XV
tembre, un iidèle ami de sa famille, M. le docteur Requin, lui ayant signalé une citation qui paraissait inexacte, il répondit par une lettre qui est un petit chef-d'œuvre de grâce et de délicatesse. Qui eût dit que cette lettre si sincère et si vive serait la dernière qu'il écrirait? Le lendemain matin, sans qu'aucun symptôme eût annoncé sa fin prochaine, il fut pris d'un évanouissement qui dura une heure, et vers le milieu de la journée il s'éteignit entre les bras de sa mère. Il était alors âgé de vingt-six ans et quelques mois.
Nous n'ajouterons rien à ce tableau rapide d'une existence noblement remplie, mais trop tôt interrompue par la mort. Auguste de Blignières a été enlevé à ses études, à ses amis, à la tendresse de sa famille, avant même d'avoir pu goûter cette fleur de renommée qui s'offrait à sa jeunesse. Mais il a écrit un livre qui assure à son nom une estime durable, et il laisse dans le cœur de tous ceux qui l'ont aimé le souvenir de ses vertus et surtout de cette piété simple et solide, de cette charité et de cette foi qui servaient pour ainsi dire d'ornement à ses autres qualités. La pensée de sa
vie si chrétienne est la dernière espérance qu'il ait léguée à sa famille : puisse-t-elle adoucir une douleur qui est sans consolation sur la terre !
Avril 1854.