‹ MélangesChapitre 35 sur 92 · LE PROCÈS DE FO>TAMER · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DE FO>TAMER

natif de Montpellier, a esté secrétaire du Roy, du depuis a esté noury en a Relligion prétendue réformée et depuis 6 ans s'est rendu catholique et Ice feut à cause qu'il ne croyoit point que la prétendue fut bonne et premièrement en ce qui estoit de la réalité et de l'invocation de la Vierge eust la conférence des hommes pieux et abjura en Italie la Relligion prétendue réformée à Rome en une église près Chasteauvieux. A peu de commodité et faisoit des aflaires au Conseil.

.S";7 n'a pas doublé que la catholique fut K'raye.

Dit que non et ne doubte.

Et qu'un espagnol, parent de Montalte, est l'autheur de son mal et ne se veirent qu'une fois à souper y a 4 mois et se sont veuz quelquefois du depuis et a conféré seul avec luy et ne se souvient des argumentz qu'il luy donnoit.

N'a esté expédié. (1)

Cet interrogatoire terminé, les commissaires essayèrent de relever le inoi^al de Fontanier et lui conseillèrent de préparer sa défense, à laquelle le Parlement prêterait une oreille attentive et sympathique. L'accusé vit là une espérance de salut, ses craintes s'évanouirent en partie. Reprenant goût à la vie, il s'arrêta au système de défense qui le représentait comme bon chrétien, n'ayant jamais adhéré à aucune secte hérétique ; il avait fait appel au public pour éclaircir avec ses auditeurs — ils ne pouvaient être que gens d'esprit et de savoir — les doutes qui Tassiégeaient.

Six jours après , le 10 décembre , interrogé à nouveau devant tous les membres de la Cour réunis pour statuer sur son appel, Fontanier répond si maladroitement qu'il influence défavorablement ses juges. Avant d'examiner ses répliques à ce point de vue, constatons un trait de caractère : Fontanier est fier de son érudition ; il s'étend complaisamment sur ses études, et a soin d'énumérer quelques-uns des livres qu'il a lus : Tite-Live, Plutarque, Senèque en latin ou en français, les chroniques de Froissart, etc.. C'est un pur lettré, auquel les mathématiques et la théologie sont étrangères. La mémoire et la sincérité lui font défaut. Sur le lieu de son abjuration, il se rétracte ; ce n'est plus à Rome, mais à Vérone, il n'en a conservé aucune preuve. De son séjour à Gonstantinople, de

(1) Archives nationales, X2a 985.

Page 1