‹ MélangesChapitre 8 sur 92 · LE LIBERTIN · texte numérisé non relu

LE LIBERTIN

Je suis douteux de Dieu, Sans Dieu suis tourmenté.

Le Libertin ne croit ni ne nie, ne se fie ni ne doute entièrement, ce qui le rend toujours sceptique ; il peut aborder, s'il est bien instruit ou s'il médite souvent, à plus heureux port que tous les autres qui croient (pourvu qu'il ait passé par la Huguenoterie), d'autant qu'il s'élève davantage en discernement que le Papiste. Aussi s'enfonce-t-il

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lourdement s'il ne se retire (du libertinage) pouvant échouer à l'athéisme (il est vray que l'homme ne peut jamais être athéiste, puisqu'il est ainsi créé par Dieu), mais il peut tomber en plus mauvais état que tous les autres susdits (Papistes, Huguenots, Anabaptistes), encore que le Papiste soit tout à fait bète (comme il a déjà été dit), car le Papiste est si bète, qu'il dit et croit que le bien soit mal, et le mal, bien, ce que ne fait pas le Libertin, car il s'émancipe pour avoir le bien, mais il ne le veut que pour lui, ne le pouvant prendre en Dieu parce qu'il en doute. Aussi toutes les religions ont tendu à enlever à l'homme la félicité du corps pour la mettre en Dieu afin de rendre l'homme toujours plus misérable et que le meilleur de l'existence soit pour ceux qui ont inventé les religions ou pour ceux qui les maintiennent.

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