Mélanges
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Ouvrages distribués jusqu'au] ourd'hni aux abonnés de 1S26 , pour les onze francs 5o cent de r abonnement y et qui se trouvent chez les susdits Libraires :
Fr. C.
1°. Histoire de la " Re'forme " Protestante, en Angleterre et en Irlande j dans laquelle on démontre que cet événement a appauvri et dégradé la masse du peuple dans ces deux pays j dans une série de lettres, adressées à tous les Anglais sensés et équitables. Par William Cobbett. P« Série, 1 56 pag. 0-90
2° Mélanges par M^. l'abbé F. De la Mennais. 2 - yS
Nous espérons que les reproches adressés dans ce volume à M'". l'Evèrjue dllennopolis ne diminueront en rien le crédit dont jouit sa belle Défense du ChriMlaniaine , et qu'elle continuera à produire parmi nous d'heureux fruits. Les Conféreiices n'ont été livrées à l'impression qu\iprès avoir été prêchécs plusieurs années et avoir passé à l'ctamine d'une longue critique. Avant d'être publiées par la Bihliothèqiie Catholique de la Belgique , elles ont été examinées de nouveau attentivement, et purgées dans cette contrée Romaine, au moyen de notes, de quelques traits de Gallicanisme qui étaient jetés dans le 3^ volume.
Il viQii est pas ainsi des discours que S. Ex. prononce dans l'exercice des fonctions dont elle a été chargée depuis. Composés rapidement et au milieu de travaux et de sollicitudes de plus d'un genre, quelquefois improvisés , on aurait tort d'en tirer des inductions défavorables à ses Conférences qui lui avaient mérité une grande réputation. Si , malgré les meilleures intentions , dont on ne peut certainement point douter, Mg'^. d'Hermopolis laisse cependant bcau- ( oup à désirer comme ministre, comme législateur, comme grandn^aître de l'université , il faut le plaindre et avec lui la France et l'Europe. Nous disons : la Fjance et l'Europe, car si dans ces fonctions, qui sont de nature à exercer une très-haute et très-grande influence, il se faisait tout ce qui doit ctre fait, il y aurait beaucouj) ;i espérer pour la France et par conséquent pour l'Europe.
Ce prélat et plusieurs Archevêques et Evêques français viennent de lancer en Europe une éclatante protestation de leur attachement aux opinions gallicanes. Point de journal qui n'ait reproduit c(; manifeste; point d'homme qu'on n'ait voulu préserver de V erreur et du danger de la doctrine ultramontaine (i). Puisqu'il en est ainsi , puisqu'on s'adresse à tout le monde , qui pourrait trouver inauvais que nous répondissions à cet appel ? Nous ne ferons cependant ici que de très-courtes réflexions , nous ne voulons pas engager de dispute sur la doctrine ; nous n'allons point opposer opinion à opinion. Ce n'est point le sens privé qui conduit les catholiques, c'est l'autorité spirituelle. «
(i) Pourquoi ne pas .-ippetor les choses par lour nom? pourquoi ne pas dire domaine? Le voici • l'Iialjitude d'une entière soumission à l'Eglise Calliolique , Apostolitjuf et Enmnine , el d'un attacliemenl iucbranlaMe à la religion Catliolif(ue , Aposlolicpie et Rnnuilne date de St.-l*ierre , elle est enracinée; à ce mot de Romaine un sentiment de respect et de soumission s'empare des carlioii({ue5 ; il y en a ]ieu à i|ni ii ne parut dur de proférer ce mol avec blâme ou opposition. Essaye?., Galli- • ans de 1 onnc foi , de dire contre la doctrine liomnine ce que vous dites contre la doctrine IJltininontainc , et vous vous ferez horreur à vous-momes.
