec Dieu, orale ou tacite ; j'appelle prière toute ardeur, tout élancement vers finconnu. vers l'infini, vers le parfait, toute as])iration qui nous eidève à la terre

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et qui tend à nous confondre dans le sein de la divinité ; j'appelle ])rière toute action de grâces, tout cri de la douleur, toute confidence, tout épanchement, tout dialogue avec l'âme invisible et mystérieuse de l'univers ; tout eftbrt de l'être mobile, pour entrer en rapport avec l'être immobile, éternel, parfait, pour se rapprocher de cet être et devenir une partie de lui.

Certes l'homme est beau, il est admirable, lors- ({u'il développe toutes ses facultés au profit de l'intérêt général, ou de sa gloire, ou de son bonheur. Il est beau, le jioète qui remue les âmes; il est beau, le politique qui dirige les peuples avec sa parole , <m le savant qui les guide avec sa pensée : mais est-il moins beau, l'homme inconnu qui prie? La prière n'est-elle pas aussi un développement des facultés humaines? Et ces mots : sentir, penser, vouloir, triple attribut de l'homme, renferment-ils plus de choses que ce seul mot : prier? L'homme a sa sublimité dans la prière, comme dans l'action; et rien n'est plus grand que cette femme, pauvre, malade, abandonnée, désolée, qui, dans une causerie divine, raconte au ciel ses malheurs; qui s'unit à Dieu par la contemplation, et répand devant lui ses larmes et ses espéi'ances .

On ma dit : A quoi sert la prière ? Que signitie-t-elle ? Pense-t-on que le Dieu immobile et glacial de la philosophie entre en rapport avec cette femme? Pcnse-t-on que la prière aura sur Dieu quelque ellicace? La volonté divine n'est-elle pas éternellement immuable? Si une mère prie pour son enfant mourant, et si les lois de la nature exigent que cet enfant meure, Dieu modifiera-t-il, pour cette

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mère, la marche des choses, l'ordre de la civalion? Se laisscra-t-il atti'iidrir comme un bon jii<4t' ? Quel t'st donc ce Dieu (jui «ioil [)i'êlei' riti'edi»' à toute l»rière, qui revient, à (chaque instant, sur sa volonté ('ommc sur son œuvre, qui se fait l'esclave de toutes ces petites voix humaines, qui satisfait leurs désirs, quelquefois leurs eapriees?

Il est vrai, tel n'est pas le Dieu que proclamera l'avenir; tel est le Dieu mon enfance; tel est le Dieu que j'abandonne! Mais pourtant, sans i'a])aisser Dieu jusqu'à l'homme ' , ne pourrait-on pas dire que la prière est puissante sur Dieu même? Sans doute, au moment où nous jtrions, l'àme divine ne prend point à' notre égard une résolution nouvelle: mais le jour où toute chose fut. toute chose aussi a été i)révue, non pas d'un<; manière particulière, mais selon je ne sais quelles lois générales, qui sont la pensée lie Dieu même, et qui dominent indépendamment des temps et des espaces. Dieu n'a pas dit : J'écouterai toute prière, comme un bon juge qui se laisse toucher; Dieu n'a pas dit : Je me rendrai aux conseils «les hommes, s'ils me persuadent que j'ai tort et que la raison est de leur côté; ce n'est pas là un Dieu; c'est un roi, et encore un roi débonnaire, que son |)euple gouverne. Dieu n'a point de jjaroles son sceptre, son trône ne sont que dans notre imagination, qui s'attache aux objets sensibles. Mais la pensée de Dieu, sa pensée universelle, miséricordieuse, absolue, a pu être celle-ci : Il se trouvera des hommes insouciants ou pervers, qui négligeront l'àme ])our le corps, l'avenir pour le présent, et qui moublie-

1. Un double trait vertiral eu marge indique sans doute que le maître de conférences blâmait les deux ou trois lignes qu'on vient de lire (voir Inlroriurtion. page xin).

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font; aussi je les oublie; ils sont coupables; je les déshérite, un temps, de mon amour, parce qu'ils ont fait un mauvais usage de leur liberté. Mais il s'en trouvera de sages qui s'épancheront dans mon sein, qui me prieront, qui appelleront vers moi : or je tiens compte de ces x^'ières futures ; elle ne seront pas entendues en vain; et je veux, de toute éternité, qu'elles soient récompensées. Il est des conditions dans lesquelles tout homme est louable, au regai-d de moi; tout homme donc, qui aura usé de sa liberté pour se rangcj- dans ces conditions méritoires, est louable: et je suis lié envers lui. Je ne sais quels hommes prieront, car les hommes sont libres; mais ceux qui prieront, ils méritent. Et c'est pourquoi, de toute éternité, leur prière peut être exaucé(>. povH'vu que leur ])onheui' en «lépende. et que leuivertu n'en soulfre pas.

