‹ Mélanges et lettresChapitre 24 sur 67 · XXVI NOTICES · texte numérisé non relu

XXVI NOTICES

N'eût- il pas été bien cruel pourtant qu'il ne restât de M. Doudan qu'un nom destiné à périr avec le peu d'amis qui lui survivent encore? Comment! L'oubli, l'éternel oubli pour une mémoire si précieuse, pour tant de qualités rares et brillantes qui formaient de M. Doudan un bomme à part, tant de finesse et tant de bon sens, tant d'imagination et tant de justesse d'esprit, tant d'élévation de cœur et d'âme ! Une richesse inouïe d'idées, une plume si délicate ! tout cela se serait éteint avec M. Doudan ! heureusement la publication qui se prépare y mettra bon ordre. De pieuses mains ont recueilli, avec les articles en trop petit nombre de M. Doudan, lesJettres nombreuses qu'il ne marchandait pas à ses amis parce qu'elles ne lui coûtaient ni peine, ni effort, écrites sans prétention comme sans fatigue, à ses heures, au jour le jour, et où il versait d'une main prodigue, selon l'occasion et la personne, tout ce que son esprit méditatif enfantait de vues justes et neuves sur tous les sujets, sur l'éducation des enfants, sur les arts et les lettres, sur la politique et la philosophie, sur le spectacle du monde et sur la nature, sur lui-même, enfin, l'objet de ses analyses les plus fines et de ses jugements les plus sévères; et cela dans un style clair, élégant, précis, que relève presque toujours une douce ironie. Avec quels battements de cœur, quel enchantement de souvenirs, n'ai-je pas lu, monsieur, les pages que vous m'en avez communiquées ! Doudan est bien là, Doudan tout entier, le Doudan qui nous charmait, qui nous séduisait, non-seulement le Doudan de l'hôtel de Broglie, devenu un peu doctrinaire sans en être moins

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