‹ MélangesChapitre 44 sur 80 · SUR UN ARRÊT · texte numérisé non relu

SUR UN ARRÊT

liberté devait s'étendre à toutes les religions qu'il plairait à chaque individu de se former, sans que l'État lui-même en adoptât aucune. Et comme on avait montré, à l'occasion d'un Mémoire publié précédemment par le même avocat, que l'athéisme légal était une conséquence nécessaire de l'interprétation qu'il donnait à la Charte, il lui a fallu, pour l'intérêt de sa cause, avouer hautement cette conséquence, et même s'en prévaloir , comme du principe fondamental de la décision que le tribunal allait rendre : Oui, at-il dit , la loi en France est athée ^ et elle doit Pêtre,

Certes , il n'existe pas en Europe ni dans le monde entier deux pays où M. Odilon-Barrot eût pu se permettre impunément une pareille assertion. A Rome et dans la Grèce , elle eût été punie comme un crime de lèse-société. C'est qu'il y avait une société , quoique imparfaite , dans la Grèce et à Rome , et le gouvernement veillait à sa conservation. Je ne sais , pour nous , ce qui nous reste à conserver, mais c'est apparemment bien peu de chose , puisqu'on y attache si peu de prix.

Toutes les sections de la cour de cassation , réunies et présidées par M. le garde des sceaux , ont rendu un jugement conforme aux conclusions de M. Barrot, malgré l'éloquence énergique de l'illustre défenseur de Louis XVI, et la vive opposition de plusieurs conseillers : et quand

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