Quelle est l'invariable règle doune'e à tous les catlioliqucs pour qu'ils soient sûrs de tenir la véritable doctrine ? C'est de suivre l'enseignement de leur curé , mais sous deux conditions rigoureuses : la i.'^^ que le curé suive l'enseignement de son Evoque; la 2.^ que son Evêque suive l'enseignement de l'Eveqiie des Evêques, du Pasteur des pasteurs , de celui de qui tous les Evêques doivent recevoir la saine doctrine , afin qu'ils disent tous la même chose , ut idem dicamus omnes ; de celui qui a reçu l'ordre de le confirmer , lui Evêque ; de ce personnage si élevé au-dessus de tous les enfaus des hommes , seul de son espèce dans l'univers , en mains de qui Dieu a mis sa puissance , DU PAPE. En un mot la règle catholique est d'adhérer à la puissance supérieure , polestatibus sublimioribus. Par conséquent si mon Evêque m'enseigne autre chose que le Pape , je ne puis en cela adhérer à mon Evêque sans pécher , si tant est que je sache avec certitude que le Pape désapprouve cet enseignement de mon Evêque. Il n'y a point de catholique qui osât nier cette discipline fondamentale de l'unité. Or il est de toute notoriété que les Papes n'ont cessé de désapprouver, de blâmer^ de casser, d'annuler et de réprouver tonte la doctrine des 4 articles de 1682. Que les Evêques français se mettent maintenant tous en opposition avec le Pape , mais ils ne s'y mettront pas tous; nous disons que le fidèle, qui ne se range pas avec le Pape, agit contre l'esprit de la religion catholique.
M.r l'Evêque de Chartres vient de publier une lettre où , pour soutenir les opinions gaUicanes , il s'appuie des réponses de six. nniversités, faites aux catholiques de Londres en 1^80 ou 1789. Nous ne connaissons ni la lettre ni les réponses; ce pourrait être un objet de curiosité , mais quant à l'impression qu'elles pourraient nous faire , ou que pourraient nous faire toutes les universités du monde, elle dépend de cette question : sont-elles ou ne sont-elles pas d'accord avec celui qui a les promesses ? avec le Pape ?
Encore una fois , nous ne discutons pas ici , nous ne faisons autre chose que nous appuyer de l'autorité. Il y a cependant une discussion qui est très-convenable ; mais ce n'est point lorsqu'on ose soutenir une opinion contraire à la doctrine enseignée par l'autorité, ce n'est point lorsqu'on accumule les argurnens pour démontrer la vérité d'une opinion que l'autorité a réprouvée : c'est là précisément ce que font les protestans , c'est là vouloir décider par le raisonnement , par la raison particulière. Que si la discussion a lieu pour réfuter ceux qui résistent à l'autorité , pour démontrer que les décisions , que les actes de l'autorité sont basés sur la véritable doctrine , ce n'est pas là une opération protestante , ce n'est ni un examen ni un jugement particufier; c'est l'acte d'un esprit soumis qui cherche à en amener d'autres à la soumission.
Les Gallicans font plus que discuter dans un sens opposé à celui de l'autorité; (c ils refusent non-seulement au Pape, mais à l'Eglise » universelle , aux conciles œcuméniques le pouvoir » de faire
telle ou telle chose. Cela seul est déjà prodigieux , mais ce n'est pas tout. Ils nient que l'Eglise, que le Pape aient eu le droit de faire telle ou telle chose que l'Eglise a faite, que les Papes ont faite! Mous pourrions multiplier nos réflexions sur cette inconcevable te'mérité, nous nous bornerons à dire que pour légitimer cette opinion , et pour obtenir l'adhésion d'une conscience catholique, une chose est indispensable; c'est de prouver qu'on est supérieur à l'Eglise et au Pape, et que l'on a mission pour les juger. Jusque là nous tiendrons pour bon et utile, pour catholique quoique ce soit que l'Eglise ait fait ou fera, quoique ce soit que le Pape, en tant que Pape, ait fait ou fera (i).
Les Gallicans reconnaissent avec les Romains l'infaillibilité du concile œcuménique; mais, comme rien n'est plus subtil que l'erreur gallicane , si on leur objecte ce qui s'est passé dans un concile œcuménique, ou ce qui y a été défini et statué de contraire à leurs opinions , ils répondent que ce qui s'est fait là n'était pas de la compétence de lEglise, que l'infaillibilité ne lui a pas été donnée sur ce poiut. Quant à nous , dès que l'Eglise a usé de cette formule , n'importe en quelle matière : // a paru à V Esprit- Saint et à nous, notre esprit ne conçoit plus d'objection.
Reconnaître que l'Eglise est infaillible et ne pas reconnaître qu'elle sait infailLiblement en quoi elle est infaillible, c'est une lourde contradiction dans les idées. Supposer que l'Eglise pourrait agir comme infaillible dans un cas où elle ne le serait pas, c'est supposer que quelqu'un pourrait décider que l'Eglise se serait trompée ! c'est supj)Oser un être plus infaillible que l'Eglise ! c'est supposer encore que lEglise n'aurait pas la connaissance de ses droitsi de son pouvoir! de ses obligations ! de ce qui constitue l'essence de la société chrétienne! Langage qu'on ne peut assez détester, paroles effroyables.
