JULES SIMON
Si la ii'i)ul)liquc athénienne avait pu s'établir pour la génération présente, il en eût été le premier oitoyen. Si la paix sociale avait pu être maintenue et consolitlée par raccord de tous les esprits sages et modérés, il aurait été pour beaucoup dans ce triomphe. Si la paix religieuse avait [)u s'établir sur l'égalité des droits et le respect inviolable des consciences, il aurait été le promoteur le plus autorisé de cet accortl si désirable. Si la paix du monde et le désarmement général avaient pu devenir une réalité, ou seulement ime esj)érance, c'est lui qui l'eût proclamée, après en avoir été l'ardent apôtre. Sur tous ces points, il a été jusqu'ici déçu. Seules la charité et la bienfaisance ont tenu pour lui leurs promesses : il a vécu, il a fini pour le bien ; dans cette grande existence, le philosophe, le moraliste, le philanthrope ont eu le dernier mot.
Kt maintenant, malgré tout ce qui resterait encore à dire, malgré tant de souvenirs qui me gonflent le cœur et qui mouillent mes yeux, adieu, maître aimé et adoré, dont les plus proches et les plus intimes ont le mieux connu la bonne et indulgente nature ! Adieu, doux philosophe, orateur impeccable, journaliste fécond et jeune jusque dans l'extrême vieillesse ; politique trop sage et trop mesuré pour nos fiévreuses attentes ! Adieu, conteur charmant, causeur exquis, vaste intelligence et cœur profondément tendre ! On pourrait inscrire sur sa tombe, comme on a mis, dit-on, sur sa bière, les trois mots qui sont le titre d'un de ses plus beaux ouvrages ' : Dieu, Patrie, Liberté. Les fleurs et les couronnes qui orneront son cercueil arrivent de