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NOTICES. XXIII

tard, il semble avoir incliné davantage vers la méthode plus circonspecte et plus exacte de l'école écossaise. Pourquoi ne le dirais-je pas puisque, sans y penser, je me suis mis à faire ma confession générale en vous parlant de M. Saint-Marc Girardin et de M. Doudan? Des trois j'étais le plus voltairien alors, par révolte de jeunesse, sans doute, contre l'éducation sévèrement chrétienne que j'avais reçue. Ingrat que j'étais! Et c'était à cette éducation pourtant que je devais comme je lui dois encore tout!

Il faut dire que dans leur essor vers les plus hautes idées philosophiques mes deux amis se perdaient si bien dans les nues, et avaient inventé pour leur usage commun un langage si particulier et si mystérieux, qu'il me devenait parfois tout à fait impossible de les suivre et de les comprendre. Par une brusque et grosse banalité, j'essayais alors d'arrêter leur vol et de les faire retomber à terre, au risque de m'attirer quelques reproches sur la pesanteur de mon esprit. Saint-Marc Girardin prenait un air boudeur, Doudan me perçait du plus fin de ses aiguillons, et la conversation reprenait bientôt amicalement. Je ne voudrais pas jurer seulement que le lendemain ils ne cherchassent pas un endroit plus écarté du Luxembourg pour échapper à mon importun positivisme.

Qu'ajouterai-je encore, monsieur et cher confrère? Vous savez quel charme était répandu sur toute la personne de M. Doudan, quel l'eu vif et doux brillait dans ses yeux, quelle grâce et quelle distinction régnaient dans ses manières. La pureté de son âme se réfléchissait sur son aimable visage. Une pudeur déli-

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