‹ Mélanges et lettre avec une introductionChapitre 1 sur 81 · A LA LIBRAIRIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

A LA LIBRAIRIE NOUVELLE

1878, Droits de reprodaction et de tradaciion riienrét

MÉLANGES ET LETTRES

A H. A. DE BROOLIB.

Vendredi, 19 janvier 1814.

Mon cher ami, je comptais l'envoyer un grand récit de la défense héroïque des légitimistes à la tribune, mais comme il n'y a pas eu de défense, c'est à peine si l'on peut en faire un magnifique récit. Pour M. Guizot, dans celte affaire, il a paru à tous ceux qui l'ont entendu, au comble de la perfection pour la gravité, la mesure, la hauteur, et un certain dédain superbe qui n'était pourtant

pas blessant pour les personnes. J'ai entendu

dire hier que, malgré une si grande défaite, on

veut proposer un amendement qui retranche le

mot flétrir^ mais quod scriptum est^ script um est.

Avant-hier, M. Thiers a traité d'autres sujets. Il

n'a pas eu un très-grand succès. On a pourtant

trouvé cette conversation facile et agréable.

M. Duvergiep était dans la joie de son cœur; il u. 1

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ôtait et remettait ses lunettes à chaque minute, et suivait avec anxiété le progrès du discours, battant la mesure de cette harangue qui a peut- ^V être été faite pour sa satisfaction personnelle. Il s'agitait durant la réplique de M. Duchâtel que je trouve bien faite; il donnait des notes à i M. Thiers pour la réplique, enfin, il semblait servir sa messe ; il sonnait de toute la force de sa sonnette, et disait de tout son cœur : et cum spiritu ttio... M. de Tocqueville accusait hier le gouvernement d'ennuyer la France.

L'abbé Trublet prétend que je Tennuid, La représaille est juste.

On avait un froid de chien pendant son violent discours. M. Villemain a réchauffé un peu l'Assemblée. En tout, il n'y a nulle part grande ardeur. On a beau mettre toutes les voiles au vent, il n'y a point de vent. Tout dort, et l'armée elles vents. Je te conseille de prendre ton plaisir dans les agitations des Certes et de n'attendre rien d'ici.

Je dois te dire que des gens qui t'écrivent faisaient l'autre jour une dissertation sur ce qu'il ne fallait mettre dans des lettres pour Madrid ni faits, ni idées. Point de faits, parce que les journaux te les donnent tous; et point d'idées,

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d'abord parce que tu les as toutes, mais aussi parce que les idées se fanent dans un voyage de deux cents postes. J*ai écouté cet entretien avec plaisir, après tout, me rendant ce témoignage qu'il ny a ni faits, ni idées, dans tout ce que je l'écris.

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