‹ MélangesChapitre 23 sur 80 · SUR LES PÈRES · texte numérisé non relu

SUR LES PÈRES

qui règne entre eux est parfait : et c'est que tous étaient instruits par cet esprit un , cet esprit divin , qui devait , aux momens fixés , remplir et renouveler la terre (i).

On sera , je crois , frappé de cette observation , en lisant les morceaux qui composent ce recueil. Et qu'y a-t-il en effet de plus merveilleux que cette unité d'enseignement et de foi conservée , pendant près de vingt siècles , dans l'immense société catholique ? Quoi les philosophes n'ont jamais pu s'accorder sur aucun point! chacun d'eux a eu son système , ses opinions , ses croyances : et voilà qu'au sein même de cette effroyable confusion s'établit une doctrine uniforme , invariable , que rien n'altère , que rien ne modifie, ni les âges en s'écoulant, ni la science, ni l'ignorance , ni la diversité des langues , des lois et des mœurs. Depuis le Chili jusqu'au Groenland, et depuis le Kamtschatka jusqu'à Naples, le catholique aujourd'hui récite le même symbole que récitaient ses frères à Jérusalem et à Memphis, à Nisibe et à Rome au temps de Néron. Certes, il y a ici quelque chose de divin, et nous plaignons profondément la raison aveugle qui se croirait elle-même , de préférence à ce grand et constant témoignage que dix-huit siècles ont entendu, et qui a été cru pendant dixhuit siècles.

(t) Sap. 1. 7. et Ps. cm.

DE l'église. 173

Chrétien. , que l'impiété de cet âge étonne et déconcerte , venez donc , \enez rafï'ermir votre foi en contemplant celle de vos pères. Venez écouter leurs enseignemens, et recevoir de leur bouche cette sacrée tradition de lumière et de vie 5 hors laquelle il n'existe que des ténèbres éternelles. Venez , mais avec un esprit docile , un cœur humble, une volonté droite; car il est écrit : Paix aux liommes de bonne volonté (i). Et que vous servirait-il d'entendre , si vous ne croyiez pas, ou de croire, si vous ne pratiquiez pas ? Ne l'oubliez jamais : la religion est une loi qui oblige , une loi inflexible autant qu'elle est sainte , et qui aggrave la condamnation de tous ceux qu'elle ne sauve point.

(i) Luc. II, 14.

SUR LES CONFESSIOiVS

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