‹ MélangesChapitre 36 sur 80 · CONCLU AVEC LE SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

CONCLU AVEC LE SAINT-SIÈGE

Jl LUS ancienne que la monarchie dont elle protégea le berceau , et qu'elle dota d'institutions aussi belles que salutaires , de lois admirables et de la royauté même , car la force n'est pas plus la royauté que la soumission n'est l'obéissance , l'Église de France ne put périr qu'avec la société 5 comme la société , ne s'affermira qu'avec elle et par elle. Les hommes avides de troubles , les révolutionnaires le savent bien • et voilà pourquoi ik regardent d'un œil inquiet cette vieille Église qui , toute couverte encore des blessures qu'ils lui ont faites, les menace de la paix. Que ces désastres , qui en annonçaient et en préparaient tant d'autres , servent au moins à notre instruction. Rappelons-nous cette guerre rapide contre l'ordre et la vérité ; ce plan de destruction universelle si profondément combiné , et suivi sans relâche ; ces hypocrites ménagemens pour la foi, en renversant la discipline qui en découle; ce schisme éphémère jeté comme un pont sur des ruines, pour arriver de plein pied à l'abolition

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de tout culte et à la négation de tout dos^me ; et enfin , pour compléter l'effrayante leçon que la Providence avait résolu de donner au monde , cette assemblée de philosophes-législateurs qui , la main dans le sang , proclament au nom de la souveraineté de l'homme la déchéance du pouvoir social et celle de Dieu.

Ne l'ouhhons jamais, telle fut l'œuvre de trois années. Que le temps emporte la haine des hommes , s'il en est , assez malheureux , assez criminels pour haïr, c'est le vœu de tout vrai Français : mais qu'il n'emporte point nos souvenirs ; ils sont notre sauvegarde. Mieux que des phrases et des raisonnemens , ils doivent apprendre au peuple à se défier des ambitieux qui le flattent , et aux gouvernemens à ne pas trop compter sur la lenteur de l'avenir.

Après une persécution tour à tour violemment et froidement atroce, un homme vint qui comprit la nécessité politique de la religion ; mais ses préjugés et sa position l'empêchèrent de la constituer. Il mit l'Église et la société elle-même sous la tente. L'Eglise y vécut, car elle vit partout, même dans les cachots , même sur les échafauds ; elle attendit l'époque d'une pleine restauration; mais la société n'attend pas ainsi. L'homme qui avait cru qu'une armée est une nation , que la force est le pouvoir , sentit , au milieu de ses rêves d'orgueil, sa force défaillir, et s'évanouit comme une ombre avec son empire d'un moment.

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