Certes, la prosopopée est audacieuse et misérable : mais comment la parole humaine pourrait-elle expri mer ce qui peut être dans la ]>ensée divine?

Quoi qu'il en soit, la prière n'est pas pour Dieu quelque chose d'inattendu: elle n'a pas sur lui d'action immédiate ; mais son action ne se borne pas non plus iniiquement à l'honniie qui })rie : c'est ôter à la prière ce quelle a de plus admirable pour la pensée, de plus délicieux pour lecœur, je veux dire cette influence de la j)rière. non pas seulement sur nousmêmes, mais sur les événenieuts malheureux ((ui nous menacent.

Je sais qu'implorer ce cpiOn ap[)elle la grâce, demander à Dieu qu'il nous assiste dans nos elforts. nous console dans nos peines, nous ailermisse dans notre vertu, c'est déjà avoir obtenu cette grâce, c'est déjà être jjIus fort, plus vertueux: mais ce n'est pas

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assez: Uieu me doil «lavaiitajjf»'. Coinniciit donc! il n'intorvicndrait pas. ([uaiid je suis lout <)c'cvi|)('' de lui ? Je le prie poui" qu'il ni'i'xauee. et je puis être exaucé. J'ai foi en ma prière, parce cpic j'ai foi eu la bonté de Dieu. Que simplifierait cette j^fràce sans ellicace. qui m'échaullerait, qui m'aveuglerait en lace du malheur? On enivr<> de liquein-s s|)iritueuses le soldat qui march<' à la mort : mais est-ce à Dieu de me donner cette force ai'tificielle ? Dieu m'aveuglera, au lieu de m'exaucer? 11 m'étourdira des vapeurs de sa «ifràce. quand il peut m'arrachei* au malheur, ou ctmimander aux événements?

Si l'homme ne peut [)as agir sur Dieu, je ne com- [)rends plus aussi bien, la j>rovidence. Je prie. Dieu ne s'émeut pas ; je soullVe. Dieu ne s'émeut pas ; je maudis. Dieu ne s'émeut pas ; il n'ainu* l)as : il se contente d'être î Ainsi ce n'est plus en nous qu'est la fatalité : on l'a transportée en Dieu, pour en délivrer Ihomnie ! Et voici <pi(> nous avons un Dieu sans mouvement ni sentiuu'ut ; un Dieu qui reste indillérent à toutes nos angoisses ; vni Dieu qui nous entend prier, et ne nous en sait pas gré ; im Dieu qui nous voit soulfrir. et nous laisse souffrir : un Dieu qui nous entend maudire, et nous laisse maudire ; un Dieu (jui se dit éteriudlement : Ce qui est, est !

Je ne crois à aucun miracle, si ce n Cst aux miracles de la [U'ière ; la raison a lieau faire, mon co'ur aime à garder cette i»ensé d'autrefois. La chose est rare et mei'veilleuse (car les prièi'es communes sont impuissantes ici); mais peut-on dire qu'elle est impossible? Pour que le miracle s'opère, il faut, je le crois, que l'àme tout entièi'c se répande en cris déchirants: il faut qu'il n'y ait [)as dans la nature un

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uloinode matièrr. il l'aul qu'il n'yait pas dans l'uni vers uiie libre sensible, ([ui niî soient renuiés et attendris à de ])areils accents. Il faut encore que dans cette pi'ièi'e suprême et solennelle, aucun intérêt méprisable n'intervienne ; il faut (pie tout .soit purilié dans l'âme qui prie, et qu'elle ne demande rien qui ne soit juste aux yeux de Dieu, et bon en soi-même. Aloi's qui nous dit qu'il ny a pas un prodige caché ? Pourquoi une mère qui prierait ainsi pour son fils mourant ne serait-elle pas ])lus puissante devant Dieu ([ue l'ordre implacable des choses? Je conçois <pie la mort recule ; et Dieu doit dire du fond de son éternité : S'il se trouve une telle mère, s'il se fait entendre une telle jirièiv. ((ue la volonté de la mère saccomjdisse. que la pi-ièi-e soit exaucée!

