‹ MelangesChapitre 19 sur 51 · DESCHAMPS · texte numérisé non relu

DESCHAMPS

Ah ! monsieur le duc I votre présence eût été bien nécessaire. Au moment de monter en voiture, made-

moiselle s*est trouvée mal. Il a fallu la rapporter dans son appartement, où madame la marquise a eu toutes les peines du monde à la faire revenir. Madame la marquise s'inquiétait beaucoup de ne pas voir arriver monsieur le duc; elle me disait : Deschamps, aussitôt que monsieur le duc sera au salon , faites-le monter ici. £t puis elle ajoutait, comme se parlant à elle même : Âh! mon Dieu ! il n'y a que lui qui ait un peu de tête ici ! £ufm, mademoiselle a repris courage , et elle s'est laissé emmener; mais madame la marquise m'a ordonné, en partant , de prier monsieur le duc d'aller la rejoindre à l'église...

LE DUO , iaêseyant.

C'est ça ?... je vais aller m'enrhumer dans vos diables d'églises! [Se cariant à lui-même en se froU tant les jambes,) La chère marquise croit que j'ai toujours vingt ans... C'est bien assez qu'il faille avaler la messe du roi quand on va faire sa cour... Oh ! pardi, j'ai de la dévotion par-dessus les yeux !

DESGHAMPS.

Monsieur le duc aura la bonté de dire à madame la marquise que j'ai obéi à ses ordres , car elle me gronderait beaucoup si j'y manquais.

LE DUC

Te gronder, toi , Deschamps ? est-ce qu'on se fâche avec un vieux serviteur comme toi?

DESGHAMPS.

£hl eh! quelquefois, monsieur le duc, depuis la mort de monsieur le marquis I

LE DUC

£h ! eh ! monsieur Deschamps , vous persiflez , je crois !«.« Il y a long-temps que je ne t'ai rien donné... Tiens, vieux coquin !

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