II INTRODUCTION
rien . » Dans un article du Journal des Débals (18 mai 1855), M. Rigault, parlant de Chapelle, avait fait à mots couverts allusion « à ces hommes d'un goût singulièrement fin, délicat, difficile, qui ont tout lu, qui savent toutes choses, et qui n'écrivent rien ou presque rien parce que la volupté du repos est bien grande, et que le sentiment très-vif de la perfection décourage de produire. Ils ont l'œil si clairvoyant qu'ils aperçoivent le faible de toutes les idées et de tous les styles; aucun prestige ne les éblouit; aucune renommée ne les abuse. Leur goût est un crible qui ne laisse passer que le pur froment. C'est une de ces balances d'une sensibilité infinie qui ne pèsent que l'or. Ils sont paresseux, mais surtout par délicatesse, pour ne pas profaner par une œuvre incomplète leur rêve de perfection exquise, ou s'ils consentent à laisser tomber une esquisse de leurs mains, c'est avec une négligence sincère qui ne permet pas de les juger. »
M. Sainte-Beuve qui n'approuve pas tout à fait ce jugement de M. Rigault sur Chapelle a,