SUR LES CONFESSIONS DE SAINT AUGUSTIN
ces , les peines secrètes attachées à nos affections même légitimes , saint Augustin a tout éprouvé : homme extraordinaire , dont l'exemple semble suffire à l'instruction de tous les autres hommes.
Car enfin, dites, que voulez-vous? que cherchez-vous sur la terre? La vérité? Eh bien, voilà le génie le plus perçant, le plus étendu, le plus actif, qui, pendant une longue suite d'années, s'applique à cette recherche; et tandis qu'il veut tout voir , tout comprendre , tout soumettre à son jugement, il ne peut parvenir à rien de certain ; mais , flottant à tout vent de doctrine y passant perpétuellement d'une opinion à une autre , sans jamais sortir du doute, iLne trouve enfin le repos d'esprit que dans une pleine obéissance à l'Eglise qui commande la foi et fait taire le raisonnement.
Est-ce le bonheur que vous cherchez ? Cet homme l'a cherché aussi-, il l'a cherché dans toutes les voies : dans la gloire , et il en a senti le néant ; dans la science y et il en a reconnu la vanité *, dans les plaisirs des sens , et il n'a recueilli que les angoisses et le dégoût *, dans les liaisons intimes d'une amitié pure , mais toute humaine , et il a vu que cela aussi n^ était que travail et affliction d'esprit (i). Dans le monde, dans la solitude , quelque chose lui manquait toujours. Son cœur inquiet soupirait sans cesse
(i) Eccles. I, 17.