Supposer que l'infaillibilité que le Pape s'attribue serait une usur- ])ation , supposer en outre qu'il pourrait agir comme infaillible dans des circonstances et pour des cas où il ne le serait pas ; c^est supjtoser que TEghse , qui doit être pure , sainte , sans ride , ni sans tache, aurait soufl'oit pendant 1826 ans dans son chef, dans celui qui la représente et la gouverne, cette usurpation sacrilège, de chaque jour, sans jamais s'y opposer!!! Et voilà comment d'une erreur-mère s'engendrent les plus terribles conséquences.
0 vous , qui venez donner des limites à l'infaillibibté de l'Eglise , à son autorité , à sa juridiction , à sa compétence ; vous , qui venez nier l'infaillibilité du Pape ou donner des limites à son autorité, piouvez-nous une nouvelle révélation qui vous ait constitués juges de l'Eglise et du Pape , ou nous ne vous écouterons j).is. Si vous ne venez opposer à ce que l'Eglise , à ce que les J^apcs ont fait, à leurs décisions, que des raisonnemens , que des
(1) Quand nous disons : l'Eglise, nous cntcMidons le Pape et les Evéques , c'eslà-dire , un c'M)>s entier, ayant sa tcle, et non un corps sans tête, comme les Gal- Iti-ans supposent qu'il peut exister. Il n'y a pas d'Eglise saui Pape, mais le Pap» agit presque toujours sans le concours de« Evêques.
textes sacrés iriterprêlés dans le sens d'une Eglise particulière ou de docteurs particuliers, nous nous boucherons les oreilles pour ne pas courir le risque d'être se'duits.
Quelque chose que l'Eglise ait fait , quelque chose (\vC elle fasse jusqu'à la fin des siècles 5 quelque chose que le Pape ait J'ai t comme Pape, quelque chose que le V^^e fasse comme Pape jusqu'à la fin des siècles, nous le regardons comme fait par J. G. même , comme inspiré par le S*^. Esprit, comme ce qu'il y avait et ce qu'il y aura de mieux à faire pour le bien de l'Eglise, pour le salut et pour le bonheur temporel des hommes. Dans celte foi, dans ce fondement de l'espérance chrétienne, dans ce lien de la charité nous voulons vivre et mourir (i).
Nous voulons l'Eglise, nous voulons le Pape telle que l'Eglise, tel que le Pape ont été depuis 1826 ans. Soit qu'elle , soit qu'il déploient autant de puissance qu'ils en ont déployé jamais, soit qu^ils n'en exercent pas la plénitude, soit qu'ils lui donnent un développement nouveau, comme a fait Pie Vil; nous adhérons, sans restriction ni examen, à tout ce qui émanera de Dieu par elle ou par lui.
Personne n'est plus que nous pénétré du respect qui est dû aux Evêques, ni plus zélé défenseur de leur autorité; mais, comme cette autorité n'est rien si elle vient de l'individu , si elle ne part de plus haut, c'est précisément en soutenant la base et la source de l'autorité épiscopale, qu^on Raffermit le mieux. D'ailleurs soutenir le Pape, c'est soutenir la majorité des évcques, car toujous le plus grand nombre des Evêques sera d'accord avec le Pape, puisque les portes de l'enfer ne peuvent prévaloir contre l'Eglise, puisque J. C. sera tous les jours avec les Evêques unis au Pape.
Lorsqu'on considère d'un côté tous les moyens que la Providence a ménagés, tous les hommes qu^elIe a suscités pour détruire l'erreur jL^albcane, et l'impossibilité où sont les Gallicans de répondre rien de solide à ce qui leur est objecté ; et de l'autre côté les vertus des prélats qui viennent de donner une si funeste preuve d'adhésion à ces opinions, on ne peut se défendre d'un sentiment de terreur. N'y aurait-il pas à craindre en effet que Dieu s'apprête à exécuter un jugement terrible , ])uisqu'il permet que tant de premiers pasteurs de son troupeau , qui nous paraissaient si dignes de le diriger , deviennent un moyen si capable de l'entraîner dans une fausse route ?
Peut-être au contraire faut-il espérer que ce grand éclat ne doit servir qu'à mettre dans un plus grand jour la futilité , qu'à faire mieux apprécier le danger, qu'à inspirer plus d'horreur de ces opinions t'^'méraires, subversives de la divine constitution de l'Eglise et aussi fatales à la sécurité des Princes, qu'à la liberté des peuples.