‹ Mélanges et lettresChapitre 3 sur 67 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

application que la plupart mettent à se produire, M. Doudan la mettait à se dérober. Ingénieux à se mêler de la façon la plus aimable à la vie des autres, il avait comme un parti pris de ne les point laisser pénétrer si peu que ce fût dans la sienne. Volontiers il usait de ruses innocentes pour dérouter les conjectures sur son âge, son passé, sa famille. 11 ne lui déplaisait pas, en amoncelant les nuages autour de lui, d'apparaître et de rester pour les êtres qu'il chérissait le plus (était-ce coquetterie d'amitié, ou désir d'agir sur leur imagination) comme l'une de ces figures aériennes que, dans leurs tableaux, les vieux peintres aimaient à représenter planant audessus des personnages et des scènes qu'elles semblent contempler avec intérêt sans s'y mêler. M. Doudan ne nous a jamais parlé de luimême pendant sa vie ; ce que nous avons appris depuis sa mort se réduit à fort peu de choses.

Demeuré orphelin dès sa première enfance, M. Doudan est né en 1800, à Douai, où sa

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