A UN PROTESTANT. IQI
à la fois des modifications qui établissent simultanément entre lui et les autres corps, des rapports qu'on serait fondé à juger contradictoires, s'ils résultaient d'une seule et unique modification.
Je suis , monsieur , très-convaincu de la solidité des observations que je viens de vous présenter ; je crois avoir prouvé que le dogme de la présence réelle ne renferme aucune contradiction. Supposons néanmoins que je ne vous aie pas convaincu; qui sera juge entre nous? Vous ne pouvez pas plus exiger que je m'en rapporte à votre raison , que vous n'êtes obligé vous-même de vous en rapporter à la mienne. Nous voilà donc tous deux affectés d'une conviction contraire , et abandonnés tous deux en cet état à l'incertitude de notre jugement sur un point de la plus baute importance , s'il n'existe pas une raison supérieure à la nôtre , ou une autorité infaillible qui le décide ; et il en sera de même à l'égard de tous les dogmes. Dès lors plus de foi certaine , plus de loi qui oblige , plus de religion , plus de morale , que celle que cbacun se fera avec son propre esprit. Telle est l'inévitable conséquence des principes du protestantisme. Quel cbrétien n'en serait effrayé ? Voyez les ravages que fait chaque jour cette funeste doctrine : toutes les vérités obscurcies, l'impiété triomphante , une indifférence profonde dans les uns , le fanatisme du mal dans les autres , la