Mais cette ]>ri('re n'est pas semblable à l'autre, »lont nous parlions d'abord, à ce dialogue intime entre l'àme et Dieu. »»ii ils traitent pirsque d'égal à égal. — Ce n'est plus en effet la même prière ; et. comme je l'ai déjà fait «Mitendi'e. il y en a deux : lune qui demande, l'autre qui ne demande ])as ; l'une qui garde le nom de prière, l'autre qui jiorte un plus beau nom : c'est l'adoration, c'est-à-dire un culte purement intelligent et contemplatif, sans formes bizarres, sans symboles, sans fîgur<'s transitoires et intermédiaires : l'adoration, c'est-à-dire cette religion naturelle, entrevue et souhaitée par (le grands philosophes, (pion appelle des rêveurs, et par de grands ])oètes. qu'on appelle des insensés !

L'adoration est supérieure à la prière, autant (pie le désintéressement est supéi-ieur à l'intérêt. Il y a entre elles cette auti-e dillércnce. ([ue la [)rière est

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le «Icriiicr rclui^r tirs malliriirnix. tandis (\\w l'îuloratuMi est r«'-tat supiviin' des li»'ui-<>ux el Ir plus haut (Icgrc'' «1(> leur Ixtiilirui*.

Jamais riioiniuc u'«'sl liunuiic aillant ^\nv dans la prière : mais dans ladoration 1 liomme cesse dèti-e liomme : il n'est i>liis sui- la terre, mais dans rinlini : tout disparaît à ses yeux. Iioi'inis ce qui est tout en soi-même. Dieu. Tiiitellijîenee. la heauté universelle! N'ùte/ pas la prière aux malheureux, elle est leur espoir ! Que ieraient-ils. dans leur allreuse mi.sère. menacés de la mort ilans ce qu'ils aiment, s'ils navaient pas ce dernier rj'Uiède à toutes les inloi-tunes. ce talisman ([ui opère inerveilleusement suilem* âme. et jjarl'ois sur la destinée ? Laissez aussi l'adoration aux heureux : je parle de ceux qui U' sont siu'tout par la vertu : l'adoration est leur hynnie de l'econnaissance : ils deviennent saints, et le bien est devenu leur propre nature ! A cemoment, leur loi n'est plus douteuse ni chancelante, comme jadis : car «-et instinct sublime qui les enqjorte à Dieu ne peut pas les tronq>cr. à moins <pu' la suprême grandeur cl la suprême beauté ne soient la suprême errem".

Il est i)our l'homme un autre état de l'àme. qui est à la lois doux et pénible, et tpii n'est ni une prière, ni une adorati(ui : c'est un état mixte, c'est une situation confuse et indéfinissable, qui suit les instants de tristesse morale et d'impuissance.

Par exemple, hier, j'avais I fsprit vaste et plein de choses; j'embi-assais tout, dans mon orgueil: j'étais satisfait de moi-même, et j'admirais les secrets ressorts de mon intelligence : la vie la plus longue me semblait ne devoir pas suriire aux projets que

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je imulitais ; mes idées allaient déborder sur le papier et ma pensée impatiente accusait déjà la lenteur de ma pUuue : j"insti'uisais les liouimes par de graves leçons, ou bien je les servais par de i'écondes découvertes, ou bien je les charmais ])ar des récits touchants et variés. — Aujourd'hui, que suis-je devenu? Qu'y a-t-il en moi qui soit changé? Gomment une nuit de somuieil a-t-elle [>u me modifier à ce point? Je ne sais ; mais je ne suis plus le même. O mes idées ! où ètes-vous î Trésor que je croyais posséder hier, vous ai-je perdu ? Gi'éations de mon intelligence, n'êtes-vous que de \aines ombres ? Etait-ce une illusion, un aveuglement? Me suis-je trompé, quand j"ai cru en moi-même? Etais-je insensé, quand je berçais mon imagination par de si beau rêves et quand je lâchais la l)ride à mes espérances ? Je veux penser : pas un mot ne me revient à la mémoire ! Je veux écrire : ma plume est oisive, elle attend ! C'est elle, c'est elle qui s'impatiente ! Je me trap]ie le front : rien n'en sort! Tous mes grands desseins, où sont-ils ? Où sont ces superbes théories ? Qu'une pauvre idée me l'evienne, elle est méconnaissable : j'ai beau la manier et la remanier, et en tirer tout ce qu'elle ]>eut contenir, je travaille sui' de la matière mort(^ ; au lieu de cet édifice «le ma pensée, que j'admirais hier, tout construit, dans mon àuu\ je ne retrouve plus que des ruines, au travei's desi[uelles j«^ me promène, sans rien ti-ouver qui soit entier et debout ! Je me sens l'aible. petit <^t misérable ! Mon horizon s'est étrangement rétréci ; je vois partout des voiles, des ombres. <les ténèbres ! Je me heurte à mille t)bstacles, en moi et hors de moi ; la science, la volonté, tout me l'ait défaut : je suis honteux de

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