SCÈNE IV
JULIE , en costume de mariée des plus magnifiques; LA MARQUISE, fort parée; SAMUEL BOURSET, en habit écrasé de broderies. Julie, chanceiante et pâle, est soutenus d'un côté par sa mère, de t* autre par son mari. Ils t'approchent d'un fauteuil où elle se laisse tomber.
LA MARQUISE
Eh bien I ma fille , n*êtes-vous pas mieux ?
JULIE, d'une voix éteinte.
Non , ma mère.
SAMUEL , lui tapant dans ies mains.
Ma chère demoiselle , reprenez courage.
(Juiie retire ses mains avec horreur.)
LA MARQUISE
Allons, monsieur, laissez-nous un peu ensemble... Vous voyez que ma fille est malade.
SAMUEL
Je vous aiderai à la soigner.
LA MARQUISE
Eh ! cela ne vous regarde pas.
SAMUEL
Si fait.
JULIE
Monsieur!... je voudrais être seule avec ma mère.
234 LES MISSISSIPIEHS.
SAUDEL.
Je ne m'éloignerai pas dans i*état où je tous vois.
LA MARQUISE
Mais vons êtes nécessaire chez vons. Tout notre monde y arrive en ce moment, et il n'y a personne pour recevoir» Youlez-voas qu'on trouve chez vous visage de bois un jour de noce?
SAMUEL
Oh ! mes gens sont là , j'en ai beaucoup et des mieux stylés.
LA MARQUISE
C'est peut-être l'usage dans votre monde que les valets remplacent le maître; mais , dans le nôtre » cela ne se fait pas, mon cher.
SAMUEL
En ce cas, madame la marquise, vous aurez la bonté de remonter dans ma voiture et d'aller fiiire les honneurs de mon hôtel , car pour moi je reste auprès de ma femme.
LA MARQUISE
De votre femme !... Eh ! vous êtes bien pressé de lui donner ce nom.
JUUE.
Ma mère, ne me quittez pas!
SAMUEL
Je vous en supplie, n'ayez pas peur de moi, madame... madame Bourset!...
Elle s'appelle de Puymonfort, monsieur! et elle vons a épousé à condition de ne pas perdre son nom.
SAMUEL
Âh I ce n'est pas comme moi, qui l'ai épousée à condition de perdre le mien.
LA MARQUISE
On le sait bien... Allons! voilà ma fille qui s'évanouit... Allez donc appeler sa femme de chambre.
SAMUEL
Je sonnerai , ce sera plus tôt fait.
JUUB, 6a8 à ta marquise.
Ah! ma mère, quel supplice!
LA MARQUISE, de même.
Le dac !... nous voilà sauvées.