RÉPONSE
rentriez dans le sein de la seule véritable Église : heureux si celui de qui découle toute lumière et tout don parfait daigne suppléer à ma faiblesse 5 et vous découvrir lui-même la vérité que vous cherchez avec un cœur droit.
Permettez que je vous fasse remarquer d'abord un très-grave inconvénient de la méthode que vous paraissez avoir adoptée. De quoi s'agit-ii ? de savoir quelle est la vraie doctrine chrétienne, et dans quelle Église elle est professée.
Pour résoudre cette question , le catholique dit ; « L'Église dépositaire de la vérité a néces-^ >) sai rement des marques extérieures auxquelles » tous les hommes doivent la reconnaître, puisy) qu'ils sont tous appelés à en faire partie , et D que la plupart d'entre eux sont incapables )) d'arriver à une conviction raisonnée des dog- :» mes chrétiens, qu'ils n'ont pas même le temps )> d'examiner. Sans cela , d'ailleurs , que devien- » drait cette parole que Jésus-Christ adresse à Ki tous : S'il u' écoute pas VÈglise ^ qu'il vous 5) soit comme un païen et un publicain ? Or , )) les marques de la vraie Église , je les trouve >) réunies dans la seule Église catholique. Je n'ai )) donc plus, selon l'ordre de Jésus-Christ, qu'à )) écouter l'Église , sûr qu'elle ne peut jamais )) enseigner que la vérité, »
Voua , au contraire , vous dites : a Je vais y> examiner successivement tous les dogmes , et ^> la véritable Église sera celle qui enseigne ceux
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)) que ma raison aura jugés vrais , et ceux-là )) seulement. »
Ne voyez-vous pas que vous commencez par Vous supposer infaillible , c'est-à-dire par vous mettre personnellement à la place de cette Eglise que vous cherchez? Et qu'auriez-vous besoin d'elle si 5 sans elle , vous étiez à l'abri de l'erreur ?
Renoncerez-vous à la prétention d'être infaillible dans les jugemens que vous portez sur les dogmes , c'est pis encore • car c'est avouer que , par votre méthode , il vous sera toujours impossible de parvenir à rien de certain. Quelque religion que vous embrassiez, vous n'aurez jamais de complète assurance qu'elle est la vraie , et si vous êtes conséquent , votre symbole , au lieu de commencer par ces mots , je crois j commencera par ceux-ci , je doute.
Cependant , reprendrez-vous , TEglise de Jésus-Christ ne pouvant enseigner l'erreur , si je montre une seule erreur dans la doctrine que l'Église catholique enseigne , il sera clair qu'elle n'est pas lEglise de Jésus-Christ.
J'en conviens , il est ainsi : mais , de grâce , comment vous assurerez-vous que ce qui vous semble une erreur en soit réellement une ? Qui , dans le partage d'opinions, décidera entre vous et l'Eglise catholique ? Par exemple , vous croyez voir une contradiction dans le dogme de la présence réelle ; l'Église nie l'existence de cette contradiction. Qui a tort , d'elle ou de vous ? Si
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VOUS affirmez que c'est eile , vous vous atl,ribuez à vous-même l'infaillibilité que vous lui refusez ; si vous demeurez dans le doute , il en faut revenir nécessairement avec le catholique à examiner d'abord l'autorité de l'Église; et cette question décidée décide toutes les autres.
Les difficultés de raison contre des mystères prouvés certainement par une autre voie que la raison ne peuvent jamais être que très-faibles. On parle d'objections insolubles : supposons qu'il y en ait de telles , qu'en résultera-t~il , et que signifiera , dans le cas présent , ce mot à^insoluhles ? que la raison de tel homme, ou même de tous les hommes , n'a pu trouver encore le moyen d'accorder deux vérités d'un ordre supérieur à leur intelligence actuelle. Je vous le demande , que conclure de là ?
Mais il y a plus : nulle objection de ce genre n'est encore restée sans solution. — Soit, direzvous , mais ces solutions n'ont pas satisfait tout le monde. — Elles ont satisfait les catholiques , pour ne parler ici que d'eux seuls (i) : et comptez-vous leur raison pour rien? Il suffit que la contradiction qu'on reproche au dogme soit contestée par un grand nombre d'hommes sincères,
(i) La présence réelle de Jésus- Gliiist dans l'Eucharistie est un dogme pour les luthériens comme pour les catholiques, et les objections des calvinistes contre la possibilité de cette présence , ne leur paraissent pas plus solides qu'à nous.