DE L EGLISE. I «J I
loppent à ses yeux les lois de sa nature , ses devoirs , ses destinées ; ils lui expliquent ce que jamais ii ne comprendrait de lui-même, sa grandeur, sa bassesse, les contradictions mystérieuses de son esprit et de son cœur , la cause de ses maux et leur remède.
Que les philosophes, près d'eux, sont petits! que leur sagesse est vaine ! Qu'il y a loin des disciples de Socrate et de Zenon aux disciples de Jésus-Christ! Les premiers, se séparant delà tradition générale, et s'appuyant sur leur raison seule, nièrent successivement toutes les vérités. Flottant à tout vent de doctrine y se combattant les uns les autres au milieu des ténèbres ; toujours doutant , toujours détruisant , après avoir ébranlé le monde moral par leurs désolantes opinions, ils en auraient consommé la ruine, si Dieu lui-même n'était venu le replacer sur sa base.
Les seconds, au contraire, unis par la même foi , enseignent de siècle en siècle une doctrine immuable. Elle n'est point à eux , mais à tous les hommes; ils ne l'ont point inventée, ils l'ont reçue pour la transmettre fidèlement comme un dépôt sacré (i) : et traitant des plus hautes questions, de Dieu et de sa nature, de l'homme et de ses devoirs, des lois universelles, de l'ordre, du monde présent et du monde à venir, ils semblent n'avoir qu'une seule pensée, tant l'accord
(i) Ep. i, adTimoth.^ vi, 20.