‹ MélangesChapitre 53 sur 80 · SUR L'ÉDUCATION DES FILLES · texte numérisé non relu

SUR L'ÉDUCATION DES FILLES

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01 quelque chose est, par sa nature, indépen-daiite de l'administra lion , c'est sans doute l'éducation des filles destinées à une vie de retraite, et uniquement occupées des soins de la famille. Tous les peuples ont senti cette vérité : Sparte seule forme une exception -, nulle part ailleurs on ne trouvera que l'autorité publique ait entrepris , à cet égard , sur les droits des parens , ni que la police soit venue se placer entre la mère et sa fille pour éclairer la tendresse de l'une, et veiller à l'instruction de l'autre. En France même, pendant les années les plus désastreuses de la révolution , personne n'imagina qu'il fut possible de renverser à ce point les notions du bon sens et de l'expérience ; l'éducation des filles resta libre, et on respecta cet ordre, lorsque tout ordre était violé.

Mais , sous la monarchie légitime , nous sommes condamnés à voir le développement de toutes les idées , de toutes les institutions révolutionnaires. On a posé les principes , on en tire les conséquences. Ainsi , après s'être mis à la place

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des pères , par une usurpation qui prépare la dissolution de la famille, le gouvernement parait vouloir aujourd'hui se mettre à la place des mères; tant est vaste la sollicitude de M. le ministre de l'intérieur !

Si ses vœux sont remplis, ou si ses ordres sont exécutés , on ne pourra désormais se consacrer à l'éducation des filles qu'on n'y soit autorisé par l'administration.

Or , les maîtresses d'école se divisent en deux classes : les membres des congrégations religieuses reconnues par la loi , et les institutrices particulières.

D'après les instructions adressées aux préfets, les religieuses , assimilées sous ce rapport aux Frères des écoles chrétiennes, n'auraient besoin pour obtenir des brevets, que de montrer leurs lettres d'obédience. Les autres institutrices seraient soumises à un examen préalable.

Ainsi , suivant ces sages dispositions , il faudra que de jeunes personnes, surmontant cette pudeur timide , leur première vertu et celle qui conserve toutes les autres , comparaissent devant des examinateurs chargés de vérifier si elles possèdent les qualités nécessaires pour enseigner les enfans de leur sexe. Je doute qu'on ait jamais imaginé rien de plus absurde et de plus indécent. Représentez -vous des hommes graves , faisant lire , écrire , coudre et tricoter une pauvre maîtresse d'école , et dressant procès-verbal de cet

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