SUR LES CONFESSIONS
après je ne sais quel bien immense , inconnu , qui existait puisqu'il en avait le désir , mais qu'il ne découvrait nulle part. Il le demandait aux créatures , et les créatures lui répondaient : Ce n^ est pas nous. Enfin une voix qu'il n'avait pas entendue encore, une voix aussi douce que puissante l'appelle , et son âme troublée se calme soudain ; le bien auquel il aspirait , Dieu , s'est montré à lui , et de ce moment il ne vit que pour Dieu , pour l'aimer, le bénir, pour célébrer ses miséricordes. Cet bomme jusqu'alors nourri d'orgueil s'humilie ; cet homme naguère si enflé de sa science devient docile comme un petit enfant •, il croit , il prie , il obéit , il courbe toutes ses passions sous le joug de la loi divine , et une paix ravissante, une paix qui surpasse tout sentiment y est la première récompense de sa foi et de son amour. Plus d'anxiétés , plus de regrets , que celui de s'être égaré si long-temps loin de ce Dieu qui est seul la féhcité véritable.
Et maintenant , qui que vows soyez , rentrez en vous-même, interrogez-vous. Si saint Augustin , un si grand génie , une âme si élevée et si tendre , n'a pu trouver que dans la rehgion la vérité et le bonheur qu'il cherchait, les trouverez-vous ailleurs? Le pensez-vous? Et si vous ne le pensez pas , que tardez-vous à suivre son exemple ? Lisez attentivement ses Confessions : vous y verrez tous les liens secrets qui vous attachent encore à un monde qui vous pèse ; vous