‹ Mélanges et lettresChapitre 9 sur 67 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

sible, parce que d'un mot il la faisait tomber à terre. Cette rigueur de logique qu'il mettait daus ses raisonnements, il l'imposait aux autres. Jamais homme ne se paya moins que lui de phrases si belles qu'elles fussent, ni de saillies si heureuse qu'en fût la tournure, lorsqu'elles ne faisaient pas avancer la controverse. Ce n'est pas qu'il ne sût, lui aussi, manier la phrase, et rencontrer à l'occasion des reparties incisives, mais il ne consentait à s'en servir que pour donner une forme plus vive à son argumentation. Dans le choc étincelant d'idées qui mettaient souvent aux prises tant d'intelligences d'élite, M. Doudan n'était inférieur à nul autre. Que d'aperçus nouveaux sur toutes choses il jetait alors comme en se jouant ! Que de jugements exquis rapidement portés en quelques paroles brèves qui ne sortaient plus de la mémoire. Sur les graves sujets de la religion, de la morale, de la philosophie ou de l'histoire, quel soin scrupuleux à ne pas se laisser emporter par la chaleur de la dispute jusqu'à

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